La liberté d’expression et la liberté de la presse semblent aujourd’hui mises à l’épreuve, y compris dans certaines grandes puissances où la démocratie, la liberté d’expression et la liberté d’opinion sont reconnues et protégées par les lois fondamentales.
En France, un journaliste qui devait rejoindre la prestigieuse radio RFI pour y animer un éditorial s’est retrouvé au centre d’une vive controverse. Une grève d’une partie des journalistes de la radio s’est opposée à son arrivée et, plus particulièrement, à la mise en place de son éditorial. Face à la mobilisation des syndicats et à l’ampleur du mouvement, la direction de RFI a finalement décidé de mettre un terme à cet éditorial.
Il s’agit de Charles SAPIN, journaliste reconnu pour ses qualités professionnelles au sein des médias. Plusieurs voix se sont élevées pour lui apporter leur soutien et dénoncer ce qu’elles considèrent comme une atteinte à la liberté d’exercer son métier.
Aux États-Unis d’Amérique, la question de la liberté de la presse fait également régulièrement débat. L’Administration du Président Donald Trump a restreint, dans certains cas, l’accès de médias à la Maison-Blanche et à des événements officiels.
Ces décisions ont suscité des interrogations sur les rapports entre le pouvoir exécutif et les médias.
Pourtant, la Constitution américaine garantit la liberté d’expression et protège la liberté de la presse. Dès lors, une question se pose, que retenir de la liberté d’exercice de la profession de journaliste au sein des grandes démocraties ?
Que reproche-t-on concrètement à la presse ? Le traitement de l’information par certains médias est-il simplement contesté par les responsables politiques, ou existe-t-il une volonté d’empêcher certains journalistes et organes de presse d’exercer pleinement leur mission ?
Ces interrogations prennent une importance particulière lorsque des restrictions ou des mesures visant certains médias sont prises alors que ces mêmes médias ont travaillé pendant des années avec les Administrations précédentes sans connaître de difficultés comparables.
La liberté de la presse constitue pourtant l’un des piliers du fonctionnement démocratique. Elle permet aux journalistes d’enquêter, de questionner les responsables publics et de porter à la connaissance du public des informations d’intérêt général, y compris lorsque celles-ci peuvent déplaire au pouvoir en place.
La question demeure donc entière, dans les grandes démocraties, jusqu’où peut aller le pouvoir dans ses relations avec les médias sans fragiliser la liberté de la presse et le droit du public à une information libre et pluraliste ?
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
