Financé par le Fonds Canadien d’Initiatives Locales (FCIL 2026-27), le projet qui vise le maintien de 400 filles vulnérables à l’école dans 4 établissements de Guiglo, Koun-Fao et Duékoué, est entré dans sa phase opérationnelle ce mardi 22 septembre 2026 au Lycée Moderne BAD de Koun-Fao.
Le projet « Milieu scolaire et santé féminine » prend corps. C’est sous la coordination générale de Bredoumi Koffi, Président de l’ONG Initiative Nationale pour le Développement Communautaire (INADEC) et Coordinateur Général du projet, que la première phase opérationnelle a été officiellement lancée ce mardi 22 septembre 2026 à Koun-Fao.
Implanté dans trois départements – Guiglo, Koun-Fao et Duékoué – le projet cible quatre établissements stratégiques : le Lycée Moderne BAD de Koun-Fao, le Lycée Moderne de Guiglo, le Collège Jeune Fille de Yaoudé de Guiglo et le Lycée Moderne de Duékoué.
Un projet à double levier qui entend répondre à un constat alarmant : dans ces localités, de nombreuses filles quittent l’école ou s’absentent de façon cyclique, non pour des raisons de mérite scolaire, mais à cause de facteurs socio-économiques – orphelinat, déplacement forcé, pauvreté des ménages – et de conditions matérielles inadéquates – latrines dégradées, non genrées, absence d’espaces d’hygiène. Un cumul qui favorise l’absentéisme cyclique lié à la gestion de l’hygiène menstruelle et expose les filles vulnérables à un risque accru de décrochage.
Koun-Fao, première étape sous supervision directe de la présidence de l’INADEC
Opérationnel depuis le 21 septembre 2026, le projet est entré dans son socle fondateur : la Phase 1. Une phase qui, selon la vision portée par le Président Bredoumi Koffi, doit créer les conditions institutionnelles, sociales et techniques nécessaires à une mise en œuvre efficace et sécurisée.
Objectif Général : Améliorer le maintien des filles vulnérables à l’école.
Objectifs Spécifiques :
OS1 : Obtenir l’adhésion formelle et l’engagement des autorités éducatives, administratives et scolaires ;
OS2 : Identifier de manière participative et confidentielle 400 filles vulnérables répondant aux critères définis ;
OS3 : Établir un diagnostic technique fiable des 8 latrines existantes et lancer les travaux de réhabilitation prioritaires.
Pour cette première étape, la délégation conduite sur le terrain par Sahandé Soualiho, chargé des programmes et chef de projets, agissant au nom du Président Bredoumi Koffi, a mené une offensive de mobilisation institutionnelle : rencontre avec Madame le Préfet de Koun-Fao, rencontre avec Monsieur le Maire résident, puis séance de travail décisive au Lycée Moderne BAD.
« Le projet Milieu Scolaire et Santé Féminine est financé par le Fonds canadien d’initiatives locales sous la supervision de l’ambassade du Canada en Côte d’Ivoire. Les localités retenues sont le lycée moderne BAD de Kounfao, le lycée moderne de Guiglo, le collège jeune fille de Yaoudé et le lycée moderne de Duekoue. Cette première phase consiste à la rencontre des autorités afin de recueillir l’adhésion institutionnelle », a expliqué Sahandé Soualiho, précisant que cette démarche s’inscrit dans la stratégie globale définie par le Coordinateur Général Bredoumi Koffi.
« Notre objectif, c’est d’améliorer le maintien des jeunes filles en période de menstruation en classe. Généralement, quand elles sont confrontées à cette situation, beaucoup d’entre elles ont tendance à se rendre à la maison. Notre objectif, c’est de les amener à pouvoir se nettoyer et rester sur place à l’école et ne pas perdre des heures de cours. »
Un comité local composite mis en place
Point d’orgue de la journée du 22 septembre, la mise en place au Lycée Moderne BAD du comité local d’identification des bénéficiaires, au nom du Directeur Régional de l’Éducation Nationale.
Pour garantir l’objectivité voulue par la coordination générale, le comité est composite : un représentant de l’établissement, un représentant du COGES, un représentant de l’antenne régionale de la vie scolaire, un représentant du service de l’égalité et de l’équité du genre, un représentant du médico-scolaire, un représentant de l’INADEC et le représentant du corps préfectoral qui assure la coordination avec le chef d’établissement.
Des documents de travail ont été remis séance tenante : fiches de collecte des données, formulaires d’évaluation des critères de vulnérabilité et protocole de confidentialité. Sur cette base, 120 filles seront sélectionnées à Koun-Fao pour prendre part à la phase 2 qui entrera en vigueur dans la zone à partir du 11 janvier 2027.
Le proviseur salue « une aubaine » et brise le tabou
Au Lycée Moderne BAD de Koun-Fao qui compte cette rentrée 2026-2027, 2 431 élèves dont 1 105 filles, encadrés par 78 professeurs et 22 membres de l’administration, l’arrivée du projet porté par le Président Bredoumi Koffi est perçue comme une bouffée d’oxygène.
« L’Inadec vient de choisir notre établissement pour faire bénéficier à 120 filles de notre établissement ce grand projet qui permettra à nos jeunes filles de bénéficier d’un accompagnement dans le but de s’autonomiser. Au nom de ma hiérarchie, au nom de tout le personnel, je suis très heureux de ce choix », s’est réjoui Yao N’Goran Thomas, Proviseur du lycée.
Le chef d’établissement a insisté sur les réalités champêtres de Koun-Fao, chef-lieu de département mais toujours en zone rurale, où les pesanteurs sociales freinent la scolarisation des filles.
Et de lancer un appel fort, salué par toute l’assistance :
« Nous sommes encore derrière nos tabous jusqu’en 2026. Tant qu’on n’écoute pas la jeune fille, le jeune garçon, on sera toujours à la case de départ sur la question de l’éducation sexuelle de nos enfants. »
Il a exhorté les jeunes filles à s’éloigner des réseaux sociaux pour leur formation et à se tourner vers des structures outillées comme l’INADEC pour se protéger contre la drogue, les IST et les grossesses en cours de scolarité.
Trois phases pour un impact concret et mesurable
Le projet, à l’initiative du Président Bredoumi Koffi et financé par le FCIL, s’articule en trois phases :
Phase 1 – Préparation et mobilisation : Adhésion des autorités, mise en place des comités et diagnostic des latrines.
Phase 2 – Formation et sensibilisation : Formation théorique sur la gestion de l’hygiène menstruelle et les grossesses en cours de scolarité, et formation pratique à la fabrication de serviettes hygiéniques réutilisables, avec techniques de préservation et de conservation.
Phase 3 – Suivi et évaluation : Accompagnement des bénéficiaires avec don mensuel de kits d’hygiène durant six mois et aménagement d’espaces intimes pour permettre aux filles de rester en classe pendant leurs règles.
C’est un projet à échelle limitée mais à impact concret et mesurable voulu par l’INADEC : moins d’absentéisme, plus de filles maintenues à l’école, des établissements mieux équipés, et les conditions d’une véritable égalité des genres dans l’éducation.
Rosemonde Desouza, correspondante régionale
