Un nouveau titre vient enrichir le paysage de la presse écrite ivoirienne. Dénommé La Nation (LN), ce quotidien d’informations générales entend s’inscrire dans la durée en faisant de l’indépendance éditoriale, de la qualité de l’information et de l’exigence professionnelle les piliers de son identité.
Présenté officiellement au cours d’une conférence de presse organisée le mardi 22 septembre 2026, à Cocody-Riviera 2, le nouveau journal a réuni autour de son équipe plusieurs acteurs du monde des médias, des directeurs de publication, des journalistes et des professionnels de la communication.
Pour ses promoteurs, ce nouveau-né de la presse ivoirienne, le journal La Nation, se veut avant tout un média destiné à un large public, avec une ambition clairement affichée : proposer une information générale dans un format papier, tout en développant une identité éditoriale fondée sur l’indépendance.
« L’enfant s’appelle “La Nation” (LN) : un tabloïd, un un quotidien d’information indépendant s’adressant à tous », a expliqué Armand Bohui, le Directeur de publication.
Et de poursuivre qu’au cœur du projet figure ainsi une valeur présentée comme non négociable : l’indépendance éditoriale. Celle-ci doit guider les choix rédactionnels, qu’il s’agisse des thèmes retenus, des angles adoptés ou de la conception des contenus.
« Ce qui guidera les rédacteurs dans leurs choix stratégiques relatifs aux thèmes, aux angles et à la création de contenu, c’est l’indépendance. Notre ligne éditoriale est donc indépendante », a-t-il affirmé.
Dans cette dynamique, le conférencier a ensuite établi une distinction entre la liberté de la presse et l’indépendance éditoriale. Selon lui, la liberté permet au journaliste d’exercer son métier sans censure, tandis que l’indépendance implique également la capacité de préserver ses choix rédactionnels face aux différentes formes de dépendance.
Il s’est appuyé, à cet égard, sur les travaux du journaliste et écrivain Souleymane T. Senn, dont il a cité une formule particulièrement évocatrice : « La liberté protège le journaliste contre la censure ; l’indépendance le protège contre la dépendance».
Cette conception constitue, selon les promoteurs de « La Nation », l’un des fondements du nouveau quotidien, dans un environnement médiatique marqué par des contraintes économiques et par la transformation profonde des habitudes de consommation de l’information.
Le lancement d’un nouveau quotidien papier intervient dans un contexte où la presse écrite fait face à de nombreux défis. À savoir, difficultés économiques, fragilité des mécanismes de distribution et concurrence croissante des plateformes numériques et des réseaux sociaux.
Le Directeur de Publication Armand Bohui en est conscient. Loin de nier ces difficultés, il les présente comme autant de raisons de chercher de nouvelles réponses.
« Quelle ambition dans un secteur d’activité qui manque d’équilibre économique et d’investissements ! Quelle ambition alors qu’il n’existe plus de structure solide de distribution des journaux et que les subventions publiques ne couvrent pas l’ensemble des besoins des médias ! Quelle ambition face au règne des réseaux sociaux qui ont fragilisé la presse écrite ! », s’est-il interrogé.
Mais à cette succession de défis, le promoteur oppose une interrogation centrale : le journal papier conserve-t-il encore une place dans les habitudes des lecteurs ?
Pour tenter d’y répondre, l’équipe de « La Nation » indique avoir sollicité un cabinet chargé de conduire une enquête d’opinion. Selon les résultats présentés lors de la conférence, plus de 80 % des personnes interrogées considèrent qu’un journal papier demeure important.
Pour les promoteurs du quotidien, cette perception traduit notamment une attente en matière de responsabilité éditoriale et de qualité de l’information.
Au-delà de la volonté de faire vivre un nouveau titre de presse, « La Nation » entend également placer la qualité du contenu au centre de son projet éditorial.
« Nous prenons l’engagement de privilégier l’information vérifiée et de faire la différence par l’expérience, le professionnalisme et la compétence », a assuré Armand Bohui.
Une exigence qui, selon lui, devra permettre au journal de construire progressivement une relation de confiance avec ses lecteurs et ses partenaires.
« Nous invitons nos lecteurs et partenaires à nous juger sur cet engagement », a-t-il lancé.
Pour relever ce défi, le nouveau quotidien entend s’appuyer sur l’expérience de professionnels reconnus du secteur de la presse.
À cet égard, Armand Bohui a notamment cité Guy Bertrand Kuyo, présenté comme un professionnel ayant participé à de nombreuses étapes importantes de l’histoire du journalisme ivoirien et ayant contribué à la formation de jeunes journalistes.
« Il est l’un des pionniers du groupe Olympe, dont il a fait les beaux jours. Il mériterait d’être décoré dans l’Ordre du mérite national », a estimé le directeur de publication.
Il a également évoqué Souleymane T.Senn, dont les travaux universitaires portent notamment sur le traitement de l’information et la gestion des erreurs dans le journalisme.
Selon Armand Bohui, l’une des recommandations issues de ces travaux concerne la nécessité, pour les journalistes ivoiriens, de développer davantage la spécialisation professionnelle.
« C’est avec ces confrères et bien d’autres que nous mènerons le combat de l’excellence et de la dignité professionnelle », a-t-il conclu.
Au terme de son intervention, le directeur de publication a donné au nom du journal une dimension symbolique. « La Nation » ne serait pas uniquement celui d’un quotidien : il renverrait également à une communauté professionnelle unie par des valeurs et une même conception du métier.
Marcel Dezogno
