Bondoukou/ crue d’eaux du Bassin de la Volta : Tagadi, le grenier de la région du Gontougo est devenu aujourd’hui le grenier de la faim

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« J’étais pratiquement enfermé à Tagadi, dans la pluie, dans la boue, regardant le bassin de la Volta monter et je m’interrogeais : si la pluie continuait de tomber, est-ce que mes populations pourraient avoir accès à leurs productions agricoles ?  Jadis Tagadi ,  le grenier de la région du Gontougo est devenu aujourd’hui le grenier de la faim. » Un cri de cœur de Doro Djahouan Hyacinthe sous-préfet de Tagadi, département de Bondoukou. En effet, pour  l’autorité administrative  « la situation est vécue par toutes les couches sociales. il est vrai que  le Bassin de la Volta représente une ressource inestimable au plan économique, social, culturel dans tous les domaines, attire et fait l’objet de beaucoup de convoitises et beaucoup d’exploitations peu recommandables. » Devait-il admettre.  Mais à Tagadi  où il vit, cela n’apparaît pas ainsi du fait que «  nous sommes vers la partie la plus basse du bassin. A ce titre quand il pleut même dans la région du Bounkani déjà, nous recevons par l’écoulement des eaux, une montée du bassin dans les parties des sous-préfectures de  Tagadi et de Sorobango. L’année dernière, trois de mes localités ont passé plus de trois mois sans avoir accès ni à Bondoukou ni au chef- lieu de sous-préfecture à  cause de ces inondations. Et le village de Kodio est la première localité qui est visée chaque année du fait de cet affluent de la Volta dont le village porte le nom.

Cela fait plus de trois mois que les travaux pour  le raccordement de l’électricité de ce village au réseau national sont  arrêtés du fait  de l’état des routes qui sont impraticables dû aux pluies qui tombent. Au plan sécuritaire, quand la zone est inondée,  plus de sécurité. C’est le terrorisme qui bat son plein. Au plan économique, l’agriculture ne peut  pas marcher. Au plan administratif, les autorités administratives ne peuvent pas faire de tournée. Surtout que la plupart des populations n’ont pas de véhicule adapté à ces états de routes. Les femmes ne peuvent pas avoir accès à leur périmètre de travail. Quelquefois après la pluie tout est rasé. Les éleveurs, non plus, parce qu’ils ne peuvent pas faire aller paitre leurs bétails. C’est un problème transversal. C’est un problème qui touche tous les secteurs de l’économie, qui touche toute la société. » A indiqué   Doro Djahouan Hyacinthe. C’est en cela qu’il lance un appel aux autorités et aux bonnes volontés qui ont fait de la question de la bonne gestion des atouts de ce bassin à leur venir en aide. Un appel qui semble avoir déjà une réponse avec un atelier de formation qui  s’est tenu récemment dans la ville  aux milles mosquées pour parler de cette problématique.  « Des plans d’action  seront élaborés puis finalisés pour l’amélioration des conditions de vie pour la portion nationale du pays et l’ensemble du bassin de la VOLTA. » A indiqué   Armand Houanye, secrétaire exécutif du Global Water Partership for West Africa lors de cet atelier.

Dorcas  Bédiakon  Afriyé

Correspondante  régionale

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