Les récentes missions du Directeur Général des renseignements ivoiriens au Mali, pour une durée de 72 heures, ainsi que celle du Vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense, accompagné du Ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République et secrétaire Général du Conseil National de Sécurité, traduisent l’importance des enjeux sécuritaires et diplomatiques dans les relations entre les États africains.
À travers ces démarches, la Côte d’Ivoire pourrait contribuer à promouvoir le dialogue, à consolider les relations avec ses partenaires régionaux et à mettre son expérience au service de la résolution pacifique des différends sur le continent africain.
Une telle dynamique participerait également au renforcement de son image de pays stable et attractif pour les investissements nationaux et internationaux.
S’agissant particulièrement de la mission du responsable des renseignements ivoiriens au Mali, il convient de saluer toute initiative susceptible de favoriser un rapprochement stratégique et politique entre ces deux pays voisins. Un dégel des relations, fondé sur la confiance mutuelle et la coopération, pourrait contribuer à améliorer la coordination des efforts face aux menaces sécuritaires, notamment le terrorisme djihadiste et les autres formes de criminalité transfrontalière auxquelles les deux pays sont confrontés.
Au-delà des questions sécuritaires, il importe d’encourager les échanges diplomatiques afin d’aplanir les divergences politiques entre les gouvernements ivoirien et malien. La proximité géographique, les liens historiques et les intérêts communs qui unissent les deux peuples constituent autant de raisons de privilégier la concertation plutôt que l’enlisement des incompréhensions.
Le père de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët-Boigny, a durablement associé son héritage politique à la recherche du dialogue et au règlement pacifique des différends.
Cet héritage rappelle que, lorsqu’une crise de communication survient entre deux États, le dialogue demeure un instrument essentiel pour rétablir la confiance et préserver les intérêts des populations.
Lorsqu’il s’agit de pays partageant une frontière, les divergences doivent être abordées avec responsabilité, lucidité et sens de l’intérêt commun.
Un dialogue politique inclusif, soutenu par des initiatives diplomatiques sincères, peut permettre de dépasser les incompréhensions et de prévenir une aggravation des tensions.
Il n’est jamais trop tard pour renouer le dialogue.
Qu’il s’agisse d’un différend politique ou d’une crise sécuritaire, la recherche d’une solution pacifique doit rester une priorité.
Les conflits armés peuvent entraîner des pertes en vies humaines, des destructions matérielles, des déplacements de populations et des conséquences économiques et sociales difficiles à mesurer.
La Côte d’Ivoire et le Mali ont donc tout intérêt à explorer les voies d’un rapprochement durable, dans le respect de leur souveraineté respective et de leurs intérêts nationaux.
Une coopération renforcée pourrait non seulement contribuer à la sécurité des populations frontalières, mais également favoriser la stabilité de l’ensemble de la sous-région ouest-africaine.
En définitive, la diplomatie, le dialogue et la confiance mutuelle doivent demeurer les principaux leviers de règlement des différends entre les États. Dans un contexte régional marqué par d’importants défis sécuritaires et politiques, toute initiative crédible en faveur de l’apaisement mérite d’être encouragée.
Car la paix entre pays voisins ne se décrète pas, elle se construit patiemment par le dialogue, la coopération et la volonté politique de privilégier l’intérêt des peuples.
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
