Le Palais de la Culture d’Abidjan Treichville abrite depuis ce jeudi 14 Mai 2026 le 1er congrès ordinaire du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-Ci), le parti de Laurent gbagbo. Le fait notable aux allures d’un séisme, c’est radiation d’Ahoua Don Mello. L’ancien candidat malheureux à l’élection présidentielle d’octobre 2025 paie là son insubordination face à la position de son parti dont le comité central avait décidé du boycott de ladite présidentielle du fait de la radiation de Laurent Gbagbo de la liste électorale, avec pour conséquence le rejet de sa candidature à la présidentielle susmentionnée. Don Mello et ses camarades du parti, Kacou Antoine Kanga et Ferdinand Ahilé, qui avaient opté pour une chevauchée solitaire paient cash leur manquement aux règlements du PPA-CI. Au regard de la forte mobilisation des militants, le moins que l’on puisse dire, c’est que la crainte de l’exclusion des dissidents internes, ne semble pas avoir affecté le parti.

Pour les responsables du parti, cette ligne de conduite relevait d’un choix politique et moral destiné à dénoncer ce qu’ils qualifient de rétrécissement de l’espace démocratique en Côte d’Ivoire. Or, malgré leur suspension préalable, Ahoua Don Mello et ses compagnons ont poursuivi leurs activités politiques et multiplié les déclarations publiques contraires à la position officielle du PPA-CI, alimentant ainsi une crise interne devenue de plus en plus difficile à contenir.
Au sein du congrès, plusieurs militants ont estimé que ces exclusions étaient devenues inévitables afin de réaffirmer l’autorité des institutions du parti et mettre fin aux actes d’indiscipline. « Le parti ne peut survivre sans discipline », glissent certains congressistes dans les couloirs du Palais de la Culture, où les débats se sont déroulés dans une atmosphère de forte tension politique.
La réélection de Laurent Gbagbo apparaît également comme un signal fort adressé à la classe politique ivoirienne. Malgré les turbulences internes et les recompositions en cours au sein de l’opposition, l’ancien chef de l’État conserve une influence intacte sur son appareil politique et sur une large partie de sa base militante. À travers ce congrès, le PPA-CI a voulu démontrer qu’il demeure structuré, mobilisé et résolument tourné vers les échéances futures.
Ce premier Congrès ordinaire du PPA-CI restera ainsi comme un tournant majeur dans la jeune histoire du parti. Entre démonstration de fidélité à Laurent Gbagbo, reprise en main de l’appareil politique et exclusion des voix dissidentes, le rendez-vous de Treichville aura surtout confirmé une chose : le PPA-CI entend désormais avancer en rangs serrés, sous l’autorité incontestée de son leader historique.
Tché Bi Tché
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