Les Ivoiriens ont retenu leur souffle. Les yeux rivés vers le conseil constitutionnel de leur pays, ils ont secrètement espéré le miracle. Que non. En effet, ce 8 septembre 2025, l’institution a statué sur l’éligibilité des candidats à la candidature pour l’élection suprême du 25 octobre 2025. Parmi eux, les candidatures de Laurent GBAGBO et de Tidiane THIAM constituaient des patates chaudes pour le régime RHDP. Et sans surprise leurs candidatures ont été rejetées. L’excellent cours de droit de Me Faustin Kouamé qui a démontré qu’en dépit de leur absence sur la liste électorale, Gbagbo et Thiam pouvaient être candidats n’a pas suffi à convaincre le Conseil constitutionnel. La vacuité des arguments sautait aux yeux. L’éclair de sagesse n’a pas été au rendez-vous. Au vrai, plus qu’un verdict du juge des élections, c’est vers Ouattara que les regards sont tournés. Pourquoi, le chef de l’Etat s’est-il installé dans le jusqu’au boutisme. On a cru que l’enseignement du célèbre historien burkinabé Joseph Ki Zerbo selon lequel « connaitre son histoire, c’est se donner les moyens de construire son avenir » allait servir de poteaux indicateurs. Hélas ! Alassane Ouattara dont ’éligibilité à une élection en Côte d’Ivoire a plombé les deux dernières décennies de de la vie politique sur les bords de la lagune Ebrié sait mieux que quiconque, du reste il doit le savoir avec Martin Luther King que « la douleur, lorsqu’elle est injuste et injustifié, elle ne peut qu’être rédemptrice, et il y a des raisons réelles de croire qu’on est martyrisé, cela suscite en nous un esprit de corps et d’engagement » . Il a fallu une décision politique de Gbagbo pour que Ouattara soit autorisé à compétir à l’élection présidentielle de 2010. Peu importe, la licéité de son dernier mandat et celui qu’il s’apprête à briguer, nous sommes de ceux qui pensaient qu’il pouvait prendre des mesures fortes pour dégeler l’atmosphère politique. Car, ce n’est un secret pour personne, les élections en Côte d’Ivoire, sont sources de déchirure. Surtout lorsqu’elles débutent dans une atmosphère de crise préélectorale comme les présidentielles précédentes. Assurément, les calculs politiciens de Ouattara de faire une OPA sur la présidentielle à venir l’incite à ignorer les menaces qui planent sur la quiétude des Ivoiriens. Alors qu’il a prêté serment de servir le pays et de protéger ses habitants, Ouattara reste droit dans ses bottes, à l’idée d’une ouverture politique vers ses opposants. Ce n’est guère faire preuve de faiblesse que de s’ouvrir aux autres. Bien au contraire, c’est placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des intérêts égoïstes de son clan. Pour tout dire par un mot, se réclamer de Félix Houphouët-Boigny et montrer peu d’empressement à aller au dialogue qui, de l’avis du premier président de la Côte d’Ivoire moderne, est l’arme des forts, cela ne semble pas être partagé par ceux qui se réclament de lui. La ruse pour capitaliser les acquis du premier président du PDCI-RDA est pourtant constante. Heureusement que les militants du parti « doyen » ne sont pas dupes. Ils se laissent rarement aujourd’hui prendre au jeu de la manipulation. A part, une infime poignée qui n’hésite pas à aller, gamelle en main, à la soupe étatique. C’est bien dommage de cautionner la politique de quelqu’un qui dilapide l’héritage du père. Surtout pour un leader qui refuse d’entrer dans l’histoire.
Par Tché Bi Tché