EDITO : Venezuela : Parlez à Trump!

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« C’est notre hémisphère. La Russie n’a rien à y faire », cingle John Bolton, le conseiller à la Sécurité nationale de Trump, parlant de la présence russe au Venezuela. Peu importe si la centaine de militaires russes y sont à la suite d’un accord avec le Venezuela qui date de 2002. Ce qui est ici en jeu, c’est la souveraineté de nos Etats tiers-mondistes. Dans l’entendement des grandes puissances, elle ne vaut pas un clou. N’est-ce pas qu’à l’Onu, où cette souveraineté est réaffirmée, du reste hypocritement, les drafts des résolutions sont réservés à ces dites puissances ? On se perd en conjecture sur la neutralité dans le choix des termes. Croit-on sérieusement que les USA ne chercheront pas  à affaiblir Maduro dans une résolution comme la France l’a autrefois fait pour Gbagbo ? Bref, avançons ! « La Russie doit cesser de déstabiliser le Venezuela » renchérit Mike Pompéo, le Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères. Un tour de vis qui nous interpelle bruyamment sur la notion de « déstabilisation ». La reconnaissance de facto d’un président autoproclamé, fut-il président de l’Assemblée nationale en exercice, au terme d’une élection organisée par Maduro le dictateur avec grand « D », ne riez pas, n’est-elle pas une forme de déstabilisation ? Faire pleuvoir sur un pays, une pluie de sanctions, surtout là où il tire l’essentiel de ses ressources, le pétrole, et chausser par la suite les bottes du prêtre, avec  de l’aide humanitaire, n’est-ce pas déshumaniser sa population ? N’est-ce pas par-dessus tout déstabiliser ce pays, étant entendu que le but rechercher dans ces sanctions iniques, c’est de pousser le peuple à se soulever ? Quelle forme de générosité offrent les Etats Unis qui flanquent sur le billet vert « In god, we trust » (En Dieu, nous croyons), lorsqu’ils affament un peuple pour soumettre son dirigeant qui n’entre pas dans leur moule ? La Côte d’Ivoire, notre pays, a connu son embargo sur les médicaments, ses établissements bancaires fermés brutalement, ce qui en Occident aurait été vu comme un crime passible d’une bronca qui aurait eu raison du chef de l’Etat en poste. Nous avons un sentiment net que nos pays sont des succursales de ceux des maitres du monde qui y repoussent les limites de la morale. Impunément. De quel hémisphère parle Bolton ? Quel recoin de notre globe est fermé aux Etats Unis ?  De la Géorgie à l’Ukraine, en passant par la mer noire, l’Amérique encercle la Russie. On a connu la crise des missiles au Cuba. Imaginez la Russie étendre à nouveau ses tentacules dans le périmètre étasunien comme l’Oncle Sam le fait envers la Russie, ce serait le tollé général. Nous ne cherchons aucunement de nous ériger en avocat du pays des ours. Même amoindri, la Russie dispose de moyens pour ce faire. Nous attirons seulement l’attention du monde sur les dangers qui nous guettent. Là où l’orgueil des hommes peut nous conduire. Personne n’a vu venir les deux guerres mondiales. Le Venezuela peut constituer l’étincelle qui allumera le brasier atomique. Parlez à Trump. Dites lui que l’invasion irakienne n’a fait aucun bien à ce peuple. Bien au contraire, la population a été à la merci des fous de Dieu.  Dites lui que l’Afghanistan et son peuple vivent le martyr. Dites lui qu’il fera de l’armée vénézuélienne une bouchée. Qu’il conduira surement Maduro à la potence. Mais que le peuple vénézuélien ne se portera pas forcément mieux. La démocratie au bout des B52, des tomahawks…a plongé la Libye dans un chaos. Dites lui que les nuits de son prédécesseur sont aujourd’hui hantées, à tel point qu’il avoue publiquement s’être trompé sur la Libye. Dites lui de ne plus allonger cette liste de désolations si véritablement « In god, we trust ». J’ai plaidé.

Tché Bi Tché

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