Née sur les cendres de la Commission nationale électorale (CNE), celle-là même, sous l’ex-junte au pouvoir (1999/2000) de feu Robert Guéi ; qui a porté Laurent Gbagbo au pouvoir en octobre 2000, la Commission électorale indépendante (CEI) est née avec une tare congénitale, celle de l’hommisme, c’est-à-dire, les intérêts mesquins des hommes qui la composaient, surtout à partir 2010, ce qui a valu à la Côte d’Ivoire une crise post-électorale (2010/2011).

This photo taken off television on November 25, 2010 in Abidjan shows Ivorian president and presidential candidate, Laurent Gbagbo (L), shaking hands with his main rival, former prime minister Alassane Ouattara (R), after their televised debate. Gbagbo said he would enforce a curfew from late November 28 after the second-round presidential vote, which has been marred by deadly violence. HANDOUT RESTRICTED TO EDITORIAL USE AND EDITORIAL SALES AFP PHOTO / OFF TV
Censée apporter la sincérité des scrutins, contrairement à ceux organisés sous le parti unique par le ministère de l’intérieur et qui souffraient de ce que l’on a appelé « la technologie électorale » à savoir des résultats qui n’avaient rien à voir avec l’expression populaire, la CEI, le moins que l’on puisse dire, a déçu l’espoir placé en elle. Les procès-verbaux -multiples, précieux documents qui légitimaient la compétition ont été dévoyés. L’élection présidentielle de 2010 a été riche en falsifications. Des procès-verbaux dans lesquels le nombre de votants a été supérieur au nombre des inscrits ou des procès-verbaux sur lesquels il n’existait pas de stickers de la CEI, une commission qui les a néanmoins validés. Résultat : le face à face Gbagbo-Ouattara a viré au drame sur les bords de la lagune Ebrié. La guerre civile qui en a résulté aurait arraché les vies de 3000 citoyens ivoiriens, officiellement. Des chiffres non officiels donnent un bilan plus lourd de dizaines de milliers de morts. La CEI, du reste son défunt présidant, Youssouf Bakayoko prétextant d’une insécurité dans les locaux de l’Institution s’est déporté seul, contre les usages, à l’hôtel du Golf, quartier général d’un des candidats, en l’occurrence Alassane Ouattara, pour proclamer les résultats de l’élection présidentielle, donnant ce dernier vainqueur, alors même que la loi électorale exige que ce soit le président du Conseil constitutionnel qui proclame les résultats définitifs. Le mal est fait. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française qui a eu le culot d’envoyer une missive à l’ancien président de la CEI l’enjoignant de proclamer les résultats au plus, une ingérence flagrante, , a saisi au bond ces résultats grossièrement tronqués, pour enjoindre Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir. Dans une affaire invoiro-ivoirienne, l’expression n’est pas de nous, mais de la diplomatie française, la France a froissé toutes les galanteries diplomatiques. Tout portait à croire que la France sarkozienne n’attendait qu’un vernis légal pour éjecter Laurent Gbagbo du pouvoir, l’historien étant jugé peu sûr pour les intérêts français. Courant avril 2011, une coalition composée de soldats onusiens, de la force française Licorne et des rebelles qui jusque-là, occupaient les zones Nord et Centre du pays, lancent des assauts contre le pouvoir de Gbagbo qui chute le 11 avril 2011. Parvenu au pouvoir officiellement le 21 Mai 2011, Alassane Ouattara va matraquer la CEI. Il l’inonde de ses représentants. Représentant du président de la République, l’innénarable Sourou Koné, tristement célèbre pour faire la pluie et le beau temps à la CEI, représentant du ministre de l’Intérieur, Représentant du ministre de l’Economie et des Finances, sans compter les représentants du RHDP, parti présidentiel. La CEI finit par avoir de commission indépendante que de nom. Toute chose qui va heurter le bon sens de l’Action pour la prorection des Droits de l’Homme de Côte d’Ivoire (APDHCI) qui saisit la Cour africaine de justice pour demander à l’Etat ivoirien de modifier la CEI, version Ouattara. Dans son arrêt la Cour donne raison à l’ONG des Droits de l’Homme. Mais le verdict est royalement ignoré par le gouvernement ivoirien.
Par Tché Bi Tché
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