Selon une publication d’Africa Intelligence, le président Alassane OUATARA réfléchirait à un réaménagement de son gouvernement. Si cette perspective se confirme, elle pourrait constituer une occasion de donner un nouveau souffle à l’action gouvernementale et de répondre davantage aux préoccupations concrètes des populations ivoiriennes.
Après plusieurs années passées à la tête de différents départements ministériels, certains membres du gouvernement, dont plusieurs sont en fonction depuis l’accession d’Alassane OUATARA au pouvoir en 2011, pourraient céder leur place à de nouveaux profils.
L’enjeu serait d’insuffler une nouvelle dynamique politique et administrative, fondée sur des objectifs précis, une meilleure coordination de l’action publique et une obligation accrue de résultats.
Un gouvernement plus resserré et davantage axé sur les résultats
La mise en place d’un gouvernement resserré, composé d’une vingtaine de ministères, pourrait également être envisagée. Une telle organisation permettrait, sous réserve d’une étude approfondie, de rationaliser les dépenses publiques, de clarifier les responsabilités et d’éviter les chevauchements de compétences entre certains départements ministériels.
Les observations et recommandations formulées dans les rapports annuels de la Cour des comptes pourraient contribuer à cette réflexion, notamment en matière de gestion des ressources publiques, d’efficacité administrative et de performance des politiques gouvernementales.
L’objectif ne devrait toutefois pas se limiter à réduire le nombre de ministères.
Il s’agirait surtout de renforcer la cohérence de l’action gouvernementale, d’améliorer la mise en œuvre des politiques publiques et d’apporter des réponses plus efficaces aux difficultés quotidiennes des citoyens.
Rompre avec la routine et promouvoir de nouveaux visages
Au fil des remaniements ministériels, certains responsables ont été maintenus à des postes stratégiques ou déplacés d’un département à un autre.
Cette pratique peut nourrir, au sein de l’opinion publique, le sentiment d’une continuité qui ne s’accompagne pas toujours de changements suffisamment visibles dans les résultats obtenus.
Le renouvellement du gouvernement pourrait ainsi permettre de promouvoir de nouveaux visages, porteurs d’idées novatrices, capables de s’entourer de collaborateurs compétents et attentifs aux réalités sociales.
Le choix des futurs ministres devrait reposer sur leur expérience, leur capacité de leadership, leur intégrité et leur aptitude à transformer les engagements politiques en réalisations concrètes.
Car, au-delà des appartenances et des proximités politiques, les citoyens attendent des responsables publics qu’ils apportent des solutions aux préoccupations liées notamment au coût de la vie, à l’emploi des jeunes, à l’accès aux services sociaux de base et à l’amélioration de leurs conditions de vie.
Un nouveau Premier ministre pour impulser une autre dynamique ?
Dans cette perspective, la question du choix du chef du gouvernement revêt une importance particulière.
La nomination d’un Premier ministre doté d’une forte capacité de coordination, d’une autorité reconnue et d’une culture de l’évaluation pourrait contribuer à renforcer la discipline gouvernementale et à placer chaque ministre devant ses responsabilités.
Parmi les personnalités susceptibles d’alimenter le débat sur cette nouvelle dynamique figure Téné Birahima OUATARA. Fort de son expérience au sein de l’appareil d’État depuis 2011 et des différentes responsabilités ministérielles qu’il a exercées, il pourrait être considéré comme l’un des profils à examiner dans l’hypothèse d’un changement à la tête du gouvernement.
Une éventuelle nomination constituerait pour lui l’occasion de mettre à profit son expérience institutionnelle et de démontrer sa capacité à coordonner une équipe gouvernementale autour d’objectifs clairement définis.
Cette hypothèse demeure toutefois une perspective politique, et non une décision officiellement annoncée.
2030 en ligne de mire, l’exigence de résultats
À l’approche de la prochaine élection présidentielle prévue en 2030, la question de la performance gouvernementale pourrait prendre une importance croissante dans le débat public. Pour le président Alassane OUATARA, un réaménagement de son équipe pourrait être l’occasion de réaffirmer ses priorités, de renforcer la confiance des citoyens et de donner une nouvelle impulsion à la dernière partie de son mandat.
Le moment pourrait donc être venu d’engager une réflexion approfondie sur le renouvellement des équipes, la rationalisation des départements ministériels et l’évaluation des résultats obtenus. Au-delà des changements de personnes, les Ivoiriens attendent surtout une amélioration tangible de leur quotidien.
En définitive, un remaniement gouvernemental ne trouverait pleinement sa justification que s’il s’accompagnait d’une nouvelle méthode de gouvernance, d’objectifs mesurables et d’une véritable culture du résultat.
Car la confiance des citoyens se construit moins sur les annonces et les nominations que sur les réalisations concrètes.
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
