La Côte d’Ivoire a plus que jamais besoin d’un dialogue politique inclusif et permanent entre les principaux leaders politiques du pays.
Laurent GBAGBO, Alassane OUATTARA, Cheick Tidjane THIAM, SORO Guillaume et Pascal Affi N’GUESSAN pourraient, à travers une rencontre politique de haut niveau, contribuer à l’ouverture d’une nouvelle séquence politique axée sur l’apaisement, la réconciliation et la stabilité nationale.
L’objectif d’une telle initiative serait de permettre aux différentes forces politiques d’échanger franchement sur les grandes préoccupations qui préoccupent les Ivoiriens, notamment la question de la libération des personnes détenues dans le cadre des différentes crises politiques, la recomposition de l’organe chargé de l’organisation des élections, ainsi que les perspectives politiques et institutionnelles du pays.
Dans un contexte marqué par les tensions politiques et les interpellations de personnalités issues de l’opposition, l’ouverture d’un cadre de concertation apparaît comme une démarche susceptible de favoriser le dégel politique et social.
Il s’agirait de créer les conditions d’un dialogue constructif entre le pouvoir et l’opposition afin de prévenir de nouvelles tensions et de préserver la cohésion nationale.
Un dialogue permanent entre le pouvoir et l’opposition
Au-delà des rencontres ponctuelles organisées à l’approche des échéances électorales, la Côte d’Ivoire gagnerait à se doter d’un mécanisme permanent de dialogue politique.
Un tel cadre permettrait aux acteurs politiques d’aborder régulièrement les questions essentielles liées à la gouvernance, au fonctionnement des Institutions, au processus électoral, à la justice et à l’avenir de la nation.
Dans une démocratie, l’opposition joue un rôle fondamental. Elle doit pouvoir exprimer ses critiques, formuler des propositions et interpeller les gouvernants sur la gestion des affaires publiques, dans le respect des lois de la République.
La liberté d’expression et le pluralisme politique constituent, en effet, des piliers essentiels de la vitalité démocratique.
Les critiques formulées par les acteurs politiques et les différentes composantes de la société peuvent également contribuer à améliorer l’action publique, à corriger certaines insuffisances et à mieux prendre en compte les préoccupations des populations. Pour cela, il est important que le débat politique puisse se dérouler dans un climat serein, sans que l’expression d’une opinion critique soit assimilée systématiquement à une volonté de déstabilisation.
La justice, pour sa part, doit pouvoir exercer ses missions en toute indépendance, dans le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi.
Le dialogue politique ne saurait se substituer à l’action judiciaire, mais il peut contribuer à créer un climat de confiance favorable à l’apaisement national.
Se parler franchement pour tourner les pages des crises passées
Les différents leaders politiques ivoiriens ont une responsabilité historique dans la consolidation de la paix.
Ils doivent pouvoir se parler franchement, sans tabou, afin d’examiner les contentieux politiques, sociaux et électoraux qui continuent d’alimenter la méfiance entre les acteurs.
Une telle démarche nécessiterait de la part de chaque camp de l’écoute, de la retenue, des concessions réciproques et une réelle volonté de privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
Il ne s’agirait pas nécessairement d’effacer les divergences, mais de trouver des mécanismes démocratiques permettant de les gérer sans compromettre la stabilité du pays.
La population ivoirienne aspire à la paix sociale, à la sécurité, à la stabilité politique et à de meilleures conditions de vie.
Elle attend de ses dirigeants qu’ils placent les intérêts collectifs au-dessus des calculs partisans et qu’ils privilégient les voies du dialogue plutôt que celles de la confrontation.
Préserver la confiance des partenaires et accélérer le développement
La stabilité politique et sociale constitue également un facteur important pour la confiance des partenaires techniques et financiers internationaux, ainsi que pour l’attractivité économique du pays.
Un environnement politique apaisé favorise la continuité des politiques publiques, la réalisation des investissements et la mise en œuvre des projets de développement.
C’est pourquoi le dialogue entre les principaux acteurs politiques ne devrait pas être considéré comme une simple option, mais comme un instrument de prévention des crises et de consolidation des institutions démocratiques.
En définitive, Laurent GBAGBO, Alassane OUATTARA, Cheick Tidjane THIAM SORO Guillaume et Pascal Affi N’GUESSAN, à l’instar des autres forces politiques et des composantes de la société civile, ont tout intérêt à contribuer à l’instauration d’un climat de confiance durable.
La paix ne se décrète pas, elle se construit par l’écoute, le respect des différences et la volonté de dialoguer.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est de faire du dialogue politique un véritable levier de réconciliation nationale, de stabilité institutionnelle et de développement durable.
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
