La rencontre entre le gouvernement ivoirien, les partis politiques, les leaders d’opinion et la société civile, qui a eu lieu, le lundi 22 juin 2026 à la primature, n’a pas tenu toutes ses promesses de débats contradictoires. Pour le parti Intégrité et Conscience Nationale (ICON), cette réunion s’est rapidement transformée en une simple séance d’information, marquée par une annonce unilatérale du Premier ministre, Robert Beugré Mambé.
Le chef du gouvernement avait a en effet indiqué que des experts, mandatés et financés par l’exécutif, planchent déjà sur un nouvel organe électoral, dont le texte sera prochainement soumis à l’Assemblée nationale pour adoption. « Nous étions conviés à un échange, nous avons assisté à une communication, » déplore le président d’ICON, Yves Mayobo. Selon lui, cette méthode contourne délibérément l’opinion publique et occulte les préoccupations immédiates des Ivoiriens : les déguerpissements de Koumassi-campement, la vie chère, la crise des producteurs de café-cacao, etc.
Pour ICON, si le gouvernement souhaitait simplement informer, il disposait des canaux officiels, via le porte-parole du gouvernement. La convocation des leaders politiques et de la société civile apparaît dès lors comme une manœuvre de lobbying visant à donner l’illusion d’un consensus sur la réforme électorale, alors qu’aucune concertation réelle n’a eu lieu.
Des avancées saluées, mais insuffisantes
Le parti ICON reconnaît toutefois une avancée : la prise en compte, bien que tardive, de deux revendications majeures de l’opposition, à savoir la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et sa réforme. Mais cette satisfaction est de courte durée. Les propositions alternatives de l’opposition – notamment la création d’un Haut Conseil électoral, adossé à un processus adapté aux réalités politiques du pays – ont été balayées sans débat.
« Le gouvernement nous informe d’une décision déjà prise. Or, la mise en place d’un organe électoral consensuel ne peut se décréter dans un bureau, elle doit être le fruit d’un dialogue national inclusif, » insiste le juriste politicien, expert en diplomatie et relations internationales.
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ICON exige un véritable dialogue politique
Le parti appelle donc le gouvernement à rouvrir d’urgence un dialogue politique national élargi, seul cadre susceptible de garantir un organe électoral accepté par toutes les parties. Cette démarche est, selon ICON, la seule à même de prévenir les contestations post-électorales et les crises cycliques qui fragilisent la Côte d’Ivoire.
« Nous ne nous opposons pas à la réforme, mais au processus unilatéral qui l’accompagne. L’inclusion, l’État de droit et la démocratie sont des principes non négociables, » conclut le communiqué.
Le parti ICON réaffirme son attachement à une élection apaisée et transparente, et invite le gouvernement à entendre la voix de l’opposition avant qu’il ne soit trop tard.
Pour rappel, la Commission électorale indépendante (Cei) qui avait en charge l’organisation des scrutins depuis près de trois décennies a été dissoute par le gouvernement, en Conseil des ministres, le 06 mai 2026. La Cei faisait l’objet de vives critiques de la part de l’opposition qui estimait qu’elle favorisait le régime au pouvoir à Abidjan, lors des différents scrutins qu’elle organisait.
Théodore Sinzé
