Sorobango, le 29 juin 2026 – Sous un soleil radieux et dans une ambiance de liesse populaire, les populations des sous-préfectures de Sorobango et Tagadi ont écrit, samedi 27 juin, une page mémorable de leur histoire commune. Réunies à l’initiative de l’association « Fritomougiudu » du quartier Goromrni de Sorobango, des centaines de personnes, parées de leurs plus beaux atours, ont accueilli une figure politique de premier plan : le ministre Siaka Ouattara, ancien secrétaire d’État chargé du Service Civique qui avait à ses côtés, Souleymane Ouattara, fils de Sorobango, candidat malheureux aux dernières élections législatives et une forte délégation qui l’accompagnait. L’objectif affiché était clair et unanime : aspirer à une paix durable et à une cohésion sociale forte comme socle indispensable au véritable développement de la localité.
Un engagement solennel pour l’unité
D’entrée de jeu, Idrissa Yoboué, président du comité d’organisation, a planté le décor. « Nous avons choisi de nous engager en faveur de la cohésion sociale, du rassemblement des populations et du développement de notre communauté », a-t-il déclaré, devant une foule attentive. Cette cérémonie, placée sous le haut parrainage du ministre Ouattara, a été présentée comme un moment charnière pour les deux sous-préfectures. « Elle traduit notre volonté commune de renforcer l’unité, la cohésion sociale et le développement de Sorobango et de Tagadi à travers le rassemblement de toutes les filles et fils de nos localités », a-t-il martelé.
Ce discours a trouvé un écho profond dans le cœur des habitants, encore marqués par les divisions passées. « Les parents pleuraient de l’unité, de la paix. Parce qu’après les élections, ils ont vu que Dieu n’est pas injuste », a témoigné un participant, illustrant l’émotion palpable qui a envahi l’espace.
Les femmes, pilier de la paix et éducatrices de la nation
Portant haut la voix des femmes, Aminata Ouattara a livré un plaidoyer poignant pour la paix. « Aujourd’hui, notre souhait le plus cher est de voir régner durablement la paix, l’union et la cohésion sociale dans notre localité ainsi que partout en Côte d’Ivoire. Car sans la paix, aucun développement n’est possible. Sans l’unité, aucun peuple ne peut avancer. Et sans la cohésion, aucun village ne peut connaître un avenir meilleur. »
Elle a lancé un appel vibrant à la solidarité : « Restons unis, cultivons le respect mutuel, la tolérance et le vivre ensemble afin de bâtir ensemble un Sorobango fort et prospère. » Pour elle, le rôle des femmes est central : « Une mère conseille, rassemble, apaise et éduque. La femme est le pilier de la famille et le socle de la société. » Un message qui a été concrétisé par l’intronisation de Mme Fatou Ouattara en tant que présidente des femmes du mouvement, symbolisant leur engagement structuré.
La jeunesse, fer de lance d’un avenir commun
La jeunesse n’est pas restée en marge. Représentée par yaya Ouattara, elle a exprimé sa fierté et ses aspirations. « La jeunesse de Sorobango est une jeunesse dynamique, courageuse et pleine d’ambition. Malgré les difficultés, elle garde un espoir et demeure engagée pour le développement de notre localité. »
Dans un discours énergique, il a réaffirmé le refus des divisions : « Nous, jeunes de Sorobango, refusons les divisions, les conflits et la haine. Nous voulons une jeunesse une, responsable et consciente de son rôle. Car, sans la paix, il ne devrait y avoir ni développement, ni travail, ni avenir pour la jeunesse. » Les revendications sont claires : accompagnement, formation et opportunités pour participer activement à l’économie locale. « Beaucoup de jeunes souhaitent entreprendre, travailler et participer activement au développement de notre sous-préfecture. »
L’appel fort du ministre Siaka Ouattara : « Sortir à la fumée blanche »
Le ministre Siaka Ouattara, touché par l’accueil chaleureux et l’émotion générale, a livré un message d’apaisement et de fermeté. Il a reconnu les déchirures passées : « J’ai compris qu’il y avait une déchirure au sein de la population. » Face à ce constat, son appel a été direct, s’adressant particulièrement aux guides religieux et aux chefs de villages : « J’ai lancé un appel auprès des parents, surtout les guides religieux, les chefs des villages, de prendre le bâton du pèlerin et de réunir nous qui sommes leurs fils… pour pouvoir s’asseoir et discuter, et sortir à la fumée blanche. »
Il a insisté sur le lien indissoluble entre unité et progrès : « Parce que sans l’unité, sans la cohésion, on ne peut pas vraiment réussir ce qu’on veut faire. On ne peut pas avoir le développement. » Pour lui, cette cérémonie et le tournoi de football qui l’a accompagnée – dont la finale s’est terminée sur un score de 0-0 avant une séance de tirs au but – sont des symboles puissants du rassemblement possible. « Aujourd’hui, je pense que Sorobango est une, Sorobango est en paix. »
Le sport et la culture, ciments de la cohésion
La cérémonie n’était pas seulement discursive. Elle s’est incarnée dans des activités fédératrices. Un tournoi de football a mobilisé la jeunesse, culminant en une finale serrée qui a tenu en haleine le public, dont le ministre lui-même. Ce moment de sport et de saine compétition a été salué comme une métaphore de l’union et du fair-play nécessaires au développement commun. L’occasion a également été saisie pour promouvoir la cuisine locale, renforçant ainsi les liens culturels et identitaires.
Une feuille de route pour l’avenir
Au-delà des discours, cette journée a posé les bases d’une action concertée. La mise en place de structures représentatives (présidents des jeunes, des femmes) au sein d’un mouvement accompagnant le ministre Ouattara vise à canaliser les énergies vers des projets concrets. La priorité est désormais claire : transformer cette volonté d’union en actions tangibles pour le développement économique et social des sous-préfectures de Sorobango et Tagadi.
Comme l’a résumé un participant, « Quand on a l’habitude d’appeler Moulikou Suleyman, c’est notre Moulikou Suleyman dont on parle. » Cette cérémonie a redonné à la communauté son héros collectif : l’unité retrouvée. Le chemin est tracé. Reste maintenant à le parcourir, main dans la main, pour bâtir l’avenir prospère auquel Sorobango et Tagadi aspirent de toute leur âme.
Rosemonde Desouza
Correspondante régionale
