Sorobango, le 27 juin 2026 – Une atmosphère de réconciliation historique a enveloppé la sous-préfecture de Sorobango ce samedi. L’événement, bien plus qu’un simple tournoi de football, a été le théâtre d’un rapprochement politique majeur et d’un message fort pour la cohésion sociale dans la région du Gontougo. À l’initiative de l’association Frotomougou du quartier Goromni, une cérémonie de paix parrainée par le ministre Siaka Ouattara a vu l’intégration officielle de Souleymane Ouattara, fils de Sorobango et candidat aux dernières législatives, au sein de l’équipe du président-fondateur du mouvement Vision Tene Birahima (VTB).
Une percée stratégique et symbolique
L’arrivée de Souleymane Ouattara aux côtés de Siaka Ouattara n’est pas un simple remaniement d’équipe. Elle représente une « grande percée », selon les termes utilisés sur place, dans les sous-préfectures de Sorobango et de Tagadi. En accueillant le « fils du terroir », figure respectée et malheureux candidat aux législatives, le ministre et leader politique Siaka Ouattara (ancien secrétaire d’État chargé du Service Civique) consolide son ancrage local et envoie un signal puissant d’inclusion. « J’ai compris qu’il y avait une déchirure au sein de la population », a déclaré Siaka Ouattara, expliquant sa présence comme une réponse à l’attente des parents pour « les apaiser ».
Une cérémonie sous le signe de l’émotion et de l’unité
Devant une foule immense rassemblée « sous plus d’une dizaine de bâches » et en présence des chefs des deux sous-préfectures, des guides religieux et des notables, les discours ont tourné à l’émotion. « Les parents pleuraient de joie pour l’unité et la paix rétrouvées», a-t-on rapporté. Le ministre a lancé un appel solennel à « quitter les mensonges, les positions [divisantes] et de s’unir » autour d’une idée commune pour le développement. « Sans l’unité, sans la cohésion, on ne peut pas vraiment réussir ce qu’on veut faire. La paix et la cohésion sont la base de tout développement », a-t-il martelé.
Souleymane Ouattara, exprimant « un sentiment de fierté », a salué cette main tendue. « Ils ont vu aujourd’hui leur fils associé à quelqu’un qu’ils aiment aussi », a-t-il dit, soulignant que cette union répond aux attentes de la population. Il a réaffirmé leur engagement commun pour le bien-être des populations, citant notamment les actions concrètes comme la fourniture de forages d’eau potable – faisant référence au programme « Souleymane dji » (Souleymane de l’eau) qui a déjà doté les deux sous-préfectures d’une quinzaine de forages.
Structuration du mouvement et perspectives
La cérémonie a également été l’occasion de mettre en lumière la structuration du mouvement les Sofas de Siaka Ouattara. Outre son président, le mouvement se dote de représentants pour chaque frange de la société. Ainsi, Mme Fatou Ouattara , fille de Sorobango a été présentée et intronisée ce jour même comme « présidente des femmes » du mouvement « Les Sofas ». « Et après le président, les jeunes ont leur président. Et les femmes qui devraient avoir leur présidente », a précisé le président du conseil d’administration Ib Kassoutri, illustrant une volonté d’organisation pyramidale et inclusive.
Au-delà du politique : le sport et le développement local
L’événement s’est articulé autour de la finale d’un tournoi de football, symbole de rassemblement et d’occupation saine pour la jeunesse. « Aujourd’hui, ce qui nous réunit, c’est la cohésion sociale, le vivre ensemble, le pardon, la paix », a rappelé un participant. Cette approche, mêlant dialogue politique, action sociale et animation culturelle, semble être la marque de fabrique de la stratégie déployée par Siaka Ouattara et désormais partagée par Souleymane Ouattara.
Un nouveau chapitre pour le Gontougo ?
L’alliance scellée à Sorobango semble ouvrir un nouveau chapitre pour la dynamique politique et sociale du Gontougo. En associant son leadership à la légitimité locale de Souleymane Ouattara, Siaka Ouattara ne se contente pas d’élargir sa base. Il tente de poser les fondations d’une unité retrouvée, présentée comme le préalable indispensable à tout développement. « Aujourd’hui, je pense que Sorobango est en paix », a conclu Souleymane Ouattara. Reste à voir si cette « fumée blanche » locale saura dissiper durablement les divisions et impulser la trajectoire de développement que les deux hommes appellent de leurs vœux pour Sorobango, Tagadi et au-delà. Le terrain, désormais, est à l’action concrète.
Rosemonde Desouza
Correspondante régionale
