Le régime d’Alassane Ouattara n’a pas tardé à opposer une fin de non-recevoir à la proposition de l’opposition au sujet de la mise en place d’un nouvel organe électoral.
Malheureusement, ce n’est pas la première fois que l’opposition est traitée avec mépris par Ouattara et ses serveurs de thé. Il n’aura échappé à personne que l’homme n’a jamais reçu l’opposition pour recueillir son avis sur telle ou telle question comme cela se fait en France et dans d’autres pays. Écouter l’opposition, échanger avec elle sur les problèmes du pays, ça ne l’intéresse pas du tout. Il a toujours préféré envoyer des sous-fifres pour discuter avec les partis d’opposition. Et pourtant, quand il présidait aux destinées du pays, non seulement Laurent Gbagbo reçut plusieurs composantes de l’opposition mais le RDR(ndlr : défunt parti de Ouattara) fit partie des gouvernements successifs, ce qui signifie que ce parti est comptable de la gestion du pays entre 2002 et 2011.
Bref, Ouattara n’a ni la culture du renvoi de l’ascenseur ni celle du débat contradictoire. On peut même considérer qu’il n’aime pas la Côte d’Ivoire. La seule chose qu’il aime, sa seule préoccupation, c’est de confisquer le pouvoir par tous les moyens.
Au lieu de se lamenter et de pleurnicher, l’opposition doit tirer les conséquences de cette énième fermeture de Ouattara au dialogue. D’abord en comprenant qu’il est inutile de chercher encore à discuter avec lui.
Ensuite, en prenant conscience que l’environnement sous-régional n’a jamais été autant favorable que maintenant pour elle dans la mesure où Ouattara est vomi par certains pays de l’Afrique occidentale qui le soutenaient hier. Troisièmement, la France de Macron empêtrée dans une grave crise sociale n’a ni le temps ni les moyens de voler au secours de son poulain.
À l’intérieur même du pays, la souffrance des Ivoiriens et les nombreux scandales du pouvoir sont suffisamment graves pour que le peuple descende dans la rue. Pour cela, il faudrait que l’opposition soit unie, sincère et déterminée. Pulchérie Gbalet a récemment affirmé que cette opposition ne méritait pas de diriger les Ivoiriens. Pour ma part, je dirais que, avant de gouverner, notre opposition doit prouver qu’elle ne craint pas Ouattara et qu’elle refuse de le laisser continuer à piétiner et à mépriser tout un peuple.
JCD
