La salle des mariages de la mairie de Bondoukou a accueilli ce vendredi matin une assemblée inhabituelle. Sous la houlette d’Idrissa Ouattara, président de la Jeunesse Consciente de Bondoukou (JCB), et de Sanby Valentin, président de la Jeunesse Communale, des dizaines de jeunes et de sympathisants se sont rassemblés pour apporter leur soutien au maire Anzoumana Ouattara. L’objet de cette mobilisation : dénoncer les rumeurs et les manifestations qui entravent l’implantation d’un supermarché Sococe dans la commune, un projet porté par le conseil municipal mais vivement contesté par une partie des commerçants du marché central, fermé depuis le 3 juin.

Dans un exposé détaillé, Idrissa Ouattara a dressé le bilan des actions du maire depuis son arrivée à la tête de la commune. Il a rappelé la priorité donnée à l’éducation, avec la construction de 69 salles de classe, et les efforts pour soutenir l’agriculture, notamment via un fonds de 100 millions de FCFA annoncé pour les femmes rurales. « Le maire a compris que le développement est un tout. Après les écoles, il fallait penser à d’autres secteurs », a-t-il expliqué, soulignant que la question des débouchés commerciaux pour les produits agricoles avait naturellement conduit à la nécessité de moderniser les infrastructures de vente.
Sococe à Bondoukou : un projet de ville, pas une menace
Le cœur du débat réside dans le choix d’implanter le supermarché Sococe à proximité du marché existant, sur le site de l’ancienne tribune. Idrissa Ouattara a retracé les étapes du processus : une consultation des responsables de Sococe, plusieurs réunions avec les commerçants du marché, et la recherche d’un terrain d’entente. « Le maire a toujours agi en transparence. Il a demandé aux commerçants : « Expliquez-m’en quoi Sococe pose problème ». La réponse a souvent été la crainte d’une concurrence déloyale », a-t-il relaté. Mais pour les soutiens du projet, cette crainte est infondée. Ils citent en exemple d’autres villes ivoiriennes comme Divo, Yamoussoukro ou Agnibilékrou, où Sococe coexiste pacifiquement avec les marchés traditionnels. « Les commerçants qui achètent en gros dans les supermarchés revendent parfois au détail juste devant. Cela crée une dynamique, pas une exclusion », a affirmé le président de la JCB.
L’intervention a pris un tour plus véhément face aux rumeurs qui circulent, notamment celle selon laquelle le maire aurait « vendu le marché à des Chinois ». Idrissa Ouattara a qualifié ces allégations de « pure intoxication ». « Le maire a fait de la conservation des réserves administratives une priorité. Il a juré devant le conseil municipal de ne jamais vendre un espace vert. Comment pourrait-il vendre tout un marché ? », s’est-il indigné. Il a également pointé du doigt les possibles manipulations politiques : « Certains acteurs infiltrent le débat pour pousser la population à se soulever, dans le but d’affaiblir le maire. C’est un homme politique qui utilise les commerçants comme pions. »
Le droit de manifester… mais pas d’empêcher
Si les organisateurs reconnaissent le droit des commerçants mécontents de manifester pacifiquement, ils dénoncent fermement les méthodes employées depuis le 3 juin. « Fermer le marché, empêcher ceux qui veulent travailler de vendre, c’est aller trop loin. Vous pouvez rester chez vous, mais vous n’avez pas le droit de bloquer l’activité des autres », a martelé Idrissa Ouattara. Il appelle à la sérénité et à la confiance dans les institutions, rappelant que le maire a prévu un budget de 150 millions de FCFA en 2026 pour la rénovation du marché actuel, preuve selon lui de sa volonté de préserver les intérêts de tous.
La rencontre s’est achevée sur un appel solennel à la population de Bondoukou. « Faites confiance à Anzoumana Ouattara. Son ambition est de faire entrer Bondoukou dans une nouvelle ère de développement. L’arrivée de Sococe est inédite et s’inscrit dans cette vision », a conclu Idrissa Ouattara. Dans une ville qui accueille déjà une université, un CAFOP et bientôt un CHU, la modernisation du commerce apparaît, pour ses partisans, comme une étape incontournable.« Nous déplorons que des informations fausses, des intox, soient mises dans la tête des commerçants. Le maire n’a pas vendu le marché. Il le rénovera. Notre rôle aujourd’hui est de rétablir la vérité, pour que le développement de Bondoukou ne soit pas pris en otage par des peurs ou des manœuvres politiques. » a dit Idrissa Ouattara, président de la Jeunesse Consciente de Bondoukou.
Rosemonde Desouza, correspondante régionale