Dans quelques jours, le nouveau Secrétaire Général du PPA-CI entame une tournée stratégique dans le District du Zanzan. Au-delà de la mobilisation locale, cette visite est le premier test terrain de sa nouvelle direction et un défi à l’implantation dans l’Est.
Le District du Zanzan retient son souffle. Dans quelques jours, du 30 octobre au 1er novembre 2026, Demba Traoré, Secrétaire Général du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), foulera le sol de l’Est ivoirien pour une tournée de mobilisation d’envergure : Koun-Fao le 30 octobre, le Bounkani le 31 octobre et Bondoukou le 1er novembre.
Un nouveau capitaine à la barre
Cette tournée n’est pas anodine. Elle est la première grande sortie à l’intérieur du pays pour Demba Traoré depuis sa nomination à la tête du Secrétariat Général fin août 2026, en remplacement de Jean-Gervais Tchéidé.
Nommé dans le cadre d’une vaste réorganisation voulue par Laurent Gbagbo, qui a délégué une partie de ses prérogatives pour renforcer la collégialité et l’implantation du parti, Demba Traoré a fait de l’implantation sa priorité absolue. Lors de sa première prise de contact avec les fédéraux le 29 août à Abidjan-Cocody, il avait placé à l’ordre du jour « l’état des lieux avant les prochains déplacements sur le terrain ».
Sa mission s’inscrit dans la droite ligne de la stratégie lancée par Laurent Gbagbo lui-même en février 2026 : la création de la Cellule de Renforcement de l’Implantation (CRI), une structure ad hoc chargée d’établir une « cartographie réelle des forces militantes » sur l’ensemble du territoire.
Le Zanzan, un verrou stratégique
Pourquoi le Zanzan? Le district, frontalier du Ghana et du Burkina Faso, est historiquement perçu comme un bastion du RHDP et un territoire où le PPA-CI doit encore faire ses preuves. C’est une région où, selon les analyses, « peuvent venir toutes les surprises » électorales.
Pour le PPA-CI, fondé le 17 octobre 2021 par Laurent Gbagbo à son retour en Côte d’Ivoire, percer dans le Zanzan est donc un enjeu de crédibilité nationale. C’est aussi le terrain où le parti veut vulgariser son « Pacte Social », lancé officiellement le 10 octobre à Port-Bouët et présenté comme l’offre politique alternative du parti.
Ondéfidouo, le symbole d’une base qui se réveille
Sur le terrain, le SGA chargé du Zanzan, Narcisse Kouakou Kouassi, a mis les fédérations en ordre de marche. Conformément à ses instructions, sept fédérations ont déjà tenu leurs Assemblées Générales éclatées : Laoudi-Ba le 17 octobre, puis Koun-Fao, Transua, Bondo, Tankessé, Kokomian et Ondéfidouo le 18 octobre.
Ces AG sont la première phase d’un déploiement plus large qui doit couvrir les 45 fédérations du district : 17 à Koun-Fao, 16 dans le Bounkani et 12 à Bondoukou.
Le choix d’Ondéfidouo pour accueillir l’étape de Bouna le 31 octobre, dans la section de Lémidouo, est un message fort. La fédération a réalisé une performance saluée par la direction : plus de 800 nouvelles adhésions en deux semaines. Une démonstration que les structures de base, durement éprouvées selon la direction après la crise électorale de 2025, sont en train de se reconstituer.
Pour les militants, l’attente est donc double : communier avec l’émissaire du référent politique Laurent Gbagbo, mais surtout recevoir les orientations pour le renouvellement des structures de base et la bataille politique à venir, dans un climat national tendu où le parti dénonce « harcèlement » et poursuites judiciaires contre ses cadres.
Dans quelques jours, le Zanzan dira s’il est prêt à basculer.
Rosemonde Desouza correspondante régionale
