Chers camarades, messieurs les Chefs, chers invitĂ©s, je vous remercie dâĂȘtre tous lĂ . Merci dâĂȘtre venus et de me faire lâhonneur de rĂ©pondre Ă mon invitation. Il se fait tard, on va aller vite.
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Chers amis, Une fois de plus, une fois encore, jâaccepte dâĂȘtre votre candidat. Jâaccepte dâĂȘtre votre candidat pour aller Ă la bataille ! Parce quâil sâagit de la CĂŽte dâIvoire et il sâagit de lâAfrique. Câest chez nous ! LâAfrique, câest chez nous ! La CĂŽte dâIvoire, câest chez nous ! Et nous ne pouvons pas laisser les autres se battre pour nous. Nous devons nous battre pour nous-mĂȘmes.
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Quelques fois, quand je parle Ă des plus jeunes et mĂȘme Ă mes enfants, je leur dis que les Africains ont de grandes admirations pour les Occidentaux, mais, ces Occidentaux, leurs parents et leurs grands-parents ont souffert le martyr. Les AmĂ©ricains dont on parle souvent, ils ont souffert de la guerre de libĂ©ration contre la Grande Bretagne. Puis, ils ont fait la guerre intĂ©rieure, le Sud contre le Nord. Et tout ce que nous voyons aujourdâhui, câest le rĂ©sultat de ces guerres. Ils se sont battus pour que leur pays soit propre, pour que leur pays soit bien. Eh ben, aujourdâhui leur pays est bien ! Mais nous, on veut ĂȘtre bien sans se battre. On veut ĂȘtre bien sans traverser des pĂ©riodes difficiles. Mais enfin ! Mais enfin ! Abraham Lincoln, il est mort. Georges Washington qui a laissĂ© son nom Ă la capitale et qui a Ă©tĂ© le premier prĂ©sident, il est mort. Mais ce sont leurs petits enfants qui aujourdâhui profitent du combat quâils ont menĂ© !
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Mes chers amis, Si nous voulons que notre pays soit bien, menons des combats. Sans combat, nos pays nâauront rien. Je vous le dis : en vĂ©ritĂ©, en vĂ©ritĂ©, sans combat, nos pays nâauront rien ! Vous croyez que quand nous nous battons Ă longueur dâannĂ©es, quand nous allons en prison, câest parce que nous aimons la prison ? Non, ce nâest pas parce que nous aimons la prison, câest parce quâil y a des combats Ă mener. Et ces combats, personne ne les mĂšnera Ă notre place. Donc nous nous battons.
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Et le premier engagement que je peux prendre devant vous, câest que je vais faire un seul mandat ; je vais faire un seul mandat pour fixer les clous parce quâil y a beaucoup de personnes qui jouent avec la gestion de lâĂtat, vu que les clous nâont pas Ă©tĂ© fixĂ©s. Nous devons le faire. Et on nâa pas besoin de plus dâun mandat pour ça. Ils ont vu clair et câest pourquoi ils nous ont fait la guerre Ă partir de 2001. Ils ont vu oĂč nous allions. Ils ont dit : âOn ne peut pas le laisser terminer ce mandat. Si on le laisse terminer, on est cuit pour demainâ. Donc, le premier engagement, câest de dire que je vais faire un mandat mais un mandat oĂč tout sera bouclĂ©.
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Quand je suis arrivĂ© de La Haye (acquittĂ© par la Cour pĂ©nale internationale, Ndlr), un journaliste me voit et dit : « Mais PrĂ©sident, il faut demander pardon ». Alors, je dis : ââPourquoi ? Je vais demander pardon pour quelle chose ?ââ On dit : « Oui, il y a un tel qui est venu, et il a demandĂ© pardon ». Je dis ââMais, moi je ne suis pas untel. Je suis ancien PrĂ©sident de la RĂ©publiqueâ. Il y a des gens qui parlent et qui disent : âOui, il y a des femmes qui sont mortes Ă Aboboââ ; mais qui les a tuĂ©es ? Il y en a mĂȘme qui pensent quâils sont intelligents, ils disent : ââCâest la responsabilitĂ©ââ. Mais pour ça, il nây a pas une question de responsabilitĂ©. Quand il y a un meurtre, il y a un auteur, un meurtrier. Sur toutes ces questions, il faut discuter et rĂ©concilier les Ivoiriens. Allez Ă DuĂ©kouĂ©, Guitrozon, Bangolo, Guiglo. Il y a des gens qui sont morts. Presque 1 000 en un seul jour ! Mais vous croyez que ces gens peuvent ĂȘtre rĂ©ellement rĂ©intĂ©grĂ©s Ă la RĂ©publique si on ne discute pas de ce problĂšme et quâon ne donne pas les noms des auteurs, mĂȘme si on doit les relĂącher aprĂšs ? Mais on connaĂźt les auteurs !
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Donc je mâengage Ă engager le dĂ©bat pour que sur toutes ces crises, on trouve les responsabilitĂ©s et les responsables. Ă partir de ce moment, le pays peut faire sa vie normale. Ici mĂȘme tout prĂšs, Ă Abobo, il y a des villages EbriĂ© qui ont Ă©tĂ© investis par des Ă©lĂ©ments de la rĂ©bellion. Ils ont tuĂ© des gens, Ă©gorgĂ© certains, ils ont tirĂ© sur dâautres. Si, tout prĂšs de nous, Ă Abobo ici, on a commis de telles horreurs, que dire de ce qui sâest passĂ© loin de nous ?
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Moi, je connais quelquâun qui fait aujourdâhui les RĂ©seaux sociaux, mais quand tu dis un certain nom, il tressaillit et il pleure parce quâon a tuĂ© son pĂšre et il ne le dit pas toujours. Les rebelles dans leur descente, ont tuĂ© son pĂšre. Il nous faut apporter, aux Ivoiriens qui ont souffert, lâapaisement. En ce qui me concerne, je suis content de ce point de vue, quâon mâait jugĂ© de 2011 Ă 2019 Ă la CPI, et quâon ait trouvĂ© que je suis innocent. Et ce serait hypocrite de dire que je ne suis pas heureux pour cela. Aller en prison, câest une mauvaise chose et on nâaime pas aller en prison. Mais quand vous allez en prison et quâon vous dĂ©clare innocent, et quâon vous rend Ă la libertĂ©, Ă votre pays et Ă votre famille, vous ĂȘtes un homme heureux.
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Il faut rendre la Justice effectivement indĂ©pendante du Pouvoir ExĂ©cutif. Jâai gouvernĂ© ce pays 10 ans. On ne trouvera pas dans ce pays, un juge qui peut dire que le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Laurent Gbagbo, mâa appelĂ© pour me dire que dans cette affaire, rends ce jugement-ci. Jamais ! Et je le dis haut et fort, devant tĂ©moins. Dâabord, parce que ce nâest pas dans ma nature de faire des combines de ce genre ; mais ensuite, ce nâest pas propre au niveau de la RĂ©publique. Ce nâest pas propre de vouloir faire des combines de ce genre. Nous nâavons jamais fait ça, et câest pourquoi personne ne nous a jamais accusĂ©s de cela.
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Il faut rendre la Justice libre, indĂ©pendante du Pouvoir ExĂ©cutif et Ă©tablir des rĂšgles pour que les juges puissent avancer dans leur fonction sans avoir Ă venir sâaccroupir chaque matin ou soir dans le bureau du PrĂ©sident de la RĂ©publique pour mendier un poste, un avancement. Ă quoi ça ressemble ça ? Ă rien du tout !
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Je mâengage Ă dĂ©sendetter la CĂŽte dâIvoire. Ăa, je sais le faire un peu. Mais câest vrai quâon a un problĂšme en CĂŽte dâIvoire. Des gens croient que gĂ©rer un pays, câest une affaire dâĂ©conomiste. Je ne sais pas oĂč ils ont Ă©tĂ© Ă lâĂ©cole et oĂč ils ont appris ça. Non, les techniciens que nous utilisons pour appliquer telle ou telle dĂ©cision sont des Ă©conomistes, oui. Mais, la politique Ă©conomique dâun pays, câest la politique dâabord. Maintenant, une fois cette politique dĂ©finie, comme jâappelais Ă lâĂ©poque, les Mamadou Koulibaly, les Bohoun BouabrĂ©, je dis :ââBon, on va faire ça, alors trouvez comment on peut faire ça !ââ. Mais, ââon va faire çaââ, câest politique. Maintenant trouver comment on peut sây prendre, ça câest Ă vous de le faire.
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JâĂ©coute quelquefois des gens et je dis mais, on nâa pas fait les mĂȘmes universitĂ©s ou quoi ? De Gaule nâĂ©tait pas un Ă©conomiste. Pompidou nâĂ©tait pas un Ă©conomiste. François Mitterrand nâĂ©tait pas un Ă©conomiste. Jacques Chirac nâĂ©tait pas un Ă©conomiste. Mais enfin ! Enfin ! Il ne faut pas quâon se trompe. Les gens croient quâil faut ĂȘtre Ă©conomiste pour tracer les sillons dâune politique Ă©conomique. Le dernier Premier ministre de Mitterrand, qui a Ă©tĂ© ministre de lâEconomie et des Finances, avant dâĂȘtre Premier ministre, Pierre BĂ©rĂ©govoy, câĂ©tait un ouvrier. Pierre BĂ©rĂ©govoy nâa pas Ă©tĂ© Ă lâuniversitĂ©. Câest un ouvrier ! Est-ce-que vous comprenez ? Et il a Ă©tĂ© ministre de lâEconomie et des Finances de la France, et il a Ă©tĂ© Premier ministre de la France ! De la France, je nâai pas dit les petits pays dâici.
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Il faut quâen CĂŽte dâIvoire, les gens cessent de confondre la pensĂ©e, la dĂ©cision et lâapplicabilitĂ© concrĂšte. Câest lâhomme politique qui dĂ©cide de la politique Ă©conomique. Il dĂ©cide dâune politique dâabord. Il peut utiliser des gens qui ont fait de lâEconomie pour appliquer ça. Mais câest lui qui dĂ©cide, quâil soit philosophe, latiniste. Et moi je suis trĂšs fier dâĂȘtre historien. Ăa mâa appris beaucoup de choses quâils ne savent pas. Parce quâils nâont pas les repĂšres historiques pour le savoir. Vous comprenez ?
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« Oui jâai Ă©tĂ© un banquier ». Ici en CĂŽte dâIvoire, on cherche un chef dâĂtat. On cherche un PrĂ©sident de la RĂ©publique. Câest-Ă -dire quâon cherche quelquâun qui va prendre des dĂ©cisions qui vont orienter notre Economie, notre Politique. Câest ça quâon cherche. On ne cherche pas un ancien banquier. Vous voyez ?
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Je mâengage aussi Ă casser cette CEI (Commission Ă©lectorale indĂ©pendante) et Ă mettre en place un organe chargĂ© dâorganiser des Ă©lections qui apaisent tout le monde ? Vous organisez une Ă©lection puis chacun sort en se proclamant PrĂ©sident. Mais, quâest-ce-que vous avez fait lĂ ? Il faut que vous, les frĂšres que vous ĂȘtes, sachiez que notre idĂ©e de la Commission Ă©lectorale indĂ©pendante a Ă©tĂ© travestie, gĂątĂ©e, pourrie.
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En 1990, le premier Ă avoir Ă©tĂ© candidat contre HouphouĂ«t, le seul, câest moi ! Quand jâai Ă©tĂ© candidat, jâai vu, jâai entendu ce qui sâest fait et ce qui nâa pas Ă©tĂ© fait alors que ça aurait dĂ» ĂȘtre fait. Ă partir de cette Ă©lection prĂ©sidentielle dâOctobre 1990, nous au FPI, avons rĂ©clamĂ© Ă cor et Ă cri une commission neutre chargĂ©e dâorganiser les Ă©lections pour que chaque candidat ait son vĂ©ritable poids politique. Et puis en rencontrant tous les amis africains, les Bazoum et Issoufou du Niger, les Landing SavanĂ© au SĂ©nĂ©gal, etc., on a discutĂ© avec les uns et les autres et puis nous Ă©tions tous tombĂ©s dâaccord pour la mise en place dans nos pays respectifs dâun organe neutre chargĂ© dâorganiser des Ă©lections crĂ©dibles. Bon, on nous a renvoyĂ©s balader Ă©videmment. Et puis, Ă la faveur du coup dâĂtat de 1999 en CĂŽte dâIvoire, nous avons rĂ©ussi Ă faire passer lâidĂ©e parce que GueĂŻ Robert avait rĂ©uni tous les acteurs politiques et tous les acteurs de la vie sociale pour discuter de la sortie de la crise.
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Je remercie un homme comme Degny Seguy (ancien PrĂ©sident de la Ligue ivoirienne des Droits de lâHomme, Lidho, Ndlr) qui a usĂ© de son poids de professeur de Droit. Je remercie HonorĂ© GuiĂ© aussi (prĂ©sident de la premiĂšre commission Ă©lectorale créée dans la transition militaire, Ndlr). Et on a portĂ© ça et GueĂŻ a acceptĂ©. On Ă©tait heureux. Et on a bien fait dâĂȘtre heureux. Parce que cette CEI a proclamĂ© que lâĂ©lu de la PrĂ©sidentielle de 2000 nâĂ©tait pas le PrĂ©sident en fonction, mais que lâĂ©lu Ă©tait son adversaire, Laurent Gbagbo. Ah ! ProblĂšme ! Parce que lui (GuĂ©i Robert, chef de la junte, Ndlr), il avait pensĂ© comme tout le monde que, PrĂ©sident sortant et militaire, il a gagnĂ©.
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Lida est lĂ ? Ah, il est lĂ ! Câest lui Lida, qui sâoccupait de ma sĂ©curitĂ© et, chaque soir, il mâemmenait dormir quelque part, parce quâon ne sait jamais ! (la salle pleine Ă craquer Ă©clate de rires). Câest lui que la hiĂ©rarchie de lâEglise catholique a envoyĂ© me chercher. Donc, on est allĂ© Ă la CathĂ©drale. Câest lĂ dâailleurs que jâai vu pour la premiĂšre le Bishop Benjamin Boni. GueĂŻ Ă©tait lĂ , jâĂ©tais lĂ . Ils nous ont demandĂ© ce qui se passait. GueĂŻ dit quâil a gagnĂ©. Moi, je dis que jâai gagnĂ©. Les EvĂȘques ne savaient plus quoi dire.
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Alors jâai dit : ââMesseigneurs, câest moi qui ai gagnĂ©, hein !ââ (Rires et applaudissement dans la salle). GueĂŻ crie : ââFrĂšre, tais-toi, je suis ton grand-frĂšre, câest moi qui ai gagnĂ© !ââ. Finalement, soudain, des ministres de GueĂŻ ont fait irruption dans la salle oĂč nous Ă©tions. Ils ont dit que GueĂŻ est en train de raconter des histoires et que câest Gbagbo qui a gagnĂ©. Ces propres ministres, hein ! (Rires et applaudissements dans la salle).
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Vous voyez, lâhistoire de la CEI est une histoire difficile et longue. Câest lĂ que pour la premiĂšre fois, devant les EvĂȘques et ce Pasteur, je me suis rendu compte quâon est encore loin de la dĂ©mocratie. Parce que cette Ă©lection, comment quelquâun peut se lever pour dire : âcâest moi qui ai gagnĂ©. Ce nâest pas Gbagboâ. Ăvidemment, pour dire ça, il a annulĂ© les votes de Divo, Lakota, Gagnoa, SoubrĂ©, Issia, enfin de tout le pays bĂ©tĂ©. Dano DjĂ©djĂ© Ă©tait dans la commission Ă©lectorale dâailleurs. Donc finalement, la mobilisation du Peuple a fait que GueĂŻ est parti. Quand on lui a dit que les gens marchaient, ils venaient de Yopougon. Il est montĂ© dans un hĂ©licoptĂšre. Quand il a vu la masse qui arrivait, il a dit au pilote : âEmmĂšne-moi au Togo ». Le gars lui dit quâil nây a pas assez de carburant pour arriver au Togo. Il dit : âBon, dĂ©pose-moi chez Papa Nouveau ». Câest comme ça quâon lâa emmenĂ© chez Papa Nouveau, prĂšs de Grand-Lahou. Quand le pilote est revenu, il est venu me dire ça mais je ne lâai pas dit parce que je ne voulais pas que les militaires aillent le dĂ©busquer pour lui faire du tort. Ces amis Ă lui, français avec qui il avait fait lâĂ©cole de Saint-Cyr, sont arrivĂ©s. Câest Ă eux que jâai dit, oĂč Ă©tait GueĂŻ. Et je les ai fait accompagner par des chauffeurs et des officiers pour aller voir GueĂŻ. Câest comme ça quâils ont pris GueĂŻ et ils lâont emmenĂ© dans son village, Ă Kabakouma. Mais, la CEI a une histoire en CĂŽte dâIvoire.
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Aujourdâhui, on veut nous faire croire Ă des blagues. Parce que ce quâils sont en train de dire, ce sont des blagues. Comment on peut dire que câest difficile de revoir la liste Ă©lectorale. Ce nâest pas difficile. On demande au Sous-prĂ©fet de Ouragahio de donner lâordre Ă chaque village de Ouragahio de faire la liste des majeurs en Ăąge de voter. Mais, dans chaque village, en une journĂ©e, câest fini ça ! Chez Gadji CĂ©li, comme ils sont un peu tĂȘtus, ils vont durer un peu, un jour et demi, mais dans nos villages, on fait ça tranquillement. Donc la CEI, vraiment il faut la changer. Je ne dis pas quâil faut changer les hommes mais il faut changer sa conception. Un jour, jâai vu sur une photo, des gens qui sont Ă la CEI. Je les ai regardĂ©s et jâai ri. Je dis mais, si ceux-lĂ sont dans un organe quâon appelle un organe indĂ©pendant et neutre, ceux-lĂ ! Moi je les connais Ă Abidjan ici. Ils ne peuvent pas ĂȘtre neutres. Abidjan ici on se connait en long et en large. Je le dis haut et fort, il faut changer la CEI, il faut changer la structuration et il faut changer les hommes parce que dedans, il y a trop de personnes qui ont faim. Et ce nâest pas Ă une personne affamĂ©e quâon demande dâĂȘtre neutre, parce que vous lui donnez un morceau de pain, il est avec vous. Or qui peut vous donner un morceau de pain ? Câest lui qui est assis dans une boulangerie. Il y a trop de personnes Ă lâintĂ©rieur de la CEI qui ont faim et je le dis haut et fort pour quâils mâentendent. Et sâils mâentendent, ils savent de qui je parle. Eux-mĂȘmes, ils savent. Et ils diront : « Ah, Gbagbo mâa dĂ©noncĂ© mais sans dire mon nomâ.
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Il faut favoriser le leadership des femmes et des jeunes. Sur ce problĂšme des femmes, il y a aussi, les femmes elles-mĂȘmes Ă qui il faut quâon parle. Il y a les femmes elle-mĂȘme et puis il y a leurs maris aussi. Il y a des femmes qui font souvent le choix. Elles disent : « Si jâoccupe tel poste ou tel poste, je serai souvent absente de mon domicile et Ă©tant souvent absente, mon mari. » Jâai beaucoup dâamies femmes donc on discute. Et puis il y a des hommes qui sont jaloux de voir leurs femmes occuper certaines hautes fonctions. Quand jâĂ©tais Chef dâĂtat, jâavais un certain nombre de femmes ministres, il y a eu des problĂšmes qui ont Ă©clatĂ© dans presque tous les foyers oĂč la femme Ă©tait ministre, sauf un ou deux. Mais ça venait souvent de la jalousie non dite des hommes. Il y en avait un mĂȘme qui est venu me voir. Il dit : « Ăcoute, tu as nommĂ© ma femme ministre et moi, quâest-ce-que tu fais de moi ? » Je dis : « FrĂšre, est-ce-que ça câest palabres ça ? Ce nâest pas digne de toi ». Donc câest ça qui fait les complications.
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Je mâengage aussi Ă transfĂ©rer effectivement la capitale Ă Yamoussoukro. Pourquoi je dis cela ? Vous savez que Yamoussoukro nâest pas mon village, donc je nâai pas dit que je vais mettre la capitale Ă Mama. Il faut lire les rapports. Il y a un changement climatique et depuis les cĂŽtes du NigĂ©ria jusquâaux cĂŽtes du LibĂ©ria et de la Sierra-Leone, lâeau de mer monte. Allez Ă Lagos, il y a aujourdâhui des villages lacustres qui sont en face de Lagos. Les gens vont Ă la maison en pirogue. ArrivĂ©s, ils montent par des petits escaliers en bois jusquâĂ dans leurs maisons. Et les rapports disent ça. Câest pourquoi, le Nigeria lui-mĂȘme a transfĂ©rĂ© sa capitale Ă Abuja. Regardez mĂȘme ici en CĂŽte dâIvoire, Ă Grand-Lahou, pour nous les bĂ©tĂ©s de Gagnoa, câĂ©tait Lahou notre grande ville maritime. Mais aujourdâhui, Grand-Lahou, il nây a rien. Toutes les tombes sont envahies par lâeau, la ville de Lahou est envahie par lâeau. Câest consignĂ© dans des rapports mais les gens ne veulent pas lire. Et moi jâavais trouvĂ© les moyens de construire Yamoussoukro sans prendre un seul franc de crĂ©dit. Jâai construit lâassemblĂ©e nationale. Je nâai pas pris de crĂ©dit. Jâai commencĂ© Ă construire la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, je nâai pris aucun franc de crĂ©dit. Câest seulement, lâautoroute que jâai tirĂ© de Singrobo jusquâĂ Yamoussoukro. Câest seulement cette autoroute pour laquelle jâai pris des crĂ©dits. Mais des crĂ©dits chez les arabes. Qui ne sont pas autorisĂ©s Ă demander des intĂ©rĂȘts exorbitants sur les prĂȘts quâils accordent. On peut demander Ă quelquâun, Patrick Achi, câest lui qui Ă©tait mon Ministre. Câest lui que jâai envoyĂ© lĂ -bas. Donc on peut faire Yamoussoukro parce quâil faut Ă©chapper Ă la montĂ©e des eaux. Le BrĂ©sil nous a dĂ©jĂ devancĂ©. Ils ont quittĂ© Rio pour aller Ă Brasilia. Le Nigeria aussi. Ils ont quittĂ© Lagos pour Abuja. Nous, on attend quoi ? On attend que lâeau vienne dans les maisons des gens. Il faut lire les rapports. Dans le Parti, jâai confiĂ© les problĂšmes dâenvironnement au Ministre Pierre Lokrou Vincent qui est un homme trĂšs compĂ©tent. Il va nous sortir ça. Il y a des choses pour lesquelles il faut aller Ă Yamoussoukro que je ne dirai pas maintenant parce que le moment nâest pas encore venu. Il y a des moments pour dire certaines choses. VoilĂ !
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Je mâengage Ă faire acheter les produits agricoles au juste prix et Ă promouvoir lâindustrialisation. Vous voyez, est-ce-que ce nâest pas une misĂšre quâau Cameroun, on achĂšte le Cacao Ă 5000F le kilo, au Ghana Ă 3000F le kilo et en CĂŽte dâIvoire, Ă 1500F le kilo. Le cacao hein ! Nous sommes le premier producteur mondial. Câest pourquoi je dis quâon cherche quelquâun pour gouverner la CĂŽte dâIvoire. On ne cherche pas quelquâun qui a travaillĂ© dans une banque. Parce que la vision Ă©lĂ©mentaire, câest que si tu achĂštes le cacao des paysans Ă 5000F le kilo en CĂŽte dâIvoire ici, tu as de lâargent qui circule dans les mains des gens et ils vont aller au marchĂ© pour acheter des choses. Et toi, tu auras les moyens de faire les taxes sur ces produits pour rĂ©cupĂ©rer lâargent. Mais, ils veulent tout garder en mĂȘme temps. En cherchant Ă garder de lâargent, on le perd. Si les gens disent encore que nous avons quelquâun qui a travaillĂ© dans les banques, dites-leur on ne cherche pas un banquier. On cherche un homme politique pour diriger la CĂŽte dâIvoire. Dites-leur ça. Ils vont cesser de vous embĂȘter.
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Katinan a parlĂ© de lutte contre la corruption. Ăa, moi jâai dĂ©jĂ fait ça. Un jour, jâĂ©tais lĂ avec quelques-uns de mes ministres devant la PrĂ©sidence de la RĂ©publique et il y a YodĂ© et Siro qui sont venus me saluer. Je dis : « Mais vous deux-lĂ , chantez votre chant. Vous avez un chant, chantez-leâ. Ah, ils Ă©taient gĂȘnĂ©s. Ils disent : « PrĂ©sident, quel chant ? » Je dis : « Mais vous ne connaissez pas votre chant ? Vous dites que si tu nommes quelquâun qui vole, câest que toi-mĂȘme tu es voleur ». YodĂ© se grattait la tĂȘte et il dit : « Oui PrĂ©sident, on a chantĂ© ça ». Jâai dit aux ministres : « Câest de vous quâils parlent. Et Ă cause de vous, ils parlent de moi aussi. Ils disent que si je nomme quelquâun qui est voleur, câest que moi-mĂȘme je suis voleur. Ce nâest pas ça ? ». On a arrĂȘtĂ© les gens quâil fallait arrĂȘter, mĂȘme nos amis. Parce quâon a Ă©tĂ© convaincus quâils ont volĂ©. Mais Ă part mon gouvernement depuis lâindĂ©pendance, quel Chef dâĂtat en CĂŽte dâIvoire, on a vu arrĂȘter ses proches voleurs ? Qui ? Qui ? Les Ă©lections qui arrivent, voter pour quelquâun qui met sa parole en corrĂ©lation avec ses actions. Câest tout.
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Je vois des journalistes ici. RĂ©tablir la libertĂ© de la presse et assurer la viabilitĂ© des mĂ©dias. Quâest-ce-que je vais dire sur ça ? Rien ! Assurer la libertĂ© de la presse. Moi jâĂ©tais prĂ©sident, je nommais des gens qui Ă©taient PDCI dans la presse. Mais quâest-ce quâil va me dire qui va me faire mal ? Rien. Si je vois quâil est compĂ©tent, je le nomme. Maintenant sâil me montre quâil nâest pas compĂ©tent, je lâenlĂšve. Donc chers amis, voilĂ ce que je voulais vous dire.
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Câest pourquoi, depuis 2000, je vous dis, donnez-moi le Pouvoir pour que je vous le rende. Donnez-moi le Pouvoir pour que je vous le rende. Les retombĂ©es du Pouvoir, ce nâest pas moi que ça regarde, câest vous que ça intĂ©resse. Je ne vais pas dire dâautres choses mais donnez-moi le Pouvoir en 2025 et je vous le rendrai ! Il faut que notre pays soit Ă la pointe dâune diplomatie qui rende lâAfrique effectivement indĂ©pendante. Nous avons des problĂšmes comme lâest du Congo. Câest la galĂšre lĂ -bas. Il y a des morts tous les jours. Nous avons des problĂšmes comme le Sahara occidental qui est un problĂšme infini entre lâAlgĂ©rie et le Maroc. Nous avons des problĂšmes comme lâAES, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont créé lâAES. Ils vont bientĂŽt crĂ©er leur monnaie. Alors nous avons tout ça, et lâAfrique ne fait rien. Il nous faut une diplomatie qui bouscule lâUnion africaine, toutes les organisations africaines, pour que sur ce terrain-lĂ , lâAfrique sâen sorte au lieu de se battre tous les jours. Je mâengage Ă le faire.
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Donnez-moi le Pouvoir et je vous le rendrai, parce que quand on est Ă cet Ăąge-ci, Assoa Adou, vous lâa dit, on nâa passĂ© toute notre vie Ă lutter. Quand on arrive Ă cet Ăąge-ci, câest pour conclure. Ce nâest pas pour chercher un salaire. Nous avons dĂ©passĂ© le stade des salaires importants. Jâai dĂ©passĂ© ça. On vit bien. On a de quoi vivre. Il faut avoir un idĂ©al. Il faut avoir un idĂ©al pour lequel on se bat. Il faut avoir un idĂ©al pour lequel on continue de se battre. Je vous le dis, les amis, si vous me donnez le Pouvoir, câest vous qui lâaurez. Que Dieu bĂ©nisse la CĂŽte dâIvoire !
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