mercredi, mai 6

Chers camarades, messieurs les Chefs, chers invitĂ©s, je vous remercie d’ĂȘtre tous lĂ . Merci d’ĂȘtre venus et de me faire l’honneur de rĂ©pondre Ă  mon invitation. Il se fait tard, on va aller vite.

 

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Chers amis, Une fois de plus, une fois encore, j’accepte d’ĂȘtre votre candidat.  J’accepte d’ĂȘtre votre candidat pour aller Ă  la bataille ! Parce qu’il s’agit de la CĂŽte d’Ivoire et il s’agit de l’Afrique. C’est chez nous ! L’Afrique, c’est chez nous ! La CĂŽte d’Ivoire, c’est chez nous ! Et nous ne pouvons pas laisser les autres se battre pour nous. Nous devons nous battre pour nous-mĂȘmes.

 

Quelques fois, quand je parle Ă  des plus jeunes et mĂȘme Ă  mes enfants, je leur dis que les Africains ont de grandes admirations pour les Occidentaux, mais, ces Occidentaux, leurs parents et leurs grands-parents ont souffert le martyr. Les AmĂ©ricains dont on parle souvent, ils ont souffert de la guerre de libĂ©ration contre la Grande Bretagne. Puis, ils ont fait la guerre intĂ©rieure, le Sud contre le Nord. Et tout ce que nous voyons aujourd’hui, c’est le rĂ©sultat de ces guerres. Ils se sont battus pour que leur pays soit propre, pour que leur pays soit bien. Eh ben, aujourd’hui leur pays est bien ! Mais nous, on veut ĂȘtre bien sans se battre. On veut ĂȘtre bien sans traverser des pĂ©riodes difficiles. Mais enfin ! Mais enfin ! Abraham Lincoln, il est mort. Georges Washington qui a laissĂ© son nom Ă  la capitale et qui a Ă©tĂ© le premier prĂ©sident, il est mort. Mais ce sont leurs petits enfants qui aujourd’hui profitent du combat qu’ils ont menĂ© !

 

 

 

Mes chers amis, Si nous voulons que notre pays soit bien, menons des combats. Sans combat, nos pays n’auront rien. Je vous le dis : en vĂ©ritĂ©, en vĂ©ritĂ©, sans combat, nos pays n’auront rien ! Vous croyez que quand nous nous battons Ă  longueur d’annĂ©es, quand nous allons en prison, c’est parce que nous aimons la prison ? Non, ce n’est pas parce que nous aimons la prison, c’est parce qu’il y a des combats Ă  mener. Et ces combats, personne ne les mĂšnera Ă  notre place. Donc nous nous battons.

 

Et le premier engagement que je peux prendre devant vous, c’est que je vais faire un seul mandat ; je vais faire un seul mandat pour fixer les clous parce qu’il y a beaucoup de personnes qui jouent avec la gestion de l’État, vu que les clous n’ont pas Ă©tĂ© fixĂ©s. Nous devons le faire. Et on n’a pas besoin de plus d’un mandat pour ça. Ils ont vu clair et c’est pourquoi ils nous ont fait la guerre Ă  partir de 2001. Ils ont vu oĂč nous allions. Ils ont dit : “On ne peut pas le laisser terminer ce mandat. Si on le laisse terminer, on est cuit pour demain”. Donc, le premier engagement, c’est de dire que je vais faire un mandat mais un mandat oĂč tout sera bouclĂ©.

 

Le deuxiĂšme engagement que je prends, c’est que notre pays a connu beaucoup de problĂšmes, beaucoup de frottis frottas, beaucoup de luttes, de guerres, mais nous ne connaissons pas la vĂ©ritĂ© sur tous ces conflits : Qui a soulevĂ© la rĂ©bellion ? Qui a fait la rĂ©bellion ? Ce ne sont pas les enfants que nous voyons lĂ  ! Qui a pensĂ© Ă  la rĂ©bellion ? Qui a fait le coup d’État de 1999 ? Qui a créé tous ces conflits qui nous emmĂšnent lĂ  oĂč ne devrions pas ĂȘtre ! Il faut, chers amis, chers frĂšres, chers camarades, repenser tous ces problĂšmes et rĂ©concilier les Ivoiriens.

 

Quand je suis arrivĂ© de La Haye (acquittĂ© par la Cour pĂ©nale internationale, Ndlr), un journaliste me voit et dit : « Mais PrĂ©sident, il faut demander pardon ». Alors, je dis : ‘’Pourquoi ? Je vais demander pardon pour quelle chose ?’’ On dit : « Oui, il y a un tel qui est venu, et il a demandĂ© pardon ». Je dis ‘’Mais, moi je ne suis pas untel. Je suis ancien PrĂ©sident de la RĂ©publique”. Il y a des gens qui parlent et qui disent : “Oui, il y a des femmes qui sont mortes Ă  Abobo’’ ; mais qui les a tuĂ©es ? Il y en a mĂȘme qui pensent qu’ils sont intelligents, ils disent : ‘’C’est la responsabilité’’. Mais pour ça, il n’y a pas une question de responsabilitĂ©. Quand il y a un meurtre, il y a un auteur, un meurtrier. Sur toutes ces questions, il faut discuter et rĂ©concilier les Ivoiriens. Allez Ă  DuĂ©kouĂ©, Guitrozon, Bangolo, Guiglo. Il y a des gens qui sont morts. Presque 1 000 en un seul jour ! Mais vous croyez que ces gens peuvent ĂȘtre rĂ©ellement rĂ©intĂ©grĂ©s Ă  la RĂ©publique si on ne discute pas de ce problĂšme et qu’on ne donne pas les noms des auteurs, mĂȘme si on doit les relĂącher aprĂšs ? Mais on connaĂźt les auteurs !

 

Donc je m’engage Ă  engager le dĂ©bat pour que sur toutes ces crises, on trouve les responsabilitĂ©s et les responsables. À partir de ce moment, le pays peut faire sa vie normale. Ici mĂȘme tout prĂšs, Ă  Abobo, il y a des villages EbriĂ© qui ont Ă©tĂ© investis par des Ă©lĂ©ments de la rĂ©bellion. Ils ont tuĂ© des gens, Ă©gorgĂ© certains, ils ont tirĂ© sur d’autres. Si, tout prĂšs de nous, Ă  Abobo ici, on a commis de telles horreurs, que dire de ce qui s’est passĂ© loin de nous ?

 

Moi, je connais quelqu’un qui fait aujourd’hui les RĂ©seaux sociaux, mais quand tu dis un certain nom, il tressaillit et il pleure parce qu’on a tuĂ© son pĂšre et il ne le dit pas toujours. Les rebelles dans leur descente, ont tuĂ© son pĂšre. Il nous faut apporter, aux Ivoiriens qui ont souffert, l’apaisement. En ce qui me concerne, je suis content de ce point de vue, qu’on m’ait jugĂ© de 2011 Ă  2019 Ă  la CPI, et qu’on ait trouvĂ© que je suis innocent. Et ce serait hypocrite de dire que je ne suis pas heureux pour cela. Aller en prison, c’est une mauvaise chose et on n’aime pas aller en prison. Mais quand vous allez en prison et qu’on vous dĂ©clare innocent, et qu’on vous rend Ă  la libertĂ©, Ă  votre pays et Ă  votre famille, vous ĂȘtes un homme heureux.

 

Il faut rendre la Justice effectivement indĂ©pendante du Pouvoir ExĂ©cutif. J’ai gouvernĂ© ce pays 10 ans. On ne trouvera pas dans ce pays, un juge qui peut dire que le PrĂ©sident de la RĂ©publique, Laurent Gbagbo, m’a appelĂ© pour me dire que dans cette affaire, rends ce jugement-ci. Jamais ! Et je le dis haut et fort, devant tĂ©moins. D’abord, parce que ce n’est pas dans ma nature de faire des combines de ce genre ; mais ensuite, ce n’est pas propre au niveau de la RĂ©publique. Ce n’est pas propre de vouloir faire des combines de ce genre. Nous n’avons jamais fait ça, et c’est pourquoi personne ne nous a jamais accusĂ©s de cela.

 

Il faut rendre la Justice libre, indĂ©pendante du Pouvoir ExĂ©cutif et Ă©tablir des rĂšgles pour que les juges puissent avancer dans leur fonction sans avoir Ă  venir s’accroupir chaque matin ou soir dans le bureau du PrĂ©sident de la RĂ©publique pour mendier un poste, un avancement. À quoi ça ressemble ça ? À rien du tout !

 

Je m’engage Ă  dĂ©sendetter la CĂŽte d’Ivoire. Ça, je sais le faire un peu. Mais c’est vrai qu’on a un problĂšme en CĂŽte d’Ivoire. Des gens croient que gĂ©rer un pays, c’est une affaire d’économiste. Je ne sais pas oĂč ils ont Ă©tĂ© Ă  l’école et oĂč ils ont appris ça. Non, les techniciens que nous utilisons pour appliquer telle ou telle dĂ©cision sont des Ă©conomistes, oui. Mais, la politique Ă©conomique d’un pays, c’est la politique d’abord. Maintenant, une fois cette politique dĂ©finie, comme j’appelais Ă  l’époque, les Mamadou Koulibaly, les Bohoun BouabrĂ©, je dis :’’Bon, on va faire ça, alors trouvez comment on peut faire ça !’’. Mais, ‘’on va faire ça’’, c’est politique. Maintenant trouver comment on peut s’y prendre, ça c’est Ă  vous de le faire.

 

J’écoute quelquefois des gens et je dis mais, on n’a pas fait les mĂȘmes universitĂ©s ou quoi ? De Gaule n’était pas un Ă©conomiste. Pompidou n’était pas un Ă©conomiste. François Mitterrand n’était pas un Ă©conomiste. Jacques Chirac n’était pas un Ă©conomiste. Mais enfin ! Enfin ! Il ne faut pas qu’on se trompe. Les gens croient qu’il faut ĂȘtre Ă©conomiste pour tracer les sillons d’une politique Ă©conomique. Le dernier Premier ministre de Mitterrand, qui a Ă©tĂ© ministre de l’Economie et des Finances, avant d’ĂȘtre Premier ministre, Pierre BĂ©rĂ©govoy, c’était un ouvrier. Pierre BĂ©rĂ©govoy n’a pas Ă©tĂ© Ă  l’universitĂ©. C’est un ouvrier ! Est-ce-que vous comprenez ? Et il a Ă©tĂ© ministre de l’Economie et des Finances de la France, et il a Ă©tĂ© Premier ministre de la France ! De la France, je n’ai pas dit les petits pays d’ici.

 

Il faut qu’en CĂŽte d’Ivoire, les gens cessent de confondre la pensĂ©e, la dĂ©cision et l’applicabilitĂ© concrĂšte. C’est l’homme politique qui dĂ©cide de la politique Ă©conomique. Il dĂ©cide d’une politique d’abord. Il peut utiliser des gens qui ont fait de l’Economie pour appliquer ça. Mais c’est lui qui dĂ©cide, qu’il soit philosophe, latiniste. Et moi je suis trĂšs fier d’ĂȘtre historien. Ça m’a appris beaucoup de choses qu’ils ne savent pas. Parce qu’ils n’ont pas les repĂšres historiques pour le savoir. Vous comprenez ?

 

« Oui j’ai Ă©tĂ© un banquier ». Ici en CĂŽte d’Ivoire, on cherche un chef d’État. On cherche un PrĂ©sident de la RĂ©publique. C’est-Ă -dire qu’on cherche quelqu’un qui va prendre des dĂ©cisions qui vont orienter notre Economie, notre Politique. C’est ça qu’on cherche. On ne cherche pas un ancien banquier. Vous voyez ?

 

Je m’engage aussi Ă  casser cette CEI (Commission Ă©lectorale indĂ©pendante) et Ă  mettre en place un organe chargĂ© d’organiser des Ă©lections qui apaisent tout le monde ? Vous organisez une Ă©lection puis chacun sort en se proclamant PrĂ©sident. Mais, qu’est-ce-que vous avez fait lĂ  ? Il faut que vous, les frĂšres que vous ĂȘtes, sachiez que notre idĂ©e de la Commission Ă©lectorale indĂ©pendante a Ă©tĂ© travestie, gĂątĂ©e, pourrie.

 

En 1990, le premier Ă  avoir Ă©tĂ© candidat contre HouphouĂ«t, le seul, c’est moi ! Quand j’ai Ă©tĂ© candidat, j’ai vu, j’ai entendu ce qui s’est fait et ce qui n’a pas Ă©tĂ© fait alors que ça aurait dĂ» ĂȘtre fait. À partir de cette Ă©lection prĂ©sidentielle d’Octobre 1990, nous au FPI, avons rĂ©clamĂ© Ă  cor et Ă  cri une commission neutre chargĂ©e d’organiser les Ă©lections pour que chaque candidat ait son vĂ©ritable poids politique. Et puis en rencontrant tous les amis africains, les Bazoum et Issoufou du Niger, les Landing SavanĂ© au SĂ©nĂ©gal, etc., on a discutĂ© avec les uns et les autres et puis nous Ă©tions tous tombĂ©s d’accord pour la mise en place dans nos pays respectifs d’un organe neutre chargĂ© d’organiser des Ă©lections crĂ©dibles. Bon, on nous a renvoyĂ©s balader Ă©videmment. Et puis, Ă  la faveur du coup d’État de 1999 en CĂŽte d’Ivoire, nous avons rĂ©ussi Ă  faire passer l’idĂ©e parce que GueĂŻ Robert avait rĂ©uni tous les acteurs politiques et tous les acteurs de la vie sociale pour discuter de la sortie de la crise.

 

Je remercie un homme comme Degny Seguy (ancien PrĂ©sident de la Ligue ivoirienne des Droits de l’Homme, Lidho, Ndlr) qui a usĂ© de son poids de professeur de Droit. Je remercie HonorĂ© GuiĂ© aussi (prĂ©sident de la premiĂšre commission Ă©lectorale créée dans la transition militaire, Ndlr). Et on a portĂ© ça et GueĂŻ a acceptĂ©. On Ă©tait heureux. Et on a bien fait d’ĂȘtre heureux. Parce que cette CEI a proclamĂ© que l’élu de la PrĂ©sidentielle de 2000 n’était pas le PrĂ©sident en fonction, mais que l’élu Ă©tait son adversaire, Laurent Gbagbo. Ah ! ProblĂšme ! Parce que lui (GuĂ©i Robert, chef de la junte, Ndlr), il avait pensĂ© comme tout le monde que, PrĂ©sident sortant et militaire, il a gagnĂ©.

 

Lida est lĂ  ? Ah, il est lĂ  ! C’est lui Lida, qui s’occupait de ma sĂ©curitĂ© et, chaque soir, il m’emmenait dormir quelque part, parce qu’on ne sait jamais ! (la salle pleine Ă  craquer Ă©clate de rires). C’est lui que la hiĂ©rarchie de l’Eglise catholique a envoyĂ© me chercher. Donc, on est allĂ© Ă  la CathĂ©drale. C’est lĂ  d’ailleurs que j’ai vu pour la premiĂšre le Bishop Benjamin Boni. GueĂŻ Ă©tait lĂ , j’étais lĂ . Ils nous ont demandĂ© ce qui se passait. GueĂŻ dit qu’il a gagnĂ©. Moi, je dis que j’ai gagnĂ©. Les EvĂȘques ne savaient plus quoi dire.

 

Alors j’ai dit : ‘’Messeigneurs, c’est moi qui ai gagnĂ©, hein !’’ (Rires et applaudissement dans la salle). GueĂŻ crie : ‘’FrĂšre, tais-toi, je suis ton grand-frĂšre, c’est moi qui ai gagnĂ© !’’. Finalement, soudain, des ministres de GueĂŻ ont fait irruption dans la salle oĂč nous Ă©tions. Ils ont dit que GueĂŻ est en train de raconter des histoires et que c’est Gbagbo qui a gagnĂ©. Ces propres ministres, hein ! (Rires et applaudissements dans la salle).

 

Vous voyez, l’histoire de la CEI est une histoire difficile et longue. C’est lĂ  que pour la premiĂšre fois, devant les EvĂȘques et ce Pasteur, je me suis rendu compte qu’on est encore loin de la dĂ©mocratie. Parce que cette Ă©lection, comment quelqu’un peut se lever pour dire : “c’est moi qui ai gagnĂ©. Ce n’est pas Gbagbo”. Évidemment, pour dire ça, il a annulĂ© les votes de Divo, Lakota, Gagnoa, SoubrĂ©, Issia, enfin de tout le pays bĂ©tĂ©. Dano DjĂ©djĂ© Ă©tait dans la commission Ă©lectorale d’ailleurs. Donc finalement, la mobilisation du Peuple a fait que GueĂŻ est parti. Quand on lui a dit que les gens marchaient, ils venaient de Yopougon. Il est montĂ© dans un hĂ©licoptĂšre. Quand il a vu la masse qui arrivait, il a dit au pilote : “EmmĂšne-moi au Togo ». Le gars lui dit qu’il n’y a pas assez de carburant pour arriver au Togo. Il dit : “Bon, dĂ©pose-moi chez Papa Nouveau ». C’est comme ça qu’on l’a emmenĂ© chez Papa Nouveau, prĂšs de Grand-Lahou. Quand le pilote est revenu, il est venu me dire ça mais je ne l’ai pas dit parce que je ne voulais pas que les militaires aillent le dĂ©busquer pour lui faire du tort. Ces amis Ă  lui, français avec qui il avait fait l’école de Saint-Cyr, sont arrivĂ©s. C’est Ă  eux que j’ai dit, oĂč Ă©tait GueĂŻ. Et je les ai fait accompagner par des chauffeurs et des officiers pour aller voir GueĂŻ. C’est comme ça qu’ils ont pris GueĂŻ et ils l’ont emmenĂ© dans son village, Ă  Kabakouma. Mais, la CEI a une histoire en CĂŽte d’Ivoire.

 

Aujourd’hui, on veut nous faire croire Ă  des blagues. Parce que ce qu’ils sont en train de dire, ce sont des blagues. Comment on peut dire que c’est difficile de revoir la liste Ă©lectorale. Ce n’est pas difficile. On demande au Sous-prĂ©fet de Ouragahio de donner l’ordre Ă  chaque village de Ouragahio de faire la liste des majeurs en Ăąge de voter. Mais, dans chaque village, en une journĂ©e, c’est fini ça ! Chez Gadji CĂ©li, comme ils sont un peu tĂȘtus, ils vont durer un peu, un jour et demi, mais dans nos villages, on fait ça tranquillement. Donc la CEI, vraiment il faut la changer. Je ne dis pas qu’il faut changer les hommes mais il faut changer sa conception. Un jour, j’ai vu sur une photo, des gens qui sont Ă  la CEI. Je les ai regardĂ©s et j’ai ri. Je dis mais, si ceux-lĂ  sont dans un organe qu’on appelle un organe indĂ©pendant et neutre, ceux-lĂ  ! Moi je les connais Ă  Abidjan ici. Ils ne peuvent pas ĂȘtre neutres. Abidjan ici on se connait en long et en large. Je le dis haut et fort, il faut changer la CEI, il faut changer la structuration et il faut changer les hommes parce que dedans, il y a trop de personnes qui ont faim. Et ce n’est pas Ă  une personne affamĂ©e qu’on demande d’ĂȘtre neutre, parce que vous lui donnez un morceau de pain, il est avec vous. Or qui peut vous donner un morceau de pain ? C’est lui qui est assis dans une boulangerie. Il y a trop de personnes Ă  l’intĂ©rieur de la CEI qui ont faim et je le dis haut et fort pour qu’ils m’entendent. Et s’ils m’entendent, ils savent de qui je parle. Eux-mĂȘmes, ils savent. Et ils diront : « Ah, Gbagbo m’a dĂ©noncĂ© mais sans dire mon nom”.

 

Il faut favoriser le leadership des femmes et des jeunes. Sur ce problĂšme des femmes, il y a aussi, les femmes elles-mĂȘmes Ă  qui il faut qu’on parle. Il y a les femmes elle-mĂȘme et puis il y a leurs maris aussi. Il y a des femmes qui font souvent le choix. Elles disent : « Si j’occupe tel poste ou tel poste, je serai souvent absente de mon domicile et Ă©tant souvent absente, mon mari. »  J’ai beaucoup d’amies femmes donc on discute. Et puis il y a des hommes qui sont jaloux de voir leurs femmes occuper certaines hautes fonctions. Quand j’étais Chef d’État, j’avais un certain nombre de femmes ministres, il y a eu des problĂšmes qui ont Ă©clatĂ© dans presque tous les foyers oĂč la femme Ă©tait ministre, sauf un ou deux. Mais ça venait souvent de la jalousie non dite des hommes. Il y en avait un mĂȘme qui est venu me voir. Il dit : « Écoute, tu as nommĂ© ma femme ministre et moi, qu’est-ce-que tu fais de moi ? » Je dis : « FrĂšre, est-ce-que ça c’est palabres ça ? Ce n’est pas digne de toi ». Donc c’est ça qui fait les complications.

 

Je m’engage aussi Ă  transfĂ©rer effectivement la capitale Ă  Yamoussoukro. Pourquoi je dis cela ? Vous savez que Yamoussoukro n’est pas mon village, donc je n’ai pas dit que je vais mettre la capitale Ă  Mama. Il faut lire les rapports. Il y a un changement climatique et depuis les cĂŽtes du NigĂ©ria jusqu’aux cĂŽtes du LibĂ©ria et de la Sierra-Leone, l’eau de mer monte. Allez Ă  Lagos, il y a aujourd’hui des villages lacustres qui sont en face de Lagos. Les gens vont Ă  la maison en pirogue. ArrivĂ©s, ils montent par des petits escaliers en bois jusqu’à dans leurs maisons. Et les rapports disent ça. C’est pourquoi, le Nigeria lui-mĂȘme a transfĂ©rĂ© sa capitale Ă  Abuja. Regardez mĂȘme ici en CĂŽte d’Ivoire, Ă  Grand-Lahou, pour nous les bĂ©tĂ©s de Gagnoa, c’était Lahou notre grande ville maritime. Mais aujourd’hui, Grand-Lahou, il n’y a rien. Toutes les tombes sont envahies par l’eau, la ville de Lahou est envahie par l’eau. C’est consignĂ© dans des rapports mais les gens ne veulent pas lire. Et moi j’avais trouvĂ© les moyens de construire Yamoussoukro sans prendre un seul franc de crĂ©dit. J’ai construit l’assemblĂ©e nationale. Je n’ai pas pris de crĂ©dit. J’ai commencĂ© Ă  construire la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, je n’ai pris aucun franc de crĂ©dit. C’est seulement, l’autoroute que j’ai tirĂ© de Singrobo jusqu’à Yamoussoukro. C’est seulement cette autoroute pour laquelle j’ai pris des crĂ©dits. Mais des crĂ©dits chez les arabes. Qui ne sont pas autorisĂ©s Ă  demander des intĂ©rĂȘts exorbitants sur les prĂȘts qu’ils accordent. On peut demander Ă  quelqu’un, Patrick Achi, c’est lui qui Ă©tait mon Ministre. C’est lui que j’ai envoyĂ© lĂ -bas. Donc on peut faire Yamoussoukro parce qu’il faut Ă©chapper Ă  la montĂ©e des eaux. Le BrĂ©sil nous a dĂ©jĂ  devancĂ©. Ils ont quittĂ© Rio pour aller Ă  Brasilia. Le Nigeria aussi. Ils ont quittĂ© Lagos pour Abuja. Nous, on attend quoi ? On attend que l’eau vienne dans les maisons des gens. Il faut lire les rapports. Dans le Parti, j’ai confiĂ© les problĂšmes d’environnement au Ministre Pierre Lokrou Vincent qui est un homme trĂšs compĂ©tent. Il va nous sortir ça. Il y a des choses pour lesquelles il faut aller Ă  Yamoussoukro que je ne dirai pas maintenant parce que le moment n’est pas encore venu. Il y a des moments pour dire certaines choses. VoilĂ  !

 

Je m’engage Ă  faire acheter les produits agricoles au juste prix et Ă  promouvoir l’industrialisation. Vous voyez, est-ce-que ce n’est pas une misĂšre qu’au Cameroun, on achĂšte le Cacao Ă  5000F le kilo, au Ghana Ă  3000F le kilo et en CĂŽte d’Ivoire, Ă  1500F le kilo. Le cacao hein ! Nous sommes le premier producteur mondial. C’est pourquoi je dis qu’on cherche quelqu’un pour gouverner la CĂŽte d’Ivoire. On ne cherche pas quelqu’un qui a travaillĂ© dans une banque. Parce que la vision Ă©lĂ©mentaire, c’est que si tu achĂštes le cacao des paysans Ă  5000F le kilo en CĂŽte d’Ivoire ici, tu as de l’argent qui circule dans les mains des gens et ils vont aller au marchĂ© pour acheter des choses. Et toi, tu auras les moyens de faire les taxes sur ces produits pour rĂ©cupĂ©rer l’argent. Mais, ils veulent tout garder en mĂȘme temps. En cherchant Ă  garder de l’argent, on le perd. Si les gens disent encore que nous avons quelqu’un qui a travaillĂ© dans les banques, dites-leur on ne cherche pas un banquier. On cherche un homme politique pour diriger la CĂŽte d’Ivoire. Dites-leur ça. Ils vont cesser de vous embĂȘter.

 

Katinan a parlĂ© de lutte contre la corruption. Ça, moi j’ai dĂ©jĂ  fait ça. Un jour, j’étais lĂ  avec quelques-uns de mes ministres devant la PrĂ©sidence de la RĂ©publique et il y a YodĂ© et Siro qui sont venus me saluer. Je dis : « Mais vous deux-lĂ , chantez votre chant. Vous avez un chant, chantez-le”. Ah, ils Ă©taient gĂȘnĂ©s. Ils disent : « PrĂ©sident, quel chant ? » Je dis : « Mais vous ne connaissez pas votre chant ? Vous dites que si tu nommes quelqu’un qui vole, c’est que toi-mĂȘme tu es voleur ». YodĂ© se grattait la tĂȘte et il dit : « Oui PrĂ©sident, on a chantĂ© ça ». J’ai dit aux ministres : « C’est de vous qu’ils parlent. Et Ă  cause de vous, ils parlent de moi aussi. Ils disent que si je nomme quelqu’un qui est voleur, c’est que moi-mĂȘme je suis voleur. Ce n’est pas ça ? ». On a arrĂȘtĂ© les gens qu’il fallait arrĂȘter, mĂȘme nos amis. Parce qu’on a Ă©tĂ© convaincus qu’ils ont volĂ©. Mais Ă  part mon gouvernement depuis l’indĂ©pendance, quel Chef d’État en CĂŽte d’Ivoire, on a vu arrĂȘter ses proches voleurs ? Qui ? Qui ? Les Ă©lections qui arrivent, voter pour quelqu’un qui met sa parole en corrĂ©lation avec ses actions. C’est tout.

 

Je vois des journalistes ici. RĂ©tablir la libertĂ© de la presse et assurer la viabilitĂ© des mĂ©dias. Qu’est-ce-que je vais dire sur ça ? Rien ! Assurer la libertĂ© de la presse. Moi j’étais prĂ©sident, je nommais des gens qui Ă©taient PDCI dans la presse. Mais qu’est-ce qu’il va me dire qui va me faire mal ? Rien. Si je vois qu’il est compĂ©tent, je le nomme. Maintenant s’il me montre qu’il n’est pas compĂ©tent, je l’enlĂšve. Donc chers amis, voilĂ  ce que je voulais vous dire.

 

C’est pourquoi, depuis 2000, je vous dis, donnez-moi le Pouvoir pour que je vous le rende. Donnez-moi le Pouvoir pour que je vous le rende. Les retombĂ©es du Pouvoir, ce n’est pas moi que ça regarde, c’est vous que ça intĂ©resse. Je ne vais pas dire d’autres choses mais donnez-moi le Pouvoir en 2025 et je vous le rendrai ! Il faut que notre pays soit Ă  la pointe d’une diplomatie qui rende l’Afrique effectivement indĂ©pendante. Nous avons des problĂšmes comme l’est du Congo. C’est la galĂšre lĂ -bas. Il y a des morts tous les jours. Nous avons des problĂšmes comme le Sahara occidental qui est un problĂšme infini entre l’AlgĂ©rie et le Maroc. Nous avons des problĂšmes comme l’AES, le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont créé l’AES. Ils vont bientĂŽt crĂ©er leur monnaie. Alors nous avons tout ça, et l’Afrique ne fait rien. Il nous faut une diplomatie qui bouscule l’Union africaine, toutes les organisations africaines, pour que sur ce terrain-lĂ , l’Afrique s’en sorte au lieu de se battre tous les jours. Je m’engage Ă  le faire.

 

Donnez-moi le Pouvoir et je vous le rendrai, parce que quand on est Ă  cet Ăąge-ci, Assoa Adou, vous l’a dit, on n’a passĂ© toute notre vie Ă  lutter. Quand on arrive Ă  cet Ăąge-ci, c’est pour conclure. Ce n’est pas pour chercher un salaire. Nous avons dĂ©passĂ© le stade des salaires importants. J’ai dĂ©passĂ© ça. On vit bien. On a de quoi vivre. Il faut avoir un idĂ©al. Il faut avoir un idĂ©al pour lequel on se bat. Il faut avoir un idĂ©al pour lequel on continue de se battre. Je vous le dis, les amis, si vous me donnez le Pouvoir, c’est vous qui l’aurez. Que Dieu bĂ©nisse la CĂŽte d’Ivoire !

 

đ—Šđ—˜đ—„đ—©đ—œđ—–đ—˜ 𝗖𝗱𝗠𝗠𝗹𝗡𝗜𝗖𝗔𝗧𝗜𝗱𝗡 𝗣𝗣𝗔-𝗖𝗜

 

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