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Santé en Afrique : Le digital, une opportunité

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Un contexte social-sanitaire challengeant

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Selon l’OMS, avec 0,19 médecin pour 1 000 habitants, l’Afrique subsaharienne est la région où il est le plus difficile de consulter et se faire soigner.

Et au-delà même de la consultation et des interventions, il y a le préalable de la prévention contre les maladies sexuellement transmissibles, les maladies cardio-vasculaires, les cancers, et les épidémies. Ceci exige de vastes campagnes de sensibilisation, et donc une véritable décentralisation des infrastructures et les ressources médicales afin de toucher toutes les populations qui ne peuvent pas toujours se déplacer vers les hôpitaux.

La vulgarisation des smartphones et la pénétration internet progressive

Dans le même temps, L’association Groupe Sociale Mobile estime que d’ici 2025, il y a aura au moins 634 millions d’utilisateurs de mobile en Afrique subsaharienne. Les sociétés de téléphonie mobile rivalisent en offre de couverture internet et de réduction du coût de la data. La population d’internautes accroît, de sorte que de plus en plus les développeurs réfléchissent à des solutions digitales dans divers domaines. La santé n’échappe pas à la vague.

En effet il y a une réelle opportunité de réduire le gap entre la demande des populations et la réponse des professionnels de la santé. Cette option doit être endossée par les décideurs pour connaître du succès.

La digitalisation du système de santé

La Fondation Speak Up Africa a justement lancé le réseau e-santé, réseau régional de santé digitale en Afrique de l’Ouest pour booster la dynamique.

Ce réseau a pour objectif de réunir les acteurs de la santé et du digital en vue d’arriver à une digitalisation des services sanitaires. Le panel qui marquait ce lancement a permis de souligner l’importance de la digitalisation des services de santé essentiels et amener les gouvernements à prioriser une meilleure gouvernance des données.

Etaient impliqués à cet effet, le Ministère du Numérique et de la digitalisation au Bénin, ceux de la santé au Mali et au Sénégal.

La Côte d’Ivoire n’est pas en reste concernant la question et ambitionne d’aller vers une digitalisation de son système de santé.

Les actions publiques pour la digitalisation

En effet, l’Etat de Côte d’Ivoire à travers le Ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, a engagé un processus de digitalisation du système de santé. Avec son Programme national de santé 2018-2022, il a inscrit la santé digitale au cœur de ses priorités avec des programmes de formation continue visant à conférer aux professionnels de la santé, des compétences sur la maîtrise des outils digitaux et technologies.

Également, le Ministère a mis à disposition des populations l’application mobile MaSanté, qui facilite le suivi de la procédure de vaccination, du prélèvement au résultat. Aussi l’INHP collabore avec les sociétés de téléphonie mobile afin de diffuser des messages de sensibilisations.

A côté des initiatives gouvernementales, des privés proposent des solutions digitales en vue de contribuer à pallier les lacunes sanitaires.

Les initiatives privées pour la digitalisation

C’est le cas par exemple de l’application mobile Stop au Chat Noir et du Pass Santé Mousso.

Le Pass Santé Mousso se présente comme un bijou connecté en bracelet ou en médaillon. Il est associé à une plateforme en ligne qui permet à son propriétaire d’emporter ses données personnelles et médicales partout avec lui, afin de les mettre éventuellement à disposition du personnel de santé en cas d’urgence.

Le dispositif du pass propose une sensibilisation et des informations relatives au COVID-19, un dépistage qui facilite la prise en charge des personnes infectées. Il fournit des mises à jour et des alertes fiables aux autorités de santé publique. On retrouve également sur la plateforme le profil Médical (Groupe Sanguin, Personnes à contacter, Allergies, Vaccins etc.) de l’utilisateur, des données et statistiques utiles pour les professionnels de la santé, et un système de télémédecine.

Stop au Chat Noire vient également apporter un support au plateau médical. L’application mobile est animée par des bénévoles formés à la première assistance aux victimes de violence sexuelle.

« On est comme un pont, un lien entre les survivants et des professionnels du droit et de la santé. », déclare Bénédicte Joan, présidente de l’ONG Stop Au Chat Noir

Stop au Chat Noir est une solution digitale pour leur faciliter la tâche en préparant la victime, et en la redirigeant vers les interlocuteurs appropriés. La question des violences sexuelles étant délicate, les victimes ont du mal à se confier et dénoncer. Avec l’application, elles peuvent se sentir plus confortables, et éviter le premier déplacement physique qui n’est pas évident.

Pour ces deux exemples, les problématiques sont les mêmes : Une vulgarisation de l’outil auprès des internautes, et la disponibilité des ressources humaines pour assurer l’entretien et l’animation régulière des plateformes.

La digitalisation, une solution réaliste ?

Il y a cependant des défis qui emportent la digitalisation.

Avec une population à moitié analphabète, l’utilisation du digital peut être limitée. Comment arriver à faire adopter de nouveaux outils, et faciliter leur utilisation efficace ?

Il est nécessaire de proposer des plateformes inclusives qui proposent une communication accessible, à la fois illustrée et vocale par exemple.

Aussi la pénétration internet, bien qu’elle évolue, touche très peu les zones rurales qui sont pourtant les moins équipées en infrastructures médicales.

Lors du webinaire organisé le 23 mai 2022 par Speak Up Africa, il est ressorti comme obstacle, le manque de coordination entre les acteurs concernés par la digitalisation de la santé, l’urgence d’accélérer la structuration du secteur numérique en Afrique de l’Ouest avec des projets pilote qui n’aboutissent pas, les rares appropriations des solutions par les institutions publiques, la dépendance aux financements internationaux, le besoin de transférabilité d’une solution d’un ordinateur au mobile car les populations utilisatrices d’ordinateurs est moins élevée, et enfin la sécurité des données.

Rd

 

 

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