Mme Bouaké Sandrine épouse Fofana est une dame de grande ouverture. Elle œuvre dans l’événementiel, la décoration et l’horticulture. De père Bété de Soubré (Le village de Yabayo) et de mère martiniquaise (Les Antilles), Sandrine se sent très heureuse de bénéficier de cette pluralité culturelle qu’elle conçoit comme une richesse inestimable. Les Sentinelle d’Abidjan a rencontré cette battante à son restaurant La Capsule 972 à Cocody Saint Jean (Abidjan) pour ses lecteurs. Interview !
Et si on vous demandait de vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Mme Bouaké Sandrine épouse Fofana. J’ai une structure événementielle à mon actif. Je fais de la décoration mais je suis une passionnée des plantes et des fleurs. Je tiens cette richesse de mes origines antillaises. En plus de tout cela, j’ai un restaurant afro- antillais et européen où on fait de la cuisine du monde. C’est La Capsule 972 situé à Cocody Saint Jean. Cet antre de la bouffe est presque la célébration de l’art culinaire du monde.
Quelle est la particularité de la cuisine Chez La Capsule 972
Sa particularité ? C’est un restaurant où on fait la cuisine afro -antillaise, européenne, asiatique … .Je veux dire la cuisine du monde. On ne se limite pas à la cuisine de la Martinique et de la Guadeloupe. Mais il y a la cuisine de la Réunion. Mon Chef, un Marocain, y a séjourné. En outre, ma belle-sœur est comorienne, elle nous fait aussi les bons plats de ce pays.
Comment est partie l’histoire de La Capsule 972?
En effet, je voulais un nom très français. Heureusement que ce nom se rapproche un peu de la boisson et même du restaurant. En plus, La Capsule 972, c’est l’indicatif de la Martinique. Par ailleurs, ce projet est inhérent au restaurant de mon oncle, L’espace Créole. Où, on venait passer de bons moments de partage et de convivialité. C’est ainsi que j’ai rêvé d’avoir un jour, un restaurant, comme quand on venait chez lui pour manger.
Quelle définition donnez-vous à « ces bons moments » ?
Mais c’était des rencontres de partages, de convivialité autour d’un repas. Où des journées de joies et gaietés coulent mais vous réservent de belles surprises et découvertes. Tout ça, c’est un immense plaisir. Il y avait aussi cette ambiance autour d’un repas et le plaisir de savourer le bon rhum de chez nous. En clair, j’ai fait ce restaurant pour faire vivre la culture de ma mère qui n’est plus de ce monde. Pour rester attachée aux racines de mes origines. Par ailleurs, il s’agit d’enseigner cette culture à mes enfants.
Lorsque vous mettez les deux cultures culinaires (Antillaise et ivoirienne) ensemble quel rapprochement faites-vous ?
Pour moi, ces deux cuisines se rapprochent. Mais c’est seulement les assaisonnements qui changent. Ici, on mange épicé tout comme aux Antilles.
Comment jugez-vous votre présence ici ?
Le restaurant La Capsule972 a ouvert ses portes en plein Covid 19. Nous avons connu des difficultés comme partout d’ailleurs. Mais comme nous avons une terrasse, les clients préfèrent rester à cet espace. En termes de bilan, on peut donc dire que les signaux sont bons pour le moment. Mais nous continuons le travail pour mieux satisfaire nos clients.
Quelle sorte de clients sollicite votre cuisine ?
Mes clients, ici, viennent de divers horizons. Il y a des Africains, des Européens, des Asiatiques… En fait, tout le monde vient ici. Vous savez, il y a quelque chose qui m’a marquée un jour. Il s’agit d’un Espagnol qui est venu, ici, et m’a dit ceci « Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que vous me faites. Vous me ramenez 30 ans en arrière. Ma plus belle histoire d’amour, je l’ai vécue avec une Guadeloupéenne dans ce pays. Lorsque j’ai vu 972, ça m’a ramené 30 ans en arrière. Mais en plus d’avoir goûté le ti-rhum, franchement c’est un plaisir immense ». Finalement ce monsieur est devenu l’un de mes meilleurs clients. Pour dire ici, on est très ouvert et à l’écoute des clients. De passage, les clients viennent ici et selon leurs envies, on leur fait des plats adaptés. Lorsqu’ils s’en vont, après ils reviennent avec d’autres personnes qui s’habituent au restaurant.
Au-delà de la restauration, Sandrine est très créatrice …
Tout à fait, nous sommes dans l’évènementiel et touchons un peu à tout. C’est dans ce sens qu’au mois de décembre 2021, j’ai institué La Fête des Voisins. Parce que j’ai grandi dans ce quartier (Cocody Saint jean). J’y suis depuis 1975. Cela dit, tous les parents me connaissent. Ils m’ont vu grandir. De ce fait, je me suis dit, pourquoi ne pas faire La Fête des Voisins ? C’est ainsi que j’ai invité papa et maman. Cette fête a eu lieu le premier samedi du mois de décembre 2021. Le plus jeune papa avait 65 ans et le plus âgé du groupe c’est une maman de 92ans. On a dressé une table. Ils ont bien mangé. On les a mis en honneur. Les papas et mamans ont bien aimé. En plus, je me suis rapproché de Georges Ravoteur (Président de la coopération Ivoiro -antillaise) par rapport à son carnaval ivoiro antillais. Puis que j’ai une esplanade, ici, qui pourrait servir pour, le mercredi des cendres. Nous devons travailler ensemble pour voir ce qu’on peut faire avec le restaurant. Pour dire, il y a plein de projets.
En plus quels sont les projets sur lesquels vous avez travaillé ?
En outre, J’ai fait avec la fédération des enfants de Cocody, un barbecue géant. Cette fête avec les enfants a enregistré 150 personnes. Des gens sont venus de partout. Cette rencontre a été un moment de retrouvailles, des gens de 50 à 60 ans qui ne s’étaient pas vus depuis 15 à 20 ans se sont retrouvés.
Février est un mois d’évènements socio-culturel. Qu’est-ce que votre structure prévoit ?
Pour le mois de février, on a prévu de faire de petits stands avec les artisans afin de proposer leurs produits. En même temps c’est une occasion pour les exposants de faire connaissance avec notre restaurant. En plus nous prévoyons faire du restaurant La Capsule 972 d’une galerie d’arts cette année 2022. C’est un projet auquel nous tenons assez. Je suis très culturelle.
Pourquoi voulez-vous faire un restaurant galerie d’art ?
Parce que j’aime tout ce qui est culturel. Quand vous rentrez dans mon restaurant, tous les murs sont nus . Tout simplement parce que je veux transformer ce restaurant en galerie d’art. C’est-à-dire exposer un peu tout ce que les artisans font. De telle sorte que les clients qui viennent du marché de Cocody passent ici pour découvrir autres choses. Je suis en train de travailler avec des artisans, une fois nous sommes prêts, ils exposeront ici tous les trois mois. Pour ce faire, j’ai approché certains artisans dont ceux de la carénas.
Vous faites aussi des fleurs, que pouvez nous dire à ce niveau ?
C’est moi qui fais toutes les fleurs au niveau de l’amicale des Antillais. Vous pouvez vous renseigner auprès des « tontons » et « tatas » au sein de cette amicale. Je suis une amoureuse des fleurs. Moi, je prends tout dans la nature. Je fabrique tout avec la nature. J’ai hérité tout ça de ma mère.
Comment arrivez-vous à gérer tout en même temps ? C’est une question d’organisation. Je délègue beaucoup. Puis je travaille avec des professionnels très expérimentés qui me facilitent la tâche. Vous parlerez du temps mais après, quand on est bien organisé on s’en sort. Dans tous les cas, le restaurant est déjà fait. J’ai le chef Mohamed, « le meilleur » sur la place. Cette équipe me convient tellement qu’elle est restée inchangée depuis 2007. En plus je m’appuie sur mes cameras et mon téléphone (Je travaille beaucoup par WhatsApp) pour travailler avec tout le monde. En clair j’ai le temps.
Interview réalisée par Renaud D