GEPCI : quelle démission !

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L’écosystème médiatique ivoirien végète. La situation est plus critique au niveau de la presse imprimée. Les états généraux de la presse se suivent sans parvenir à endiguer le marasme économique des entreprises de presse.  Au nombre des critiques qu’on entend ça et là, il y a le modèle économique qui est celui des managers desdites entreprises. Pour les tenants de cette thèse, une entreprise de presse est identique à n’importe quelle entreprise. On devait trouver à sa tête des personnes outillées en gestion d’entreprise. Pour eux la plupart des entreprises de presse ont à leur tête des journalistes qui ne sont pas toujours formés en gestion. D’où la gestion approximative qu’on voit. Certes, ce fait explique en partie les difficultés que connaissent les entreprises de presse. Ce serait faire preuve de mauvaise foi doublée d’une cécité intellectuelle que de réduire les problèmes de la presse en Côte d’ivoire à une question de managers. Quid du contenu de la presse ? il faut le dire tout net, les Ivoiriens consomment les œuvres de la presse mais ils reprochent aux journalistes ivoiriens d’occulter trop souvent leur quotidien et de ne privilégier que la politique politicienne. C’est donc clair que si les animateurs de la presse traitent des sujets qui ont un lien avec le quotidien des Ivoiriens ils mettront fin à leur désaffection pour les journaux. Autre plaie de la presse en Côte d’Ivoire, c’est la distribution des journaux.   Comment comprendre qu’Edipresse qui a la charge de cette distribution n’échangent quasiment jamais avec les éditeurs pour trouver le meilleur moyen pour faire parvenir les produits de presse aux consommateurs. Hélas la distribution des journaux ne fait pas de manière efficiente. Tenez, un revendeur avec qui nous avons échangé dans une rue du Plateau nous confiait qu’il a signalé à Edipresse que des revendeurs qui venaient se procurer chez lui ont cessé de le faire compte de faible rétribution versée par Edipresse, donc de réduire sa dotation. En vain. C’est la mort dans l’âme qu’il empile les centaines de journaux qu’Edipresse vient chercher après coup pour grossir le nombre d’invendus. N’est-il pas responsable de réorienter le surplus sur d’autres lieux ? Que non. Edipresse se contente de déposer chaque matin les centaines de journaux que la société sait pertinemment que ce revendeur n’arrivera pas à couler. Le comportement d’Edipresse est d’autant plus révoltant que cette société étatique qui, de surcroit, a le monopole de la distribution des journaux en Côte d’Ivoire. Le silence du groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (GEPCI) l’est davantage. Voilà un groupement censé défendre les intérêts des entreprises de presse, mais qui ne pipe mot, lorsqu’Edipresse décide unilatéralement de de réduire les journaux que cette société achemine sur le terrain.  Faisons simple. Vous tirez 10000 exemplaires à l’imprimerie.  Vous payez à l’imprimeur le montant des 10000 exemplaires. Lorsque vous arrivez à Edipresse, seule infime partie, souvent 2000, est récupérée par Edipresse pour la distribution. Les 8000 restants sont de facto des invendus sans même avoir été exposés à la vente. Edipresse explique ce « génocide » contre les journaux par le fait que les qu’elle a du mal à ramener sur Abidjan les journaux non vendus qu’elle envoie à l’intérieur du pays car elle ne dispose pas assez de moyens de locomotion. Est-ce la faute à l’éditeur si Edipresse est en faillite. Pis. Lorsqu’elle vend les journaux, la quote-part des éditeurs est versée au lance-pierre.  Un chèque de réseau  par-ci, un autre chèque de la criée par-là. Voilà une entreprise qui continue de prendre 33% (pour cent) des recettes des entreprises de presse, là où elle dit qu’elle ne peut plus distribuer la totalité des impressions, encaisse l’argent des ventes prend sa part et paie en fonction de ses humeurs, la part des éditeurs qui hélas sont obligés d’user de gymnastiques pour imprimer les journaux. Ce qui est écœurant, c’est que le GEPCI,  porte-parole des éditeurs ne dit mot. Pourquoi ? on n’en sait pas trop. Pour avoir un début de réponse il faut remonter aux élections au niveau de ce groupement. Le pouvoir RHDP qui connait la puissance de la presse se démène comme un beau diable pour placer à la tête de ces structures des hommes de paille qui lui sont proches.  La dernière élection est symptomatique de ce drame que vit le groupement. De l’avis des participants, l’ancien ministre feu Hamed Bakayoko aurait pesé de tout son poids pour que le groupement n’échoit pas à Ousmane Sy Savané, caricaturé comme le candidat de Gbagbo. Comment dans ces conditions le gouvernement peut-il prendre au sérieux les responsables de ce secteur vital dont le groupement infantilise tous les éditeurs. A ce rythme, les fonctionnaires qui ont à leur tête des hommes sérieux ne peuvent qu’obtenir du gouvernement des avancées dans leurs conditions de travail. Mais la presse qui se flatte d’un rang de 4e pouvoir ne peut qu’être le dernier de la classe sociale et végéter dans une misère qui menace l’exercice de ce métier.  La faute incombe aussi au groupement des éditeurs de Côte d’ivoire qui, par son silence aux allures de complicité, « tue » les entreprises de presse.

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