EDITO : Absence des médias proches de l’opposition dans les kiosques : j’accuse !

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Depuis un moment, il est rare de voir dans les kiosques à journaux, les journaux proches de l’opposition.  Une situation qui laisse libre court à des supputations.  Interpellés ça et là d’aucuns voudraient savoir si cette situation relève d’une décision politique, nous avons refuté, avec force, cette allégation. En effet, comme toute entreprise, une entreprise de presse est une initiative privée. Comme telle, elle doit satisfaire à un projet viable. Il faut aussi des ressources humaines compétentes pour une animation adéquate en vue de faire des profits. Mais que constatons-nous ?  Les projets de création de journaux ne sont pas toujours murement réfléchis en prenant en compte les financements nécessaires.  Il est parfois erroné d’affirmer que les Ivoiriens ne lisent pas les journaux, faute de produits à leur goût. Certes, le traitement de l’information comme l’a dit l’autre est un élément capital de l’équilibre social, nul ne devrait y jouer un rôle s’il n’a pas conscience de sa responsabilité. Mais lorsque le produit est mis à la disposition d’Edipresse, une société aux capitaux détenus majoritairement par l’Etat, n’est pas distribué comme il se doit, est-ce la faute des journalistes ? tenez, la presse est distribuée à Bingerville, faubourg d’Abidjan, vers 14 h.  Les journaux empilés dans les kiosques à journaux de la commune du Plateau pourront-ils avoir des acheteurs quand on sait que dans les autres recoins d’Abidjan, le produit est demandé. Pis, le tirage quotidien est distribué à la carte. Sous prétexte d’avoir des difficultés pour rapatrier les journaux invendus sur Abidjan, Edipresse non seulement accepte de distribuer une infime partie des journaux mis à sa diposition, mais surtout empile les exemplaires dans le district d’Abidjan. Le comble c’est qu’une fois les journaux vendus, Edipresse retire son dû et garde par devers elle, ce qui revient aux auditeurs. Aujourd’hui, les impayés s’étalent sur 7 mois sans que cela n’émeuve personne. Or, c’est avec les ventes que la presse de l’opposition compte continuer l’aventure. Car, contrairement aux autres, elle n’est pas adossée à de gros financiers ou à de gros bonnets de la république. Dans cette grisaille, l’appui étatique à l’impression pouvait être une bouée de sauvetage. Car dans la quasi- totalité des démocraties, l’appui à la presse est systématique. Chez nous, les dirigeants reprochent aux éditeurs d’avoir orienté les appuis antérieurs ailleurs que ce pourquoi l’argent a été mis à leur disposition. Soit. Mais n’est-il pas plus juste de chercher d’autres voies plus sûres de mieux utiliser l’appui que de l’annuler. Par exemple un guichet unique pouvait se charger de payer directement les charges des entreprises de presse.  Vu le rôle des médias dans une société, surtout les médias d’opposition qui éclairent généralement les zones d’ombre de la gouvernance, toute chose qui aide le pouvoir à rectifier le tir ou à apporter les corrections nécessaires.

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Au demeurant, l’absence des journaux de l’opposition dans les kiosques s’explique par la faillite d’Edipresse, l’absence des projets viables, l’absence d’appui de l’Etat à la presse. Subsidiairement, on peut trouver des raisons liées à la qualité du produit mis sur le marché.  La pluralité de la presse étant gage de la bonne santé de la démocratie, les autorités ivoiriennes doivent vite corriger cette absence par des mesures incitatives.

 Tché Bi Tché

tbt552@yahoo.fr 

 

 

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