Drépanocytose : Se dépister pour un mariage sain

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Il n’y a pas de traitement sûr pour guérir la Drépanocytose. La personne infectée endure sa souffrance à vie. Pour remédier au mal, deux options majeures s’offrent aux décideurs. S’attaquer à la source de la maladie et continuer la sensibilisation. Voici en substance le message de l’Organisation non gouvernementale, Ong Lanaya Universel, lors de la 10e
commémoration de la Journée mondiale de sensibilisation à la Drépanocytose. Cérémonie qui a eu pour cadre la Médiathèque de la Mairie de Treichville, le vendredi, 22 juin 2018. Pour Pr Danho Bassimbié Jeannette, experte en la matière, parlant de la prévention, il faut une législation forte tant nationale qu’au niveau de l’Union Africaine qui oblige les futurs candidats au mariage de se faire dépister d’abord. Au vu donc du nombre croissant de sujets malades, Pr Danho B. Jeannette déconseille vivement les drépanocytaires de se mettre en couple. Car, selon la femme médecin, « tous les enfants issus d’une telle union seront également malades drépanocytaires ». Les conséquences ne sont pas enviables. En témoigne le jeune Sylla, âgé de 9 ans, brillant élève comme l’affirme la modératrice de la cérémonie. Cependant, il a mal. « J’aime le sport mais je ne peux le pratiquer », lâche-t-il avec regret. Il lui faut couvrir la poitrine,  éviter les efforts physiques intenses, les séjours en altitude, éviter de manger trop gras et lourd. Maintenir une hygiène corporelle… Autant de contraintes à suivre au risque de piquer une crise, préconisent les professionnels de la santé. A sa suite, sa mère, Madame Sylla, évoque les dépenses liées au traitement de son fils. Tel médicament, telles courses, des rencontres avec le spécialiste…, « c’est énorme et difficile ». Alors, plaide-t-elle pour une aide aux médecins  traitants et à la construction de centres de proximité adaptés.  La pandémie est inquiétante.  Assurément, comme le jeune Sylla, trois à trois millions cinq cents mille de la population ivoirienne sont porteuses de gènes de Drépanocytose. Soit une prévalence de 12% à 14% en  général, confère une étude de Cabannes et Al. Chez les tout-petits en particulier, « un enfant sur cinq est porteur d’une anomalie de l’hémoglobine », révèle une autre étude du Pr Bassimbié et Al. La Vice-présidente de l’Ong Lanaya Universel, M’Boundzi Marie, a insisté sur la sensibilisation pour amener la population à se faire dépister. Un cri de cœur bien entendu. En effet, Ali Tierno, Directeur du Service socio-culturel de la Mairie de Treichville, en a pris acte. Il promet une campagne de dépistage gratuit de la Drépanocytose pour la population treichvilloise avant la fin de l’année 2018. La cérémonie a pris fin sur une note de gaieté avec la séance de remise de cadeaux aux personnes et familles concernées. L’occasion était toute indiquée pour les organisateurs de la célébration de la Journée mondiale de la sensibilisation à la Drépanocytose de rendre un vibrant hommage au Pr TEA, haut cadre de la Médecine, qui a consacré disent-ils une grande partie de son travail à traiter les malades drépanocytaires. Un tableau peint par les enfants a été remis à la veuve du praticien. Pour mémoire, la commémoration de la Journée mondiale de la sensibilisation à la Drépanocytose a été décrétée par les Nations Unies le 18 décembre 2008.

Kpess Kasa kibaru

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