La décision du président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), en date du 6 octobre 2026, portant nomination de dix conseillers spéciaux, ne manque pas de susciter des interrogations. Au-delà des personnalités choisies, c’est surtout la pertinence de leur nombre et la définition de leurs missions qui interpellent.
Dix conseillers spéciaux pour une fédération sportive, est-ce réellement nécessaire ? La question mérite d’être posée, non pas pour contester le droit du président de la FIF à s’entourer de collaborateurs, mais au regard des exigences de bonne gouvernance et d’efficacité dans la gestion d’une institution qui dispose de ressources importantes.
À la lecture de la décision rendue publique, les attributions spécifiques de chacun de ces conseillers ne semblent pas clairement précisées.
Dès lors, une interrogation s’impose, que feront concrètement ces dix conseillers spéciaux au quotidien ? Quels dossiers feront-ils chargés de suivre ?
Quels objectifs leur seront assignés ? Et surtout, quelle sera leur contribution directe au développement du football ivoirien ?
Autre sujet d’interrogation, le profil des personnalités nommées. Plusieurs sont de hauts cadres et des personnalités reconnues dans leurs domaines respectifs. Mais quel rapport leur expertise entretient-elle avec les besoins actuels du football ivoirien ?
La FIF a-t-elle privilégié l’expertise sportive, la compétence managériale, les relations institutionnelles ou d’autres critères ?
Ces questions sont d’autant plus légitimes que la Fédération ivoirienne de football fait face à de nombreux défis. Développement du football à la base, accompagnement des clubs, amélioration des infrastructures, formation des jeunes, professionnalisation des compétitions, mobilisation des supporters et reconquête du public dans les stades,les chantiers ne manquent pas.
Dans ce contexte, chaque dépense devrait pouvoir être justifiée par son utilité et son impact sur le développement du football national.
La FIF a-t-elle réellement besoin de dix conseillers spéciaux ou aurait-elle pu privilégier une équipe plus restreinte, composée d’experts directement liés aux principaux défis du football ivoirien ?
Certains pourraient voir dans cette multiplication des postes une forme de récompense ou de reconnaissance envers des personnalités ayant accompagné ou soutenu la gouvernance actuelle de la FIF.
Mais une telle lecture ne saurait être retenue comme un fait sans éléments permettant de l’établir.
C’est précisément pourquoi la Fédération gagnerait à expliquer publiquement les critères de sélection et les missions confiées à chacun.
L’enjeu dépasse donc les seules nominations.
Il touche à la gouvernance d’une Institution qui doit rendre des comptes à ses clubs, à ses licenciés, aux acteurs du football et, plus largement, aux passionnés ivoiriens.
Le football ivoirien mérite une administration efficace, capable de transformer ses ressources en résultats concrets.
Si les dix conseillers spéciaux doivent contribuer à cet objectif, leurs missions et leurs résultats devraient pouvoir être clairement identifiés.
À défaut, une question continuera de planer, dix conseillers spéciaux pour renforcer le football ivoirien ou dix postes dont l’utilité reste encore à démontrer ?
Le débat est ouvert.
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
