En 2019, l’Etat a interdit la délivrance d’agréments aux régies pour exercer le métier d’afficheur en Côte d’Ivoire. Cette décision a été prise dans la droite ligne de faire régner l’ordre et la discipline dans le secteur de l’affichage sur tout le territoire national. Mais aussi d’extraire du milieu des brebis galeuses afin de l’assainir.
Assainir le milieu de l’affichage publicitaire
En effet pour mettre un terme au désordre qui règne dans le secteur de l’affichage publicitaire, le ministère de la communication et des médias à travers le Conseil Supérieur de la Publicité(CSP) a entamé un processus d’assainissement à travers une opération de démantèlement systémique des dispositifs irréguliers conformément à la réglementation en vigueur. Le ministère de la Communication et des Médias, conscient de l’ampleur de la dégradation du secteur, ambitionne une réorganisation de ce milieu. Un communiqué publié le mardi 3 août 2021 dans les médias révèle que toute nouvelle pose de panneaux, identifiée comme telle, en dehors de celle faite dans les espaces concédés, « sera démantelée sans préavis par la brigade de la communication publicitaire, au frais du contrevenant et cela, sans préjudice des sanctions disciplinaires qui pourraient en résulter ». « Ces manquements contreviennent au processus d’assainissement de l’affichage publicitaire engagé, d’accords parties en 2019 dans l’intérêt général de tous les professionnels du secteur et en cours dans le district autonome d’Abidjan », indique la note.
Toutefois cette mesure même si elle a été acclamée par tous les acteurs du milieu connait des difficultés d’application sur le terrain .Ce qui amène certains responsables de régies à crier à l’injustice. Que se passe-t-il dans le secteur de l’affichage en Côte d’Ivoire ?
Violation du décret de 2007:
A Marcory, après le supermarché Prima, un panneau est posé en plein carrefour, même sur la route, depuis des lustres sans déranger personne. Dans cette même commune, au niveau du carrefour solibra, il y a un panneau hors norme posé aussi en plein carrefour.
Or voici ce que les textes disent sur cette question « Des panneaux publicitaires peuvent être installés le long des axes routiers en rase campagne et sur les voies d’approches des villes, en dehors du domaine public. Ils ne doivent en aucun cas gêner la circulation routière ou masquer tout panneau, borne ou feu de signalisation. L’espacement entre deux panneaux est au minimum de soixante-quinze mètre en agglomération et cent mètre en rase campagne », stipule l’article 28 du décret numéro 2007- 676 du 28 décembre 2007 portant règlementation de l’affichage publicitaire en Côte d’Ivoire.
A plusieurs points de la capitale économique de la Côte d’Ivoire, la pose de certains panneaux renseigne de nombreuses déviations que le gouvernement devra prendre au sérieux dans sa politique d’assainissement du secteur de la publicité. A la riviera Beverly hills, non loin du parc de Mme Dominique Ouattara, il y a à 10m du rond-point, un panneau en construction alors que les textes demandent d’être à 100m d’un rond-point voir les poses sont interdites à ces lieux (cf le décret)
Les opérateurs du secteur sont étonnés de la façon surprenante dont est conduite cette opération d’assainissement de leur domaine d’activités. En effet ces opérateurs estiment que certains sont favorisés quand d’autres sont lésés dans la délivrance des agréments.
Le deux poids deux mesures.
La modalité de la délivrance des agréments au CSP semble être l’un des problèmes qui entrainent le désordre dans ce secteur. Des responsables de régies rencontrés ont exprimé leur mécontentement au sujet de la délivrance des agréments. « A la surprise générale, au moment où, on parle d’interdiction de délivrance d’agrément en Côte d’Ivoire, certaines régies arrivent à en avoir et même posent des panneaux en toute impunité, c’est le constat fait aux 2 plateaux après chez Paul et à la palmeraie non loin du rond-point de Ado, où sont posés des panneaux appartenant à des régies ne figurant pas sur la liste des agréés de 2020 », confie un opérateur économique sincèrement déçu.
Pour lui, l’implantation de ces panneaux viole l’interdiction de délivrance d’agrément de 2019.
Par ailleurs, » les agréments sont renouvelés après validation de réseau des régies.
« Mais à notre grande surprise depuis le 06 décembre 2021, là où était annoncé le démantèlement des panneaux dits irréguliers sont démantelés les panneaux des régies auxquelles quitus a été donner pour exercer », se désole un afficheur. Assez de zones d’ombre rencontrées lors de notre investigation.
Pour équilibrer l’information Les Sentinelles d’Abidjan est allée tendre son micro au Conseil Supérieur de la Publicité(CSP).
Réaction du CSP
En vue d’une démarche transparente, la sous directrice du Conseil Supérieur de la Publicité (CSP) chargée des affichages a été approché en vue d’éclairer quelques zones d’ombre pour nos lecteurs. Mais celle-ci a exigé une lettre de la rédaction des Sentinelles d’Abidjan adressée à la direction du CSP avant toute réaction. « Nous ne pouvons pas réagir à vos préoccupations tant que nous n’avons pas l’accord de notre hiérarchie. Je vous conseille, cher monsieur, de faire un courrier adressé à la direction du CSP .Dès qu’on a le courrier, nous serons à votre disposition », a-t-elle promis. Ce courrier a été déposé le 18 décembre 2021 et reçu sous numéro 162 au siège du CSP.
Après la réception dudit courrier, la sous directrice chargée de l’affichage a demandé à la rédaction des Sentinelles d’Abidjan un protocole de questions. Cette dernière exigence a été satisfaite le 27 décembre 2021. Au terme de cette étape, la sous directrice a fait savoir aux Sentinelles d’Abidjan qu’à cause de l’ambiance des fêtes de fin d’année, elle reporte la réponse à leurs préoccupations après les festivités.
Le 11 janvier 2022, lorsqu’elle a été jointe par Les Sentinelles d’Abidjan, le ton a changé « Monsieur on va répondre à votre préoccupations, sachez que vous n’êtes pas le seul problème qu’on règle ici ».
Dans l’optique toujours d’équilibrer l’information, Les Sentinelles d’Abidjan a décidé de passer à une autre étape. C’est ainsi que la directrice générale du CSP a été jointe. Celle-ci promet revenir aux Sentinelles d’Abidjan aussitôt que le ministère donnera son accord. Ce qui ne se fera pas jusqu’à ce qu’elle soit jointe par Les Sentinelles le 29 janvier 2022. La directrice générale du CSP indique que le ministère ne veut pas qu’elle réponde à nos préoccupations.
Mais elle demande aux Sentinelles d’Abidjan d’attendre une campagne du CSP qui sera lancée bientôt.
En ce moment, il aura des interviews promet-elle. Mais sur cette campagne, la directrice ne donne aucune précision.
Face à cette attitude qui ressemble à une rétention de l’information, Les Sentinelles d’Abidjan se sent obliger de publier ce dossier sans la réaction du CSP. Espérant que le conseil réagira après. Nos colonnes restent donc ouvertes au cas où il souhaitait réagir
Renaud Djatchi