Dans toute société organisée, l’exercice d’une fonction publique ne constitue pas seulement une position d’autorité.
Il représente avant tout une responsabilité à l’égard de la collectivité. Celui qui reçoit une mission de l’État ou des citoyens doit comprendre que le pouvoir qui lui est confié n’est pas une propriété personnelle, mais un instrument destiné à servir l’intérêt général.
C’est tout le sens de la socialisation. Elle est ce processus d’apprentissage qui permet à l’individu de comprendre les règles de la vie en société, d’intégrer les valeurs collectives et d’acquérir progressivement le sens du devoir.
L’éducation comme fondement de la responsabilité
La famille, l’école, la formation professionnelle et les Institutions jouent toutes un rôle déterminant dans la construction du citoyen.
L’éducation transmet les valeurs.
La formation développe les compétences. La fonction permet de mettre ces compétences au service d’une mission. Mais c’est la responsabilité qui donne à l’ensemble sa véritable portée.
Un responsable public ne peut donc être jugé uniquement à travers le titre qu’il porte ou l’autorité dont il dispose. L’essentiel réside dans la manière dont il exerce cette autorité et dans sa capacité à respecter les règles qui encadrent sa mission.
Le pouvoir ne dispense pas du devoir
L’exercice du pouvoir impose davantage de retenue, de responsabilité et de respect des Institutions.
Lorsqu’une personne est investie d’une fonction publique, ses décisions peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie des citoyens.
Elle doit par conséquent agir dans le cadre de ses compétences, respecter les procédures établies et prendre en considération les intérêts de ceux qu’elle est appelée à servir.
La responsabilité suppose également la capacité d’écouter, de dialoguer et d’accepter la contradiction. Dans une démocratie, la divergence de points de vue ne devrait pas être considérée comme une menace, mais comme une composante normale de la vie institutionnelle.
La responsabilité prime sur la nature de l’homme
L’être humain possède son caractère, ses convictions, ses ambitions et ses sensibilités. Mais lorsqu’il accepte une fonction publique, il doit être capable de mettre les exigences de cette fonction au-dessus de ses considérations personnelles.
C’est pourquoi l’on peut affirmer que la responsabilité prime sur la nature de l’homme.
La fonction impose des obligations qui dépassent la personnalité de celui qui l’occupe.
Un responsable peut avoir ses propres opinions, mais il doit, dans l’exercice de sa mission, respecter les lois, les règlements et les principes qui fondent l’institution qu’il représente.
Des Institutions fortes reposent sur des hommes responsables
La solidité d’un État ne dépend pas uniquement de la qualité de ses textes.
Elle dépend également de la manière dont ceux-ci sont appliqués par ceux qui ont reçu la charge de les faire respecter.
Des Institutions fortes nécessitent donc des responsables capables de faire preuve de discernement, de mesure et de sens du devoir.
Le respect de la hiérarchie institutionnelle, la concertation entre les différents niveaux de responsabilité et le dialogue avec les citoyens constituent autant de mécanismes permettant de préserver la confiance dans les institutions.
Lorsqu’un désaccord apparaît entre deux institutions, la recherche d’une solution dans le cadre légal doit toujours être privilégiée.
Le recours au dialogue et aux mécanismes prévus par la loi permet d’éviter que les divergences ne se transforment en crises institutionnelles.
Servir plutôt que se servir
La fonction publique trouve sa justification dans le service de la collectivité.
Être nommé, élu ou désigné à une responsabilité ne devrait donc jamais être considéré comme l’aboutissement d’une ambition personnelle. C’est plutôt le début d’une obligation envers la société.
Le véritable leadership se mesure ainsi moins à l’autorité exercée qu’à la capacité à assumer les conséquences de ses décisions, à respecter les autres institutions et à placer l’intérêt général au-dessus des intérêts particuliers.
En définitive, une société ne peut progresser durablement sans citoyens responsables et sans dirigeants conscients de la portée de leurs fonctions.
L’éducation prépare l’homme à la vie en société, la formation lui donne les compétences nécessaires, mais la responsabilité lui apprend à mettre son savoir et son pouvoir au service de l’intérêt général.
C’est peut-être là l’une des principales exigences de la vie publique, avoir le pouvoir d’agir, mais surtout avoir la responsabilité de bien agir.
Adou Evariste, Journaliste et Analyste politique.
