9e édition du festival de Conte de Krigambo : Alexis Djisso et Zou Michel abreuvent le public de la sagesse africaine
Désormais considérés comme les vitrines du festival « Ahoko Kouah’in »de conte de Krigambo, village de la sous-préfecture de Kpakouabo dans le département de Bouaflé, Alexis Djisso et Zou Michel ont donné de véritables enseignements de vie aux nombreux festivaliers qui ont effectué les 25, 26 et 27 février 2022, le déplacement dans ledit village. Sur les thématiques telles que la patience, la discipline, la cohésion, la solidarité, le travail bien mérité et bien d’autres.
Pendant plus de 25 ans, Alexis Djisso a animé avec brio l’émission de conte de la télévision ivoirienne (RTI) , Mensonge d’un soir qui l’a révélé aux Ivoiriens voire en Afrique avec son personnage principal « Bokri Zabotio » ou l’araignée . « L’être vivant à la double existence » aime-t-il à le dire souvent car selon lui cet être a la possibilité de vivre chez les humains et les animaux. Utilisant des gestuels qui miment des animaux ou des humains dans des récits dont eux seuls ont le secret du génie créateur, Alexis Djisso et Zou Michel ont tenu en haleine le public. Tout comme le groupe de Djè Yobouet de Krigambo beaucoup acclamé pour leur gestuel et récit plein d’humour. Même si le message du narrateur de ce groupe n’est pas perçu par tout le public à cause de son hétérogénéité de pratiques langagières.
Cette fête de conte qui se passe sur la grande place de Krigambo se déroule autour d’un grand feu de bois où une femme s’attèle à braiser des bananes ou des tubercules (igname ou manioc) qui aussitôt cuits sont distribués aux participants. Pour le commissaire général de ce festival, Koffi Koffi, cette pratique est un enseignement qui met en lumière la solidarité des Africains à travers le partage et l’unité. Mais avant, lors de la cérémonie d’ouverture dudit festival, le commissaire général Koffi Koffi et le sous-préfet Kpakouabo ont été focus dans leur allocution sur l’importance du conte, aujourd’hui, dans la société ivoirienne voire africaine. « Si aujourd’hui, nous pouvons tenir le crachoir en public c’est parce que le conte nous a servi. Voyez-vous c’est un plaidoyer. Quand on était élève, nous avions dans nos livres de lecture ces beaux textes qui étaient pour nous des aiguillons pour vite courir en année supérieur. Parce que nous étions sûrs qu’en passant du Cp2 , nous lirons la légende de Sinimory, arrivé au Ce2 , on va voir le lézard jaune , le pagne noir. Au Cm2 , nous allons nous étonner devant l’attitude du chef poltron (…) », a rappelé le sous-préfet Guillaume N’dri.
Pour le commandant de Kpakouabo , le conte est une source intarissable de savoir à laquelle la jeunesse d’aujourdhui doit s’abreuver. Quant à Koffi Koffi, le plus vieux texte littéraire de l’histoire du monde est l’épopée de Gilgamesh sorti 3500 avant Jésus christ. Pour dire l’imaginaire propre au roman et à la nouvelle le sont à partir du conte. « Vous avez encore des parents en vie qui connaissent le conte, allez les voir pour écouter le conte, enregistrez-le. Dès que vous arrivez à le dire exactement comme vos parents, vous apprenez vos langues … », a soutenu Koffi Koffi . Le président du comité d’organisation Dr Yoboué a remercié Le Point de Lecture, initiateur du festival de Krigambo pour avoir hissé son village à ce niveau. Mais aussi tous les cadres du village notamment le préfet Goly , Ouffoué Blaise , doyen des cadres de Krigambo et Ouffoué Bernard, premier vice-président de la mutuelle de Krigambo.
Renaud Djatchi