Chers amis de la presse,
Je voudrais, au nom du PPA-CI, vous souhaiter la bienvenue ร cette deuxiรจme Edition de la tribune de notre parti. Je voudrais aussi vous remercier pour le traitement attentif que vous avez accordรฉ ร la premiรจre รฉdition ; et vous avez pu constater que les lignes ont bougรฉ dans le bon sens depuis la derniรจre fois. Ce schรฉma cadre parfaitement avec lโidรฉe que nous nous faisons de lโexercice de la politique en dรฉmocratie. Les gouvernants gouvernent, les opposants sโopposent et la presse relaie les informations des deux camps permettant ainsi lโinstauration dโun dรฉbat dรฉmocratique constant qui profite au peuple et lโoriente dans ses choix et ses aspirations politiques.
Le PPA-CI voudrait donc vous remercier de faire votre travail car le prรฉsident de notre parti, son Excellence le prรฉsident Gbagbo, sโest distinguรฉ aussi par son combat en faveur de la libertรฉ de la presse et, surtout, de la dรฉpรฉnalisation du dรฉlit de presse.
La prรฉsente tribune se tient quelques jours seulement aprรจs lโan 1 du retour du Prรฉsident Laurent GBAGBO. En effet le 17 juin dernier marquait le premier anniversaire du retour, en Cรดte dโIvoire, du prรฉsident Laurent Gbagbo aprรจs avoir remportรฉ son procรจs ร la Cour Pรฉnale Internationale.
Vous conviendrez avec nous que ce retour a largement contribuรฉ ร la dรฉcrispation du climat politique dans notre pays. Et pourtant, pendant de nombreuses annรฉes, que ce soit ร la CPI ou en Cรดte dโIvoire, le Bureau du procureur et le pouvoir, directement ou par supplรฉtifs interposรฉs, ont tentรฉ de faire croire quโune libรฉration du prรฉsident Laurent Gbagbo serait source de dรฉsordre et dโaffrontements intercommunautaires dans le pays. Cet argument a dโailleurs justifiรฉ le rejet de toutes les demandes de libertรฉ provisoire introduites par ses avocats pendant toute la durรฉe du procรจs. Vous pouvez donc observer avec nous que pendant des annรฉes, on a menti ร lโopinion nationale et internationale pour entraver la libertรฉ dโun homme de paix de la trempe du prรฉdisent Laurent Gbagbo.
Depuis son retour en Cรดte dโIvoire le 17 juin 2021, une nouvelle espรฉrance pour notre pays est nรฉe : progressivement, grรขce ร sa capacitรฉ ร tendre la main et ร privilรฉgier le dialogue politique, tout le monde peut tout se rendre compte dโune dรฉcrispation de l’environnement politique.
Le PPA-CI se fรฉlicite de lโimportance que la presse, y compris la presse รฉtrangรจre, a accordรฉe ร cet anniversaire. En tรฉmoignent les nombreux articles ou dรฉpรชches qui ont รฉtรฉ รฉcrits sur ce sujet. Malgrรฉ quelques nuances habituelles de quelques mรฉdias, lโon peut nรฉanmoins relever que lโunanimitรฉ sโest dรฉgagรฉe, ร juste titre dโailleurs, sur le fait que le retour en Cรดte dโIvoire du prรฉsident Laurent Gbagbo donne un coup dโaccรฉlรฉrateur au processus de rรฉconciliation nationale entre les filles et les fils de notre pays. Dโailleurs, lโenthousiasme des populations pour adhรฉrer au PPA-CI atteste de ce que le prรฉsident de notre parti est porteur dโespoir pour les ivoiriens et les ivoiriennes. Cโest pourquoi, pour ne pas dรฉcevoir cette grande attente de nos compatriotes, nous voulons jouer pleinement notre rรดle dโopposant en gardant la vigilance haute sur la gouvernance du pouvoir. Dโoรน lโimportance de la tribune du PPA-CI.
Pour la prรฉsente รฉdition, nous allons aborder ensemble les thรฉmatiques suivantes :
1-ย La table ronde sur le financement du PND 2021-2025.
2- Les propos du ministre Kouadio Konan Bertin arguant quโil nโy a pas de prisonniers politiques en Cรดte dโIvoire.
3- Les รฉboulements et les inondations ayant entrainรฉ des pertes en vie humaine.
4- La fin du statut dโexilรฉ aux ivoiriens vivant en exil.
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Le gouvernement vient dโorganiser une table ronde des bailleurs de fonds ร lโeffet de mobiliser les ressources pour le financement du PND 2021-2025. Le montant annoncรฉ comme nรฉcessaire au financement de ce programme sโรฉlรจve ร 59.000 milliards de Francs CFA.
Les sources de financement identifiรฉs sont :
– 21.000 milliards de financement public
– 45% ร rechercher auprรจs des bailleurs de fonds, soit 26.550 milliards.
– 11.450 milliards auprรจs des multilatรฉraux ou investisseurs non traditionnels.
Il convient de prรฉciser que ce programme est exclusivement dรฉdiรฉ aux investissements dans les 11 thรฉmatiques sectorielles dรฉgagรฉes par le gouvernement.
Pour le PPA-CI, le mode et la hauteur du financement prennent ร dรฉfaut les prรฉvisions du stock de la dette tel que projetรฉ par le gouvernement. En dโautres termes, tout dans ce plan repose sur la dette. La quasi-totalitรฉ des rubriques de financement de ce programme fait appel ร un emprunt massif. Analysons ensemble chacune des rubriques de financement.
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Ce financement est supposรฉ รชtre lโeffort du gouvernement pour la mobilisation des ressources propres (ressources publiques) pour financer le programme. Le gouvernement sโengage donc ร mobiliser 4.200 milliards, en moyenne, par an. Or, pour la seule annรฉe 2022, le gouvernement a prรฉvu de mobiliser 1.365 milliards de ressources propres sur les 2804,7 milliards inscrits au titre des investissements. Dรฉjร lโEtat aura recours aux emprunts ร hauteur de 1.439 milliards pour combler le gap.
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Pour les besoins de financement de son programme, le gouvernement entend engager une offensive sur le marchรฉ financier pour mobiliser auprรจs des bailleurs de fonds privรฉs 26.550 milliards de FCFA ; soit une moyenne annuelle dโendettement sur le marchรฉ de 5.310 milliards. Ce recours au marchรฉ financier vient, non seulement alourdir lโencours global de la dette, mais รฉgalement augmente la part de la dette privรฉe dans le volume global de la dette de la Cรดte dโIvoire. Le service de la dette qui en rรฉsultera mรฉcaniquement aura un impact nรฉgatif important sur le budget au dรฉpens des services sociaux.
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Il sโagit des institutions financiรจres internationales ou rรฉgionales ou des Fonds dโinvestissements qui se sont engagรฉes ร accompagner le gouvernement ivoirien dans son PND 2021-2025. Ceux-ci ont exprimรฉ leurs intentions lors de la table-ronde du groupe consultatif le 17 Juin dernier. Le montant global attendu de ce groupe est de 11.450 milliards soit une moyenne annuelle de 2.290 milliards dโemprunts. Car il ne faut surtout pas se tromper, les diffรฉrents engagements de groupe ne sont pas des libรฉralitรฉs envers notre pays.
Au total, tout le programme du gouvernement repose exclusivement sur lโendettement. Dans ces conditions, les projections des encours de la dette du gouvernement de 2024, estimรฉe ร 22.478,5 sont intenables. Le gouvernement fait sciemment de fausses projections de lโencours de la dette juste pour respecter, en thรฉorie, les ratios en la matiรจre. Cโest dโailleurs pour la mรชme raison que le gouvernement exclut du stock de la dette les dettes gรฉrรฉes dans le cadre du C2D franรงais et le PCD espagnol qui obรฉissent plus ou moins aux mรชmes rรจgles. En effet, ces deux mรฉcanismes dโallรจgement de la dette, dans le cadre du programme PPTE, nโopรจrent pas une annulation automatique de la dette. Le dรฉbiteur doit dโabord sโacquitter de sa dette avant que celle-ci ne soit reconvertie par la suite en projets de financement. En 2021, lโintรฉgration des ressources C2D a reprรฉsentรฉ 124,2 milliards. Dans ces conditions, le gouvernement a tort dโexclure le C2D de ses engagements. En incluant la dette traitรฉe dans le cadre du C2D et PCD, lโencours global devrait รชtre de 21.005,2 milliards au 31 dรฉcembre 2021 (54,7% du PIB) et non 20.250,1 (52,7%) comme lโannoncent les chiffres officiels.
Ce stock est dรฉjร impressionnant eu รฉgard aux capacitรฉs de mobilisations des recettes fiscales malgrรฉ les efforts dรฉployรฉs par les administrations financiรจres de lโEtat. Mais le gouvernement, adepte de la politique de lโautruche, feint de ne point voir le danger qui est plus que latent. Incapable dโoffrir dโautre alternative du dรฉveloppement, il est devenu addictif ร lโendettement massif quitte ร compromettre plusieurs gรฉnรฉrations futures. Dans la manifestation de son addiction ร la dette, il applaudit les simples annonces dโemprunts mรชme quand celles-ci restent invraisemblables. En effet, comment peut-on prendre au sรฉrieux des annonces dโengagements financiers qui ne se rapportent pas ร des projets structurels identifiรฉs en avance.
En tout รฉtat de cause, le PPA-CI condamne la boulimie dโendettement du gouvernement ivoirien. Cโest pourquoi, en attendant une analyse approfondie de la dette afin dโen dรฉgager des solutions sectorielles, notre parti propose dโores et dรฉjร :
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Le PPA-CI pourrait รฉgalement demander ร ses dรฉputรฉs dโintroduire auprรจs de lโassemblรฉe nationale quโune requรชte ร lโeffet dโentendre le ministre de lโรฉconomie et des finances sur la dette ivoirienne parce que le volume de lโendettement compromet dangereusement le prรฉsent et lโavenir de notre nation.
Toutes les prestations payantes que le gouvernement impose ร nos compatriotes, notamment les pรฉages chers sur nos routes, ne visent quโune seule chose : rembourser lโรฉnorme dette contractรฉe par le gouvernement.
Par ailleurs, le PPA-CI exige que le bilan du dernier PND (2018-2021) soit รฉtabli afin dโen vรฉrifier lโimpact en termes dโamรฉlioration de la vie des ivoiriens. Parce quโil est incomprรฉhensible que la paupรฉrisation de la population sโaggrave malgrรฉ ces programmes, du reste, de dรฉveloppement trรจs coรปteux pour le peuple,
๐ฎ. ๐๐๐ฆ ๐ฃ๐ฅ๐ข๐ฃ๐ข๐ฆ ๐๐จ ๐ ๐๐ก๐๐ฆ๐ง๐ฅ๐ ๐๐ข๐จ๐๐๐๐ข ๐๐ข๐ก๐๐ก ๐๐๐ฅ๐ง๐๐ก ๐๐ฅ๐๐จ๐๐ก๐ง ๐ค๐จ’๐๐ ๐ก’๐ฌ๐ ๐ฃ๐๐ฆ ๐๐ ๐ฃ๐ฅ๐๐ฆ๐ข๐ก๐ก๐๐๐ฅ๐ฆ ๐ฃ๐ข๐๐๐ง๐๐ค๐จ๐๐ฆ ๐๐ก ๐๐ขฬ๐ง๐ ๐’๐๐ฉ๐ข๐๐ฅ๐
Le mardi 14 juin 2022, lors dโune interview diffusรฉe sur la chaine de tรฉlรฉvision franรงaise TV5 Monde, Monsieur Kouadio Konan Bertin, ministre de la Rรฉconciliation nationale a dรฉclarรฉ et je cite : ยซ Tous les prisonniers politiques sont sortis de prison. ยป. Le PPA-CI conteste vรฉhรฉment cette affirmation. Bien que fausse le parti se rรฉjouit cependant quโun membre du gouvernement avoue, enfin, ร la face du monde, que ce rรฉgime a fait des prisonniers politiques. Pendant longtemps, cette rรฉalitรฉ a รฉtรฉ niรฉe par le pouvoir.
Le PPA-CI fait remarquer que la notion de prisonnier politique est subjective. Les organisations de droits de lโHomme ont chacune sa dรฉfinition du concept de prisonnier politique. Par exemple le Conseil de lโEurope utilise alternativement 5 critรจres pour cerner la notion de prisonnier politique. Ce sont :
– Une dรฉtention imposรฉe en violation de lโune des garanties se rapportant notamment ร la libertรฉ de pensรฉe, de conscience ou de religion, la libertรฉ dโexpression ou dโinformation.
– La dรฉtention a รฉtรฉ imposรฉe pour des raisons purement politiques sans rapport avec une infraction quelle quโelle soit.
– Pour des raisons politiques, la durรฉe et les conditions de dรฉtention sont manifestement disproportionnรฉes par rapport ร lโinfraction dont la personne a รฉtรฉ reconnue coupable.
– Pour des raisons politiques la personne est dรฉtenue dans des conditions discriminatoires par rapport aux autres prisonniers.
– Enfin, la dรฉtention est lโaboutissement dโune procรฉdure qui รฉtait entachรฉe dโirrรฉgularitรฉ et que cela semble รชtre liรฉ aux motivations politiques des autoritรฉs.
Pour Amnesty International, est considรฉrรฉ comme prisonnier politique, une personne qui, pour des motifs politiques, sโest opposรฉe en posant des actions, violentes ou non, au pouvoir en place dans son pays.
Human Rights Watch considรจre comme prisonnier politique, une personne dรฉtenue pour les opinions politiques ou pour leur participation ร des activitรฉs politiques pacifiques.
En tout รฉtat de cause, le PPA-CI relรจve que personne n’a jamais รฉtรฉ condamnรฉe dans le monde avec comme chef d’accusation expressรฉment libellรฉ ยซ opinion politique discordante ยป. En effet, Tous les prisonniers politiques connus dans le monde ont, de tout temps, รฉtรฉ condamnรฉs pour des motifs de droits communs. Par consรฉquent, notre parti estime que lโon ne saurait sโabriter derriรจre le fait que les personnes encore en prison soient condamnรฉes ou poursuivies pour des infractions de droits communs, pour affirmer quโelles ne sont pas des prisonniers politiques. Pour le PPA-CI, les prisonniers des diffรฉrentes crises constituent des prisonniers politiques qu’ils soient civils ou militaires. C’est dโailleurs parce qu’ils sont politiques que les auteurs prรฉsumรฉs des crimes les plus graves qui sont du camp au pouvoir n’ont jamais รฉtรฉ inquiรฉtรฉs. Au contraire ils ont รฉtรฉ promus. La discrimination dรฉfavorable aux partisans du Prรฉsident Laurent GBAGBO dans les poursuites diligentรฉes contre les auteurs prรฉsumรฉs des infractions des derniรจres crises politiques accrรฉdite la thรจse des motifs politiques desdites poursuites.
A ce jour, il existe encore dans les geรดles de la rรฉpublique 104 prisonniers politiques dont 14 personnes jugรฉes et condamnรฉes et 90 prรฉvenus (non encore jugรฉs).
Il yโa quelques semaines, les รฉpouses et les parents de certains de ces prisonniers avaient approchรฉ le Prรฉsident Laurent GBAGBO afin quโil les aide ร avoir accรจs ร leurs รฉpoux ou parents. En effet, le droit de visite leur avait รฉtรฉ refusรฉ.
Pendant ce temps, un communiquรฉ du Garde des Sceaux, ministre de la justice, fait รฉtat de lโรฉvasion dโun prisonnier, arrรชtรฉ et condamnรฉ pour trafic de drogue. Ce dernier bรฉnรฉficiait manifestement de privilรจges exorbitants du rรฉgime de droit commun appliquรฉ aux autres prisonniers. Un prisonnier qui a droit de commercer librement, en ville, hors de son lieu dโemprisonnement constitue tout de mรชme un bel exemple de privilรจge exceptionnelย ย Les conditions de cette รฉvasion, en pleine rรฉvรฉlation de ยซ Abidjan Drug connexion ยป, nous situent sur lโampleur du pourrissement de lโappareil de lโEtat. Aucun secteur de lโEtat nโรฉchappe ร la dรฉfaillance morale et de gouvernance de lโEtat. Nous tenons donc ร la disposition de la presse la liste des prisonniers politiques. Le PPA-CI continue de rรฉclamer avec insistance la libรฉration de tous les dรฉtenus et prisonniers politiques qui croupissent encore en prison suite aux crises politiques successives que notre pays a connu.
Le PPA-CI veut compter justement sur le ministre de la rรฉconciliation nationale pour porter ce message qui est une condition importante sur le chemin de la paix et de la rรฉconciliation nationale.
๐ฏ. ๐๐๐ฆ ๐ฬ๐๐ข๐จ๐๐๐ ๐๐ก๐ง๐ฆ ๐๐ง ๐๐๐ฆ ๐๐ก๐ข๐ก๐๐๐ง๐๐ข๐ก๐ฆ ๐๐ฌ๐๐ก๐ง ๐๐ก๐ง๐ฅ๐๐๐ก๐ฬ ๐๐๐ฆ ๐ฃ๐๐ฅ๐ง๐๐ฆ ๐๐ก ๐ฉ๐๐ ๐๐จ๐ ๐๐๐ก๐
Chaque annรฉe, depuis au moins 5 ans, la saison des pluies rime avec inondations assorties de morts dโhomme et une trรจs grande dรฉsolation parmi les populations abidjanaises. Pour la prรฉsente saison, lโon note dรฉjร une douzaine de morts, dont plusieurs enfants, entre le 16 juin et le 21 juin du fait de la pluie.
Le PPA-CI sโincline devant la mรฉmoire de tous ces morts, prรฉsente ses condolรฉances ร toutes les familles endeuillรฉes et exprime sa compassion ร toutes celles et ร toutes ceux qui ont รฉtรฉ victimes, dโune faรงon ou dโune autre, de ces tragรฉdies.
Pour le PPA-CI, la rรฉcurrence de ces inondations meurtriรจres procรจde de causes dโordre structurel. Malheureusement, le gouvernement donne ร ces catastrophes des rรฉponses dโordre conjoncturel qui sโavรจrent inefficace malgrรฉ leurs coรปts exorbitants pour les contribuables ivoiriens et expliquent รฉgalement, en partie lโendettement massif du pays. Evidemment, le remรจde nโรฉtant pas adaptรฉ au mal, celui-ci ne fait que sโempirer.
Dans une dรฉclaration rรฉcente relative aux effondrements des immeubles en constructions ou dรฉjร construits, le PPA-CI avait relevรฉ, fort ร propos, que ces effondrements avaient principalement une cause dโordre structurel. Cette cause est lโengorgement de la ville dโAbidjan du fait de sa surpopulation. Les rรฉsultats du dernier RGPH confirment la thรจse de notre parti. En effet, sur une population globale du pays estimรฉe ร 28 millions dโhabitants, le district dโAbidjan seul compte plus de 6 millions dโhabitants. En dโautres termes, environ 1 ivoirien sur 5 habite ร Abidjan qui enregistre, par ailleurs, la plus forte densitรฉ de la population. Sur une moyenne nationale de 87hbts/Km2, la densitรฉ de la population dans le district dโAbidjan est de 2839hbts/Km2, soit plus de 32 fois la moyenne nationale. Abidjan concentre lโexclusivitรฉ des pรดles dโintรฉrรชts รฉconomiques et sociaux du pays. Elle est ร la fois pรดle politique, administratif, industriel, commercial, touristique, scolaire etc. Elle attire de ce fait une forte population aux conditions รฉconomiques si variรฉes que leur prise en compte socialement reste une problรฉmatique majeure quasi-insoluble. Lโune des facettes de cette problรฉmatique est la crise de logement dรฉcent. Selon plusieurs รฉtudes sรฉrieuses, le dรฉficit de logement ร Abidjan est de lโordre de 12 000 par an. Il sโagit ici de logements avec un minimum de commoditรฉs. Lโestimation concerne les personnes qui ont les moyens dโoccuper ces logements sโils existaient. Mais une trรจs forte partie de la population vit dans les bidonvilles, appelรฉs รฉgalement habitats spontanรฉs. Dans une รฉtude publiรฉe en 2012 intitulรฉe ยซ Cรดte dโIvoire, profil urbain dโAbidjan ยป le Programme des Nations Unies pour lโEtablissements Humain (ONU-Habitat) estimait dรฉjร que plus 6% de la population vivaient dans les bidonvilles et plus de 52% vivait dans les cours communes. Soit environ 60% de la population dโAbidjan vivait, dรฉjร en 2012, dans des conditions de sรฉcuritรฉ sanitaire trรจs prรฉcaires. Cette situation sโest davantage aggravรฉe du fait de la paupรฉrisation gรฉnรฉralisรฉe. Cette รฉtude a รฉgalement attribuรฉ cette triste situation au fait que depuis belle lurette, il nโy a jamais eu vรฉritablement de politique dโhabitat social. Dans la rรฉalitรฉ, la spรฉculation fonciรจre รฉtant trรจs forte ร Abidjan du fait du dรฉsรฉquilibre entre la demande et lโoffre, il est quasiment impossible de rรฉaliser des opรฉrations dโhabitats sociaux accessibles aux classes aux revenus modรฉrรฉs. Dans ces conditions la moitiรฉ de la population de la ville dโAbidjan, laissรฉe pour compte, se rue vers les habitats spontanรฉs qui poussent partout y compris dans les zones non aedificandi de jure ou de facto.
Lโurbanisation incontrรดlรฉe de la ville dโAbidjan ne pose pas des problรจmes dโordre social aux seules populations dโAbidjan. Dans une relation de cause ร effet, les autres populations ivoiriennes en paient aussi un lourd tribut. En effet, la gestion de cette mรฉgapole tentaculaire nรฉcessite des efforts budgรฉtaires รฉnormes pour en satisfaire les besoins sociaux de base. Ces efforts budgรฉtaires, en termes dโinvestissements, se font au dรฉtriment des populations des autres parties du pays, notamment celle des zones rurales. Il suffit de quitter Abidjan pour constater la disparitรฉ frappante et รฉvidente qui se dรฉgage entre cette ville et les autres parties du pays, y compris celles situรฉes dans la ceinture la plus immรฉdiate. Comme un serpent de mer qui se mord la queue, plus lโon investit ร Abidjan plus elle attire des populations. Le gouvernement, perdu dans le tourbillon de sa propre politique dโurbanisation dโAbidjan, pour tenir le rythme, est obligรฉ dโoffrir des infrastructures de basse qualitรฉ qui sโรฉcroulent ou se dรฉtรฉriorent ร la premiรจre averse. Et le scรฉnario reprend encore et encore, comme sโil nโy avait pas dโautre alternative.
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Le 20 mai dernier, dans le village de GUEYA, dans la commune de Blolรฉquin, deux personnes ont รฉtรฉ abattues atrocement et leurs corps mutilรฉs par des personnes dโorigine รฉtrangรจre. Les deux victimes รฉtaient des exilรฉs qui รฉtaient rentrรฉs quelques mois plutรดt de leur exil. Ils avaient dรฉcouvert que, pendant leur absence, leurs terres รฉtaient occupรฉes par les auteurs prรฉsumรฉs de leur sauvage assassinat. Cโest en tentant de rรฉcupรฉrer leurs terres que les occupants les ont froidement tuรฉs.
Ce rรฉcit nโest malheureusement pas inรฉdit. Il fait partie des nombreuses et รฉnormes difficultรฉs auxquelles font face lโรฉcrasante majoritรฉ des exilรฉs. Ces difficultรฉs tournent pour lโessentiel autour de leur insertion une fois de retour au pays. Parce que taxรฉs de pro-Gbagbo, le sort de ces anciens exilรฉs semble trรจs loin des prรฉoccupations du gouvernement en matiรจre dโinsertion sociale.
Pourtant, le gouvernement sโest montrรฉ trรจs entreprenant pour convaincre lโONU de mettre fin au statut de rรฉfugiรฉ et dโexilรฉ aux Ivoiriens ร la fin de ce mois. Cela a รฉtรฉ signifiรฉ aux rรฉfugiรฉs ivoiriens partout oรน ils se trouvent, le 20 Juin dernier lors de la journรฉe internationale du rรฉfugiรฉ. Il faut dire quโil lui a fallu trรจs peu dโรฉnergie pour convaincre lโONU qui, dรจs le dรฉpart et ร travers le HCR, sโest montrรฉ trรจs embarrassรฉ sur le cas des rรฉfugiรฉs ivoiriens. Pour preuve, en 2013, pendant la journรฉe internationale du rรฉfugiรฉ, le Secrรฉtaire Gรฉnรฉral de lโONU DE lโรฉpoque, monsieur Bank Ki Moon, citant les nationalitรฉs dโorigine des rรฉfugiรฉs dans le monde, avait omis de citer les rรฉfugiรฉs ivoiriens. La coordination de FPI en exil avait rรฉagi vigoureusement par une dรฉclaration dรฉposรฉe au bureau du SG de lโONU contre cet oubli mรฉprisant. Deux ans aprรจs, en septembre 2015, le HCR suspendit les quelques subsides quโil donnait aux rรฉfugiรฉs dans les camps. Dans la rรฉalitรฉ, les rรฉfugiรฉs ivoiriens ont toujours constituรฉ une sorte de miroir qui renvoie ร la conscience du Conseil de Sรฉcuritรฉ de lโONU son rรดle prรฉpondรฉrant dans la crise ivoirienne de 2002 ร 2011, lequel rรดle a รฉtรฉ รฉvoquรฉ en filigrane par les juges de la CPI dans leur dรฉcision du 15 janvier 2019. Il y a toujours eu une convergence de vue entre le gouvernement ivoirien et lโONU sur la situation des rรฉfugiรฉs ivoiriens. Leur inexistence leur procure la mรชme satisfaction. Ainsi, tout est mieux dans le meilleur des mondes en Cรดte dโIvoire. Pourtant, lโรฉcrasante majoritรฉ des rรฉfugiรฉs ivoiriens nโa jamais cachรฉ son dรฉsir de retourner au pays. Toutes les รฉvaluations faites sur ce sujet sont arrivรฉes ร cette mรชme conclusion. Les derniรจres statistiques, en ce qui concerne les rรฉfugiรฉs ivoiriens au Ghana, confirment encore le dรฉsir de retour en Cรดte dโIvoire. En effet, sur les dizaines de milliers de rรฉfugiรฉs Ivoiriens dans ce pays au dรฉpart, seul 950 ont dรฉcidรฉ de rester au Ghana. Sur ce chiffre, seulement 450 ont demandรฉ une extension du statut de rรฉfugiรฉ ร leur รฉgard. Sur ce nombre, seulement 20 familles ont pu bรฉnรฉficier de cette extension de statut. Donc, contrairement ร ce que le gouvernement ivoirien laisse croire, les rรฉfugiรฉs ivoiriens ont toujours voulu retourner dans leur pays. Le problรจme majeur quโils ont rรฉguliรจrement soulevรฉ est leur insertion sociale une fois au pays. La peur de la prรฉcaritรฉ sociale et les rรจglements de compte meurtriers ont toujours รฉtรฉ leurs principales prรฉoccupations.
Cโest pourquoi, le PPA-CI a portรฉ leurs prรฉoccupations au gouvernement dans le cadre du dialogue politique. Le gouvernement avait suggรฉrรฉ que lโensemble du dispositif de lโEtat relatif ร lโinsertion socio-professionnelle des jeunes soit portรฉ ร la connaissance de notre parti afin quโil le diffuse auprรจs des rรฉfugiรฉs. Jusquโร ce jour, rien nโa รฉtรฉ fait dans le sens de ce qui avait รฉtรฉ promis. Dans ces conditions, comment ne pas douter de la bonne foi du gouvernement quant ร sa volontรฉ de faciliter le retour de ses citoyens vivant en exil. Au lieu dโopรฉrer par la sensibilisation avec des propositions concrรจtes, le gouvernement et le HCR ont optรฉ pour le passage en force. LโONU et le gouvernement ivoirien veulent sauver les apparences dโune Cรดte dโIvoire pacifiรฉe qui ne justifie plus lโexil des citoyens. Mais la rรฉalitรฉ est lร et le drame de GUEYA ci-dessus rappelรฉ est la preuve de cette rรฉalitรฉ qui ne peut se cacher.
Le PPA-CI se range du cรดtรฉ de ces rรฉfugiรฉs qui retournent dans un รฉtat de prรฉcaritรฉ sociale sรฉvรจre. Il leur exprime toute sa compassion. Il les invite ร prendre leur place dans le combat politique aux cรดtรฉs du Prรฉsident Laurent GBAGBO. Seul le succรจs de ce combat peut leur donner lโopportunitรฉ de se construire une vie meilleure. Nous leur disons que leurs souffrances et leurs sacrifices ne resteront pas vains.
En tout รฉtat de cause, le PPA-CI est dรฉterminรฉ ร continuer de dรฉfendre la cause de tous les rรฉfugiรฉs retournรฉs au pays comme il le fait pour les prisonniers politiques. Parce que la rรฉpublique doit รชtre juste et impartiale envers tous ses fils.
Merci pour votre aimable attention.
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