đ—Ÿđ—”đ—šđ—„đ—˜đ—Ąđ—§ 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗱 Ă  Songon : « comment en 30 ans les blancs ont scellĂ© le sort des EbriĂ©s »

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Monseigneur Akwa Jean-baptiste,

  1. Akossi Bendjo,
  2. Eric N’koumo,Maire de songon,
  3. Aby Raoul, Maire de Marcory,
  4. Ake N’gbo, Premier Ministre,
  5. Amondji Djedji pierre, ancien Gouverneur du District d’Abidjan,
  6. Beugré Djoman, ancien Maire de Bingerville, Mon ami le Roi Dagbolasaye, Roi des Koulango, Les Chefs de village des 3 zones Atchan,

les Personnalités du PPA-CI,

 

 

 

Chers amis , je connais Songon, je suis venu ici plusieurs fois, et Songon me connait. Songon me connait. Mais je suis aujourd’hui Ă  songo. dans un contexte particulier. AprĂšs une absence de 10 ans, je suis lĂ  aujourd’hui au lieu d’ĂȘtre accueilli Ă  l’aĂ©roport comme initialement prĂ©vu par les Atchans. Il y a eu des sĂ©ances de gazage, de pagaille, donc en homme civilisĂ©, nous avons reculĂ© pour contourner la difficultĂ©. Nous avons contournĂ© et nous sommes lĂ  aujourd’hui.

 

Chers amis EbriĂ©, je vous remercie. La CĂŽte d’Ivoire a eu comme PrĂ©sidents Felix Houphouet-Boigny Henri Konan BĂ©diĂ© , GueĂŻ Robert , et puis aprĂšs moi, Laurent Gbagbo . Si vous vous ĂȘtes attachĂ©s Ă  moi, je prends ça comme un signe d’amitiĂ©, de camaraderie et un honneur personnel. Je vous remercie pour cet honneur. Je vous remercie pour ces signes d’amitiĂ© et de camaraderie.

 

Mais l’histoire des EbriĂ© et d’Abidjan, il faudrait que les cadres du PPA-CI avec Assoa adou Ă  leur tĂȘte inscrivent ça pour qu’on en fasse un colloque. Ce qui est arrivĂ© aux EbriĂ©, il faut que nous veillons Ă  ce que cela n’arrive pas aux autres Peuples de CĂŽte d’Ivoire.

 

C’est en 1930 que le colonisateur qui voulait faire un port sur les cĂŽtes de la CĂŽte d’Ivoire a dĂ©couvert ce qu’on appelle le trou sans fond. C’est un trou, pas loin du canal de vridi, qui est trĂšs profond et dont on arrive pas Ă  trouver le fond. Donc ce trou lĂ  Ă©tait trĂšs pratique pour le capitaine qui Ă©tait chargĂ© de chercher une localitĂ© pour construire le port parce que pour lui tous les dĂ©chets allaient ĂȘtre avalĂ©s par ce trou et ce trou lĂ  se trouvait au bord de la Lagune EbriĂ©

 

Donc en 1930, ils ont dĂ©cidĂ© de dĂ©mĂ©nager la capitale de Bingerville et de l’emmener Ă  Abidjan Ă  cause de ce trou. Les travaux ont donc continuĂ© puisqu’ils avaient commencĂ©. Ces capitaines avaient en charge la construction du port et la construction du chemin de fer Abidjan-Niger qui a finalement Ă©tĂ© un chemin de fer Abidjan -Ouagadougou, Ă  cause des difficultĂ©s financiĂšres.

 

Mais quand ils sont venus s’installer Ă  Abidjan, ils n’avaient pas pensĂ© aux Peuples qu’ils allaient trouver Ă  Abidjan, c’est Ă  dire qu’ils n’ont pas pensĂ© aux EbriĂ©. Ils ont pensĂ© Ă  construire leur ville, leur capitale, un point un trait.

 

Le premier acte qui a Ă©tĂ© posĂ©, ça a Ă©tĂ© de rĂ©cupĂ©rer Anoumabo parce qu’Anoumabo Ă©tait lĂ  oĂč il y avait la gare du Bus au Plateau, prĂšs de la Lagune , vers la place de la RĂ©publique . Et ils ont mis Anoumabo derriĂšre la lagune parce qu’il fallait absolument sĂ©parer les noirs des blancs.  Et nous mĂȘme quand nous sommes arrivĂ©s Ă  Abidjan en 1962, Aby blaise peut le tĂ©moigner , j’Ă©tais un Gaou dans la capitale. Une fois d’ailleurs, je cherchais oĂč Ă©tait le LycĂ©e Classique d’Abidjan alors que j’Ă©tais devant. Je venais de Treichville Ă  pied et j’ai demandĂ© Ă  un Monsieur oĂč se trouvait le LycĂ©e Classique. Il me dit espĂšces de gaou (rires).

 

Donc ils ont dĂ©placĂ© Anoumabo mais tous les problĂšmes ne se sont pas rĂ©glĂ©s. Le pont est construit, mais le pont on l’appelait le pont flottant. Le pont qui est le pont Felix Houphouet-Boigny, on l’appelait le pont flottant parce qu’il Ă©tait fixe qu’Ă  partir de 1958. Parce qu’il fallait que les noirs qui travaillaient au plateau, l’endroit oĂč travaille les blancs, rentrent chez eux Ă  une certaine heure. Et quand ils rentraient Ă  Treichville, on cassait le pont et plus personne ne pouvait passer jusqu’au lendemain. Le lendemain matin, on remettait le pont pour que les noirs puissent travailler. Et vers 17 heures, on les faisait partir et on recassait le pont.

 

AdjamĂ©, il n’y avait pas de lagune, donc on ne pouvait pas faire un pont flottant. Donc qu’est ce qu’ils ont fait ? Ils ont construit 02 camps militaires qui Ă  partir de 17 heures fermaient les routes.

 

Voilà comment la société était organisée.

 

Evidemment il n’y avait plus d’EbriĂ© au Plateau. Évidemment. Mais le Plateau ce n’Ă©tait rien encore. Plus la ville se dĂ©veloppait, plus les EbriĂ© Ă©taient dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs terres devant nous et vous pouvez demander Ă  Aby blaise. Nous Ă©tions en premiĂšre en 1964 au LycĂ©e Classique d’Abidjan quand on a construit l’hĂŽtel Ivoire sur les terres de Blockauss. Et quand les EbriĂ© de Blockauss se sont plaints, parce qu’ils faisaient leur champ, un monsieur, dont je ne dirais pas le nom car il vit encore, est allĂ© lĂ -bas et leur a dit, vous avez la chance que le PrĂ©sident FĂ©lix Houphouet-Boigny vous laisse encore vos cases et vous vous plaignez. Mais nous on Ă©tait lĂ , on a vu et on a entendu. On nous demande aujourd’hui pourquoi on a Ă©tĂ© opposant, mais quand tu as vu tout ça.

 

Les deux plateaux n’existaient pas. Pourquoi on appele ça aujourd’hui deux plateaux ? C’est Ă  la mort de Degaulle. Degaulle est mort Ă  « Colombe des deux Eglises » . Tous les Chefs D’Etats africains sont allĂ©s aux funĂ©railles, certains sont descendus de l’avion en pleurant. Et quand ils sont revenus des funĂ©railles, on a ouvert la route au carrefour de la vie, il n’y avait pas de routes , il y’avait un fossĂ© et nous, jeunes gens, on allait Ă  pied au lycĂ©e. Mais tous les villages EbriĂ© qui Ă©taient lĂ -bas , on a rĂ©cupĂ©rĂ© leurs terres et on a construit ce qu’on a surnommĂ© Cocody les deux plateaux comme colombe les deux Ă©glises.

 

Mais mon amie Ago marthe, elle Ă©tait DĂ©putĂ© de bingerville. Entre cocody et Bingerville, c’Ă©tait la forĂȘt quand j’Ă©tais petit. C’Ă©tait des plantations. Aujourd’hui , allez voir. Mais ces forĂȘts lĂ  appartenaient Ă  quelqu’un, Ă  des gens, qui en tiraient leur nourriture.

 

Yopougon , Yopougon , j’ai fait le tour pour expliquer comment progressivement on a spoliĂ© les EbriĂ©. C’est pourquoi je demande au PPA-CI de faire un colloque sur le dĂ©veloppement de la ville d’Abidjan pour que si une autre ville se dĂ©veloppe, on Ă©vite les abus qui ont eu lieu Ă  Abidjan, on Ă©vite les abus. Ici encore Ă  Songon, vous avez la chance, vous avez un peu encore la chance que vous ĂȘtes un peu loin. Yopougon, il y’avait KoutĂ©, et il y’avait quelques villages de Yopougon . Anonkoua koutĂ©, yopougon koutĂ© c’etait dans la brousse, nous qui allions Ă  Gagnoa, on passait, on voyait une Eglise qui avait une cloche mais c’Ă©tait dans un village . Plus tard, on a vu que cette cloche n’Ă©tait plus isolĂ©e, et que la Sicogi avait fait une vaste opĂ©ration qui allait de la route Ă  la lagune. Le jour, j’ai vu j’Ă©tais surpris. Il n’y avait plus de brousse.

 

L’urbanisation d’Abidjan a dĂ©pouillĂ© totalement les EbriĂ©. C’est pourquoi quand je suis devenu PrĂ©sident , j’ai fait ce que j’ai pu pour donner Ă  des fils d’EbriĂ©, des postes qui pouvaient leur permettre d’essayer de corriger un peu eux-mĂȘmes. Parce que je me disais si cela arrivait dans mon village, qu’est ce qu’on deviendrait. Sinon ce n’est pas parce que je suis gĂ©nĂ©reux mais c’est parce que je rĂ©flĂ©chis un peu. Donc voilĂ  mes frĂšres , et il nous faut continuer Ă  nous battre.

 

Regardez Abobo aujourd’hui. Regardez Marcory, Port-Bouet, Vridi, Songon, tout, tout est parti. Je vous dis Yako pour ça , je vous dis Yako pour cette grande souffrance, parce qu’en Afrique oĂč les peuples sont paysans, un peuple qui n’a plus de forĂȘt, qui n’a plus de brousse , de surface cultivable est un Peuple misĂ©rable . Je vous dis Yako.

 

Battons-nous, continuons Ă  nous battre pour ça. DĂ©jĂ  en 30 ans, le sort des EbriĂ©s Ă©tait scellĂ©. Quand nous sommes arrivĂ©s Ă  l’indĂ©pendance en 1960, ça faisait 30 ans que les blancs s’Ă©taient installĂ©s Ă  Abidjan et le sort des EbriĂ©s Ă©tait scellĂ©. C’est ça qui me prĂ©occupe au lieu des discours politiciens. Quelques fois je vois des choses que les autres ne voient pas. C’est ça mon drame et ma difficultĂ©. Je rĂ©flĂ©chis Ă  des choses auxquelles les autres ne rĂ©flĂ©chissent pas.

 

Il faut qu’on trouve des solutions ensemble. Je vous remercie, je vous remercie.

 

Que DIEU vous bénisse ! Que Dieu vous bénisse !

 

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