Abidjan, le 11 mai 2026
À Monsieur Amos Beonaho
Président du Comité ad hoc
Organisation du 12e Congrès de l’unjci
Objet : Organisation du 12ᵉ Congrès de l’UNJCI – Nécessité d’une démarche
prudente, inclusive et juridiquement encadrée
Monsieur le Président,
Faisant suite à la mise en place du Comité ad hoc que vous présidez, en exécution
d’une décision de justice, nous souhaitons attirer respectueusement votre attention
sur les enjeux majeurs liés à l’organisation du 12ᵉ Congrès de l’Union nationale
des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI).
La responsabilité qui vous incombe est déterminante : il s’agit non seulement
d’organiser un congrès, mais surtout de contribuer à la sortie de crise que traverse
notre organisation depuis plusieurs mois. À cet égard, toute précipitation dans la
conduite du processus pourrait, au lieu d’apaiser les tensions, les exacerber
davantage.
L’annonce des dates du congrès, fixées aux 15 et 16 mai, sans communication
détaillée sur les modalités pratiques et organisationnelles, suscite à ce jour de
nombreuses interrogations parmi les membres de l’UNJCI. Plusieurs points
essentiels demeurent en suspens et méritent des clarifications préalables.
La première préoccupation porte sur l’orientation que le Comité ad hoc entend
donner au processus électoral. Envisage-t-il de s’inscrire dans la continuité des
décisions et travaux déjà engagés avant sa mise en place, ou entend-il repartir de
zéro ? Ce choix est fondamental, car il emporte des conséquences juridiques et
organisationnelles importantes.
Dans l’hypothèse d’une continuité, il apparaît indispensable de prendre en compte
les décisions du Conseil d’administration de l’UNJCI, notamment la validation
des deux candidatures à la présidence, celles de MM./Mmes Franck Ettien et
Marie-Laure Ngoran, ainsi que la liste électorale déjà consolidée.
Ne pas intégrer ces acquis pourrait fragiliser la crédibilité du processus et ouvrir
la voie à de nouvelles contestations.
Par ailleurs, la question du retrait annoncé de la candidature de M. Franck Ettien
mérite un examen rigoureux. En l’état actuel, un simple communiqué de presse
peut difficilement être considéré comme un acte juridique formel de retrait, en
l’absence de dispositions claires dans les textes de l’UNJCI. Une telle démarche
devrait, pour être pleinement opposable, faire l’objet d’une notification écrite
adressée aux instances compétentes et dûment actée. À défaut, la participation de
cette candidature au scrutin ne saurait être écartée.
Dans l’hypothèse contraire, où le Comité ad hoc choisirait de repartir de zéro, il
conviendrait alors de relancer entièrement le processus électoral, à travers un
appel à candidatures transparent, la définition de critères clairs et la mise en place
d’un calendrier réaliste. Une telle option semble difficilement compatible avec les
délais actuellement annoncés, sauf à compromettre les exigences de transparence
et d’inclusivité.
Au-delà de ces considérations, il importe également de s’interroger sur la portée
exacte de la décision de justice ayant institué le Comité ad hoc. Celle-ci se limite,
à notre connaissance, à préciser la composition de l’organe – sept membres – ainsi
que sa mission générale d’organisation du congrès, sans en définir les modalités
pratiques. Cette absence de balisage appelle, de votre part, une démarche
empreinte de prudence, de concertation et de rigueur.
Nous attirons également votre attention sur le fait que toute lecture hâtive de la
situation actuelle, notamment celle qui consisterait à considérer qu’une
candidature disposerait d’un avantage décisif du fait du retrait supposé d’une
autre, pourrait s’avérer prématurée et source de nouvelles incompréhensions.
Pour rappel, les deux candidatures avaient été validées le 29 janvier 2026 par le
Conseil d’administration de l’UNJCI, seul organe habilité en la matière, après que
le contentieux a été entièrement vidé à l’issue de la période prévue à cet effet. Les
candidats avaient ensuite mené une campagne de deux semaines avant qu’une
médiation, initiée par le ministre de la Communication à la suite de la saisine d’un
collectif de journalistes, n’intervienne au dernier jour. Depuis lors, la crise s’est
installée durablement.
Au regard de ce contexte, il nous paraît essentiel que le Comité ad hoc privilégie
une approche fondée sur la transparence, l’inclusivité et le strict respect des règles,
afin de garantir la crédibilité du processus et l’acceptation de ses résultats par l’ensemble des parties prenantes.
Nous vous saurions gré, Monsieur le Président, de bien vouloir prendre en
considération ces observations, formulées dans un esprit constructif et dans
l’intérêt supérieur de notre organisation commune.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
Lucien Déconens
Porte-parole du Collectif pour le respect du journaliste ivoirien
