Nouveau Parti de Gbagbo : Le discours d’orientation de Gbagbo face à ses camarades

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Il y a certaines petites choses qu’il faut clarifier. Nous sommes devant un congrès constitutif d’un parti politique. Un congrès qui va créer. J’ai souhaité après qu’on ait mis sur pied ces comités-là qu’on discute et qu’on mette au clair le travail qu’il y a à faire, ce qu’on attend de vous. Ce qu’il faut dire, au vu de quelques réactions que j’ai vu, c’est qu’on se méprend sur beaucoup de choses. La liste qui a été publiée, signée de moi et par ordre Assoa Adou. Ce n’est pas la liste des membres du nouveau parti, j’espère quand même qu’on en aurait un peu plus. C’est la liste de ceux qui vont travailler dans les commissions avant qu’on arrive au congrès. C’est quand on va arriver sur le point des statuts à adopter, il faudrait qu’il y ait des statuts, et qui proposent un nom de parti, une structuration etc… Mais ça déjà il faut travailler dessus. Ces gens sont un certain nombre mais ils ne sont pas tout le parti. C’est le même groupe qui devra travailler sur le règlement intérieur. Donc certains camarades se sont plaints, et certains futurs camarades aussi se sont plaints de n’être pas sur la liste. Je dis futur camarades, pourquoi ? Après la réunion du comité central, j’ai reçu les dirigeants de certains partis politiques et je leur ai lancé un appel.

J’ai dit c’est un départ nouveau, je souhaiterais que tous ceux qui sont intéressés viennent nous rejoindre. Étant entendu que nous, nous comptons garder nos fédérations, nos sections, nos bases, les agrandir, donner plus de substances à ça. Beaucoup m’ont promis qu’ils vont aller dissoudre leurs partis et nous rejoindre. On attend toujours ! Certains ont demandé déjà à leurs membres de venir nous rejoindre. Des gens de la société civile sont venus directement me voir. Certains sont allés voir des collègues préfets. J’étais avec Un avant hier. Il y en a un autre qui nous a déjà rejoints en se faisant élire député. Il y a un autre qui m’a appelé pour me dire qu’il est prêt. Il y a d’autres personnes, des enseignants. Il y en a qui se plaignent, ils disent qu’ils veulent venir mais le Fpi est trop fermé. Mais j’ai dit si tu ne viens pas, les gens vont rester entre eux. Si tu veux ouvrir, viens. Il y a eu des gens de partis politique qui ont l’intention de nous rejoindre, qui ne l’ont pas encore fait. Ils n’ont pas encore dissous leurs partis et ils se plaignent de n’être pas dans les commissions. Camarades il faut être clair. Tu dis tu vas venir nous rejoindre, mais tu n’es pas encore venu. Tu ne peux pas être à la fois dans A et Z. S’ils s’adressent à vous, demandez-leur de se libérer et de venir nous rejoindre, nous sommes là. Il ne faut pas qu’il y ait d’erreur sur les commissions de travail. Ce sont des commissions de travail, ni rien ni plus. Rejoins-nous d’abord. Et tu seras dans une commission de travail. Donc il faut mettre balle à terre et ne pas laisser les gens s’engager dans les polémiques inutiles. Ce n’est pas du tout utile. Et puis qu’il s’agit de la création d’un parti nouveau. Celui aussi qui était dedans et qui ne veut plus, il s’en va ! On a toujours le cœur serré de voir un voisin de palier quitter le quartier et aller dans l’autre quartier mais si tel est de son bon vouloir, qu’est-ce que nous autres pouvons y faire. Je crois qu’en lançant l’appel le 09 août à Treichville, je pense que le schéma auquel je pensais, c’était qu’on gardait toutes nos ressources humaines et à elle venait s’ajouter d’autres ressources humaines. Nous sommes dans un monde des humains, il faut traiter avec les humains, avec tout ce que cela signifie, comme sautes d’humeurs. Même peut être que quelqu’un est fâché de suite et il s’en va. On a vu ça plusieurs fois dans le parti. Donc je crois qu’il faut rester sereins et faire son travail. Tous ceux qui veulent venir dans ce parti en construction, tous ceux qui veulent participer aux objectifs du nouveau parti sont les bienvenus. J’aimerais que chacun d’entre vous soit serein dans sa tête et ait des arguments pour convaincre les ivoiriens et les ivoiriennes à venir avec nous. Il faut vraiment rester sereins tranquilles et puis avancer. Mais surtout pour des gens qui sont dans des partis politiques alliés et ça je m’adresse particulièrement à Georges Armand pour qu’ils puissent leur parler.

On n’obligera jamais quelqu’un à dissoudre son parti pour venir ici. Mais si quelqu’un veut venir, on ne le repoussera pas.  Assoa Adou qui est là. C’est dans sa chambre d’étudiant à Strasbourg que nous avons créé la racine de toute ce que va devenir plus tard le Fpi, L’Usd, c’est dans sa chambre d’étudiant. Entre temps il est parti au Pit et plus tard il est venu au Fpi . Pour les raisons que vous connaissez, le parti Fpi a décidé de quitter le Fpi pour aller construire une autre maison. Parce que c’est ça. Ici on est dans un système où ceux qui gouvernent ont pris en otage le sigle Fpi et l’ont séquestré par le biais de décisions de la justice. On avait le choix entre prendre des avocats, même tous les avocats de Côte d’Ivoire et batailler. Et on perdra du temps, de l’argent et de l’énergie.  Et faire ce que nous avons fait. Comme c’est politique, cet accaparement du Fpi est purement politique, parce qu’on ne peut pas dire qu’il s’agit du droit, donc nous avons décidé qu’il fallait mieux déménager et aller replanter la maison dans un endroit moins mouille et plus sec. Nous sommes en train de déménager et vous tous qui êtes réunis là, vous êtes chargés d’aller couper du bois, d’aller faire la terre, de nettoyer le coin, de brûler les herbes sauvages, c’est ça. Pour que la maison soit prête et qu’elle continue de nous loger. C’est ça la décision du 09 août. Donc il fallait continuer, il fallait travailler. Travailler c’est à dire d’abord mettre sur pied ces commissions-là. Il faut travailler sur un statut, un règlement intérieur, un petit manifeste qui dit ce que nous sommes, ce que nous voulons pour le pays, pour l’Afrique. Faire les statuts, le règlement intérieur, et enfin choisir une direction, selon le thème que contiendront, et le statut et le règlement intérieur. C’est la tâche qui est devant nous. Pour avoir fait plusieurs congrès de syndicats et de partis, la tâche n’est pas trop difficile. Mais comme nous sommes dans le domaine sensible de la politique, beaucoup de gens nous regardent, beaucoup de gens tendent la main. Il y en a beaucoup qui veulent revenir. Moi j’ai reçu quelques coups de fil de copains mais qui sont dans d’autres partis. Personne parmi ceux qui m’ont appelé, en tout cas, m’ont dit que c’était un coup de maitre. Pour le Fpi passé, on était 20 dans la brousse de Dabou. C’est au retour du congrès la que notre camarade d’alors, Anaky Kobenan, s’était fait arrêter. Aujourd’hui que le multipartisme est gagné, on n’arrêtera pas quelqu’un. On choisira même une belle salle d’Abidjan pour faire notre congrès au vu et au su de tout le monde(…) Il nous faut rajeunir au sortir de ce congrès. Il faut faire la promotion de deux catégories de personnes : Les femmes et les jeunes. Il n’y a pas beaucoup de femmes dans nos organes de directions, dans nos organes phares, il n’y a pas beaucoup de femmes. Dans les années 90, j’avais proposé 25% de femmes, Memel Fotê avait proposé 30%. Après un petit débat, on avait convenu 30%. Ets ce qu’on a 30% de femmes dans les organes ? Ce n’est pas pour faire le farot, frimer. C’est parce qu’il y a nécessité de faire une politique qui réhabilite la femme, c’est tout. C’est comme le rajeunissement. Nous avant, on était les jeunes des Kouassi Apété, aujourd’hui on est vieux. Mais nos jeunes, on ne les voit pas trop. Soit par notre faute, soit par la faute des jeunes. Nous on veut avoir tous les postes. Ce n’est pas sain. Nous sommes la gauche dans ce pays et ça signifie beaucoup de choses. Donc il faut que les femmes soient représentées. Il faut faire un recrutement de femmes. Et puis il faut faire un recrutement de jeunes. Il faudra qu’on limite clairement l’âge. Parce que quand on a des gars de mon âge qui disent qu’ils sont à la Jfpi, ça fait un peu honte. Mon fils Michel est né en 1969 mais il ne peut pas être à la Jfpi, il a 52 ans. Quand vous voyez des copains de Michel être à la Jfpi alors que lui, je ne le considère pas comme un cadre de la Jfpi, ça fait un peu honte. Il fallait que je dise ces choses-là, pour qu’on sorte de ce congrès différemment. C’est à dire qu’il y a Affi et ses chefs qui ont confisqué ce parti. C’est cette raison qu’il a qui de le déménagement et si on quitte dans ça pour aller dans la boue c’est qu’on a rien fait. Donc il faut profiter de ce déménagement pour corriger tous les petits défauts qu’on avait. Donc c’est ce que je souhaitais dire. Il va falloir continuer la formation politique. Ce n’est pas parce qu’on occupe une formation politique haute dans un parti qu’on ait formé Ou bien qu’on doit laisser tomber la formation. Il faut sur ce point-là, que les responsables du parti soient  vigilants. Il faut que ce congrès la soit un Congrès vrai et qui change les choses(…) Il faut que ce parti soit véritablement Panafricaniste. Je dis véritablement. Je veux dire, qu’il faut que ceux qui n’ont pas encore lu, lisent le livre de Kwame N’Kruma « l’Afrique doit s’unir ». Il existe en anglais et en français. J’ai l’intention d’inviter un certain nombre de leaders de partis africains pour qu’ils viennent et que ce soit l’occasion de partager des points de vue pour que plus tard nous puissions mettre sur pied une fédération de parti panafricaniste. Regardez ce qui passe aujourd’hui en Afrique. Ce sont des générations de lutte qui ont fini par arriver au pouvoir. Quand je suis rentré dans l’internationale socialiste, j’y ai fait entrer le Fpg d’Alpha Condé, le Pnds du Niger, L’Adema du Mali puis le Rpm d’IBK. Le parti du Ghana, Ndc.  Comme ça on s’entraidait mais les leçons que nous tirons aujourd’hui en causant les uns les autres, c’est que l’internationale socialiste est une internationale européenne. Ils ne comprennent pas bien les problèmes d’Afrique. Beaucoup nous ont déjà devancé, j’ai reçu ici les tchadiens qui m’ont transmis les saluts des sénégalais. On va réfléchir sur un moyen terme avec les autres partis africains pour voir ce qu’on fait. Mais il faut que dans la rédaction des Statuts, dans le manifeste, il faut que nous montrions clairement que nous sommes un parti Panafricaniste. Non pas pour être dans l’air du temps.  Mais parce que les 60 années d’indépendance que nous avons eu nous montrent que aucun pays africain ne peut s’en sortir tout seul, sans son’ voisinage immédiat. On ne peut pas.  Quand on fait des programmes de développement sur un pays, il faut une collaboration entre les  différents pays et ne pas laisser les autres pays dans la misère. Quand on parle d’un développement, l’Afrique doit en tirer les conséquences maintenant. Il faut aussi penser à la situation économique des pays voisins. Il faut que nos documents du congrès à venir marque notre démarche Panafricaniste du développement. Sinon nous allons recommencer les mêmes problèmes. Il faut que cela soit clairement dans nos papiers. Qu’au sortir de ce congrès, on soit un parti clairement ivoirien, clairement panafricain et clairement démocratique.

Laurent Gbagbo

 

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