Face à la presse, ce mardi 10 mars 2026, à la paroisse Mère Saint Raphael d’Abidjan-Vridi, ses yeux jetaient des étincelles de colère. Lui, c’est le président de l’Eglise du christianisme céleste de Côte d’Ivoire, le révérend pasteur Ediémou Blin Jacob. A l’origine de ce courroux, le jeu trouble des églises du Bénin et du Nigéria. De quoi s’agit-il ? Contre la Constitution dite « bleue » de l’église signée des mains du prophète fondateur, Samuel Biléou Joseph Oshoffa et qui dit qu’un pays équivaut à un diocèse, les églises du Bénin et du Nigéria s’amusent depuis le décès du fondateur à nommer leurs représentants en Côte d’Ivoire, flanqués du titre de chef du diocèse. Pour rappel le fondateur a nommé pour chef du diocèse de Côte d’Ivoire, un Ivoirien, Ediémou Blin Jacob. D’ailleurs l’unique chef de diocèse au monde nommé par le fondateur encore en vie. Pour des raisons dont on ignore les motivations spirituelles, le saint siège (Bénin) dirigé par Benett Adéogun, en complicité avec Emmanuel Oshoffa, le fils du fondateur, qui s’est proclamé chef mondial et basé au Nigeria nomme Justin Acka comme chef du diocèse en Côte d’Ivoire. Une crise aigue nait dès lors au sein de l’église au Bénin. Toute chose qui fait intervenir le président Béninois Talon. Ce dernier met en place un comité supérieur provisoire. Lequel comité provisoire ignore royalement le diocèse de Côte d’Ivoire dirigé par le pasteur Ediémou. Entretemps dans son idylle avec Justin Acka, Emmanuel Oshoffa nomme ce dernier comme son représentant en Côte d’Ivoire en remplacement de Kanon Luc. L’idylle avec le most Acka vire rapidement au vinaigre. Et Emmanuel Oshoffa remet en selle Kanon Luc à la place du Most Acka. C’est ce yo-yo avec l’église de Côte d’Ivoire que le pasteur Ediémou n’apprécie pas. L’homme de Dieu séjournera au Bénin du 23 au 26 mars 2026. Objectif, demander au saint siège de régler le problème de nomination illégale d’un autre chef du diocèse. « Je vais leur dire jusqu’à ce qu’il règle ce problème je reste en Côte d’Ivoire pour organiser l’église dans mon pays », non sans ajouter : « il est temps que qu’on me mette à la place où le prophète m’a mis et où le pasteur Agbaossi m’a mis ».
Poursuivant son adresse aux journalistes, le conférencier dira : « je voudrais vous demander de m’aider à me faire entendre ma voix. Notre église est descendue du ciel avec ses institutions. On ne se proclame pas chef. C’est le plus gradé qui est chef. Le Bénin et le Nigéria veulent enlever Ediémou. Ils veulent à tout prix qu’Ediémou quittent l’église. Ils m’humilient. Mais je ne vais pas quitter l’église ».
Et l’orateur de tonner sentencieux : le Nigéria doit s’occuper du Nigéria. Le Bénin doit s’occuper du Bénin. Qu’ils me laissent la Côte d’Ivoire m’en occuper.
Pour conclure, le chef des pieds nus n’a pas manqué de jeter une pierre dans le jardin des autorités étatiques, non sans leur être reconnaissant. . « Houphouët a dit que c’est l’église d’Ediémou, Gbagbo a fait une enquête qui a conclu que le chef de l’église c’est Ediémou. Mais la situation que je vis a commencé sous Gbagbo. Le président Ouattara me soigne depuis 2012. Puisque l’état ne me défend pas, je vais me défendre ». « Je remercie tous ceux qui m’ont aidé » a-t-il ajouté.
Pour finir, l’hôte des journalistes les a informés de la tenue d’une grande assemblée de l’église du christianisme céleste le 28 mars prochain, veille des Rameaux, « pour mettre en place ce j’ai appris d’Oshoffa.
Tché Bi Tché
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