Dans un communiqué signé par son président, Yves Mayobo, le parti politique, Intégrité et conscience nationale a stigmatisé la gestion des inondations à Abidjan et la destruction du marché de Siporex sans relogement préalable, tout en interpellant le gouvernement.
Yves Mayobo a d’abord salué la mémoire des victimes des pluies diluviennes qui s’abattent depuis la mi-mai sur Abidjan et plusieurs régions de Côte d’Ivoire, et a adressé ses vœux de rétablissement aux blessés. Mais le président de Icon, a exprimé son incompréhension face à l’absence chronique d’anticipation de la part du gouvernement ivoirien.
Il demande pourquoi les autorités publiques ne prenaient pas de dispositions pour éviter le pire et pourquoi elles ne profitaient pas des moments ensoleillés pour régler durablement ce phénomène. Il rappelé que les causes des inondations sont connues : caniveaux obstrués ou sous-dimensionnés, remblaiement de l’espace lagunaire et constructions anarchiques sur les passages naturels de l’eau.
Au-delà de la gestion des inondations, Icon fustige une décision qu’il qualifie de « brutale » : la destruction du marché de Siporex et de plusieurs quartiers d’Abidjan, menée sans aucune politique de relogement préalable. Le parti dénonce le fait qu’en pleine période de pluies, alors que les populations vivent déjà un calvaire, le gouvernement s’est empressé de détruire, jetant dans la souffrance les commerçants et les habitants déguerpis.
Yves Mayobo questionne ensuite l’urgence qui justifierait une telle opération en cette saison des pluies. Il se demande pourquoi il n’est pas possible de recaser ces commerçants dans le nouveau marché avant de détruire l’ancien, pourquoi ne pas reloger avant d’agir, et ce que cache cette opération du district d’Abidjan.
Pour ICON, la méthode est inhumaine. Le parti estime que, si assainir les villes est louable, la méthode actuelle fabrique des sans-abris et des désespérés, et risque de pousser les jeunes filles vers la prostitution et d’accroître l’insécurité à Abidjan.
ICON invite le gouvernorat du district d’Abidjan à privilégier le dialogue et le respect strict des procédures, plutôt que la répression et le forcing. Le parti affirme qu’il n’y a pas d’urgence et que le moment ne s’y prête pas, appelant à la compassion pour les concitoyens vivant déjà dans des conditions précaires.
Théodore Sinzé
