À Tanda, la cour de la mairie a vibré comme un champ en labour. Plus de 1 000 agriculteurs, les plus hautes autorités et une délégation française ont scellé, le 19 juin, une alliance historique. Objectif : passer de la houe au tracteur, de la survie à la prospérité. Reportage au cœur d’une révolution verte qui pulse au rythme du CALAB. TANDA (Gontougo). Ce n’était pas un simple rassemblement. C’était un sursaut. Une onde de choc positive qui a parcouru les allées de la mairie de Tanda ce vendredi 19 juin, secouant doucement mais sûrement les vieux démons de la précarité agricole. Ici, dans le Zanzan, grenier potentiel de la Côte d’Ivoire, l’avenir s’est écrit non pas à l’encre, mais avec l’huile des moteurs et la sueur des espoirs.
LA SCÈNE : Une ferveur qui valait tous les discours

LES ACTEURS : L’alliance improbable et parfaite
Le génie de cette journée fut d’avoir réuni trois forces complémentaires en une seule synergie.
Le Pilote Local : Serges Gla et le CALAB, l’énergie du terrain.
Le président du CALAB, Serges Gla Kouassi, est l’homme-orchestre. Son récit est celui d’un combat. « Nous avons visité plus de 380 villages à moto », lance-t-il, sous les applaudissements. Il révèle l’origine surprenante du partenariat : Facebook. « Une preuve pour nos jeunes que les réseaux sociaux ont aussi du bon », glisse-t-il, malicieux. Le CALAB n’est pas qu’une association ; c’est un réseau de coopératives, un canal de crédibilité qui a su convaincre.
Le Parrain International : Claude Jacquot et Freze, la solidarité concrète.
Les Garants Institutionnels : L’État ivoirien, tout entier derrière.
L’événement était placé sous un parrainage d’exception : Kobenan Kouassi Adjoumani (Ministre d’État), Kone Amadou (Maire de Tanda), le Préfet, le député Inouss Kouanda. Leur présence unanime envoyait un message fort : ce projet n’est pas marginal, il est stratégique. Kouanda le résume d’une formule choc : « Les pieds ne vont pas là où le cœur n’est pas. Vous avez parcouru 6000 km, votre cœur bat pour Tanda. Vous avez frappé à la bonne porte. »
LE PROJET : Bien plus que des machines, un nouveau logiciel agricole
La mécanisation n’est que la partie émergée. Le projet porte en lui une refonte complète du modèle agricole : Productivité : Cultiver plus, mieux, avec moins d’effort. Structuration : Renforcer les coopératives pour peser sur les marchés.
Attractivité : Rendre la terre désirable pour la jeunesse. Comme le dit Albert Appia, 3ème adjoint au maire : « La terre ne trahit jamais. Il est temps que notre jeunesse revienne à ses sources. »
Souveraineté : Produire pour se nourrir d’abord. « Le jour où on n’aura plus d’alimentation, on n’aura plus rien », rappelle Jacquot.
ET MAINTENANT ? Les graines de l’avenir sont déjà semées
Le « modèle Tanda »
La réponse, désormais, pousse dans les champs.
Rosemonde Desouza
Correspondante régionale