District du Zanzan, samedi 25 juillet 2026 . C’est un tournant. Un signal fort venu de l’Est profond. En rassemblant tout l’appareil du parti et les populations du District du Zanzan à Yézimala, dans une fédération-symbole du Gontougo, KouaKou Narcisse, Secrétaire Général Adjoint chargé du District a réussi son pari : faire de ce village une capitale politique d’un jour et lancer la reconquête totale autour du Pacte Social de Laurent Gbagbo. Au coeur de ce meeting, un message : la création de la CAP-PPACI, la Cellule des Agents du Privé.
L’esprit de la CAP : l’économie comme moteur
Devant une foule acquise, Kouadio Charlemagne, Secrétaire Général National de la CAP-PPACI, a longuement explicité la genèse et la portée de cette structure, qu’il présente comme une invention directement issue de la réflexion du président du PPA-CI.
« Vous savez, le président Laurent Gbagbo revient de La Haye et lorsqu’il vient, le parti qu’il a laissé avant de partir, quand il revient, il trouve que ses camarades l’ont trahi. Il refuse de lui donner ce parti-là. Et dès lors, le président Laurent Gbagbo comme lui-même, c’est un esprit, il va créer le PPA-CI. Lorsqu’il crée le PPA-CI, il dit que ce parti, il faut des femmes, il faut des jeunes. Et ce n’est pas fini, il s’assoit chez lui, il dort, il réfléchit. Il dit qu’il faut que je crée la CAP du PPA-CI, qui signifie la Cellule des Agents du Privé », a-t-il expliqué.
Pour le dirigeant de la CAP, cette création n’est pas anodine. Elle traduit une analyse économique futuriste du président Laurent Gbagbo : le secteur privé comme moteur du développement national.
« Dans un pays, quand on dit que le pays bouge sur le secteur économique, le secteur économique est le moteur du développement d’un pays. Quand il met la CAP sur place, c’était à nous de diriger », a insisté Kouadio Charlemagne.
La portée sociale : identifier, structurer, autonomiser
Concrètement, la mission de la CAP-PPACI est claire : identifier et enregistrer tous les acteurs de l’économie informelle et privée qui se prennent en charge eux-mêmes.
« Nous nous débrouillons de nos propres activités, c’est-à-dire les commerçants, les couturiers, les coiffeurs, coiffeuses, les chauffeurs, les maçons, les menuisiers, les entrepreneurs, les chefs d’entreprise. Il faut qu’on identifie toutes ces personnes-là pour pouvoir les enregistrer, pour que le président Laurent Gbagbo puisse permettre à ceux-là de travailler », a-t-il défini.
L’enjeu, selon lui, est à la fois social et économique : sortir de la précarité des millions d’Ivoiriens qui constituent le tissu productif réel du pays, mais qui restent exclus du système financier classique.
La portée économique : la promesse d’une Banque d’Investissement
C’est le point culminant de son discours et l’annonce la plus attendue par les populations de Yézimala. Face à l’absence criante de financement adapté, Kouadio Charlemagne a porté la promesse d’une rupture.
« Nous savons, pour travailler et agrandir son secteur d’activité, il faut pouvoir être accompagné par des banques. Malheureusement, ce que nous avons constaté ici en Côte d’Ivoire, ce sont des banques commerciales. Il n’y a pas de banque d’investissement pour accompagner nos jeunes qui sont formés quand ils sortent de l’école, pour pouvoir créer eux-mêmes leur propre entreprise », a-t-il dénoncé.
Et d’ajouter : « Quand le président crée cette structure qui est la CAP, nous devons comprendre que bientôt, quand le président Laurent Gbagbo reviendra au pouvoir, je vous le jure, le président Gbagbo va créer une banque d’investissement. »
Dans cette vision, la CAP déjà structurée deviendrait le canal direct. L’État se porterait garant pour octroyer des prêts aux commerçants, artisans et entrepreneurs recensés, avec à la clé, une structure d’encadrement et de suivi pour garantir la croissance et le remboursement.
« Il va pouvoir nous donner des prêts. Et ces prêts-là vont pouvoir nous accompagner dans nos différentes activités. Mais quand on nous donne ces prêts, il mettra une structure pour nous accompagner, pour nous encadrer. Et par derrière, c’est l’État, lui, en tant que président de Côte d’Ivoire, qui sera comme pour nous la garantie », a-t-il détaillé sous les applaudissements.
Le contexte : marchés incendiés et éveil de conscience
Le SGN de la CAP a replacé cette vision dans un contexte social qu’il juge alarmant, évoquant les incendies à répétition des marchés à travers le pays, de Bondoukou à Abidjan, et les difficultés d’accès aux nouvelles places de commerce avec des pas-de-porte jugés prohibitifs.
Dans une métaphore filée très applaudie, il a comparé les promesses non tenues faites aux Ivoiriens à celles d’un lion qui promettrait aux autres animaux de ne plus manger de chair une fois devenu leur président.
« C’est difficile pour eux d’avoir trois repas par jour », a-t-il lancé, avant d’appeler à « l’éveil de conscience ».
A Yézimala, l’appel semble avoir été entendu. En choisissant cette fédération-symbole du Gontougo pour cette démonstration de force, le PPA-CI et sa CAP entendent montrer que la reconquête du Zanzan, et au-delà, de la Côte d’Ivoire, passera par les acteurs de l’économie réelle. Une stratégie qui place le social au cœur de l’économique, pour le bonheur des Ivoiriens, selon la doctrine du Pacte Social de Laurent Gbagbo.
Rosemonde Desouza
Correspondante régionale
