La nécessité d’une volonté politique forte pour développer le tourisme domestique en Côte d’Ivoire, en s’appuyant notamment sur l’exemplarité des dirigeants, l’éducation au tourisme et la création d’emplois.

Au-delà de la volonté de faire découvrir les sites touristiques ivoiriens à l’étranger et de renforcer la promotion de la destination Côte d’Ivoire, une véritable politique de développement du tourisme domestique mérite d’être davantage encouragée.
Dans cette perspective, le Président de la République pourrait, par exemple, prendre des mesures incitant les hautes personnalités de l’État et leurs collaborateurs à privilégier, durant leurs périodes de vacances, les destinations touristiques nationales. Une telle démarche contribuerait à donner une plus grande visibilité aux nombreux sites touristiques dont regorge le pays et à soutenir directement les opérateurs du secteur.
Le ministère du Tourisme et des Loisirs, à travers la cartographie des sites touristiques de la Côte d’Ivoire, gagnerait également à mener une vaste campagne de promotion auprès des institutions de la République, des ministères, des structures étatiques, des organisations internationales et des entreprises.
Faire du tourisme local une véritable culture
Le développement du tourisme domestique ne peut toutefois reposer uniquement sur les pouvoirs publics.
Il doit également s’accompagner d’une véritable culture du tourisme auprès des populations ivoiriennes.
Il serait donc souhaitable d’inculquer davantage aux Ivoiriens l’habitude de découvrir leur propre pays, en intégrant les visites touristiques dans les pratiques culturelles et familiales.
À l’instar de nombreux Européens qui profitent de leurs vacances pour visiter leur propre pays, les Ivoiriens devraient être encouragés à faire de même.
Sous la gouvernance du Président Laurent Gbagbo, les vacances présidentielles à San Pedro avaient notamment permis de mettre en lumière cette approche.
En choisissant une destination nationale pour se reposer et découvrir les richesses touristiques du pays, le premier citoyen contribuait également à faire travailler les opérateurs touristiques et hôteliers locaux.
Cette démarche pourrait constituer un exemple à promouvoir. Dans plusieurs pays européens et aux États-Unis, les dirigeants profitent également de leurs périodes de repos pour séjourner dans des destinations nationales. Lorsque les premiers responsables donnent l’exemple, cela peut influencer les habitudes des populations.
Sensibiliser dès l’école
La promotion du tourisme domestique devrait également commencer dès le milieu scolaire. Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, en collaboration avec le ministère du Tourisme et des Loisirs, gagnerait à intégrer davantage la découverte du patrimoine touristique ivoirien dans les programmes et activités éducatives.
Il s’agirait de faire connaître aux élèves les nombreux sites touristiques du pays afin qu’ils développent, dès leur jeune âge, une véritable culture de la découverte et de la valorisation du patrimoine national.
Il est paradoxal que certaines personnes parcourent des milliers de kilomètres et dépensent d’importantes sommes d’argent pour venir découvrir des sites que certains Ivoiriens eux-mêmes ne connaissent pas.
Consommons donc davantage le tourisme local. La Côte d’Ivoire est belle, riche de son patrimoine culturel, naturel et touristique. C’est ensemble que nous pourrons véritablement booster le tourisme domestique et attirer davantage de visiteurs étrangers.
Le tourisme, un levier de développement et d’emploi
En Afrique du Nord, le tourisme constitue pour plusieurs pays une importante source de devises et participe à la création d’emplois et d’activités économiques.
La Côte d’Ivoire pourrait s’inspirer de certaines expériences étrangères afin de hisser sa politique nationale du tourisme à un niveau encore plus important.
Le secteur touristique et hôtelier pourrait notamment devenir un véritable réservoir d’emplois et d’opportunités pour la jeunesse ivoirienne.
De nombreux jeunes sont formés dans les domaines du tourisme, de l’hôtellerie et des métiers connexes, mais peinent encore à trouver des débouchés correspondant à leur formation.
Dans cette optique, le tourisme pourrait être davantage considéré comme un pilier stratégique des politiques nationales de développement, notamment dans la perspective des prochains plans nationaux de développement.
Pour y parvenir, les structures étatiques ne suffisent pas à elles seules.
Il faut une volonté politique forte, des actes concrets et une vision fondée sur un réalisme économique et social.
La Côte d’Ivoire dispose de nombreux atouts, ses plages, ses parcs et réserves, ses montagnes, ses richesses culturelles, son patrimoine historique ainsi que son hospitalité.
Il appartient désormais à l’ensemble des acteurs, pouvoirs publics, collectivités territoriales, opérateurs touristiques, établissements scolaires, secteur privé et populations de contribuer à la valorisation de cette richesse.
Booster le tourisme domestique, c’est créer des emplois, générer des revenus, soutenir les opérateurs locaux et renforcer l’attractivité de la Côte d’Ivoire.
Adou Évariste
Journaliste et Analyste Politique