jeudi, août 13

Pour l’heure, les choses sont discrètes, timides même. Le ton des discours s’est fait plus avenant. Les sofas ont rangé leurs fusils à mousquet. L’invitation du Pdci à la fête de l’indépendance par le patron du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), Alassane Ouattara, suivie de son acceptation univoque ressemblent fort à échange de bons procédés.

Ce sont les petits riens qui annoncent les grandes bascules.

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L’adresse à la nation du président du Pdci, Tidjane Thiam saluant l’esprit républicain du Chef de l’État vient conforter cette analyse.

Que nul ne s’étonne si dans les jours à venir, le leader politique annonçait son retour d’exil. Les médiateurs de l’ombre auraient réussi à arracher les garanties sécuritaires réclamées par l’ancien CEO du Crédit suisse comme condition de son retour au pays natal.

L’atmosphère entre les deux partis politiques serait alors semblable à celle qui a prévalu entre Houphouétistes des accords de Linas Marcoussis du 24 janvier 2003 jusqu’à la rupture fracassante des amarres par Henri Konan Bédié et le Pdci en 2018.

Alors, question, Thiam aura-t-il meilleure fortune que son prédécesseur, dans une éventuelle nouvelle alliance entre le Pdci et le Rhdp ?

A ce stade, il convient de camper la situation politique nationale actuelle dans sa cruauté. Le pays vit dans une atmosphère de fin du règne d’Alassane Ouattara, leader incontesté du RHDP et Président la République.

Qui dit fin de règne, dit fatalement succession.

Au sein du parti présidentiel, la question est tabou, mais chacun sait où se penche la balance. Le frère cadet du Chef d’État a été opportunément positionné au poste inédit de vice-Premier ministre avec des pouvoirs élargis dans le gouvernement Mambé 2. Il cumule ce poste avec celui de ministre de la Défense. Gardien des armes du régime donc.

À l’inverse, le vice-Président de la République, Tiemoko Meyliet Koné, le dauphin constitutionnel est confiné dans une situation de clair-obscur.

De facto, il demeure le numéro 2 du régime, juste après Ouattara. Toujours dauphin constitutionnel donc. Mais de jure, les choses sont plus compliquées. Son décret de nomination n’a été ni rapporté, ni renouvelé. Alors même que l’élection présidentielle de 2025 a mis fin au 3e mandat au cours duquel il fut nommé. Au sein de l’Exécutif, le natif de Tafiré est seul dans son cas !

Est-ce un signe ? Est-ce une stratégie de haute politique ?

Pour sûr, au moment des choix fatidiques, ce petit détail peut valoir son pesant d’or.

Et comme par hasard, Téné Birahima Ouattara se fait de plus en plus entendre. Se fait de plus en plus voir. Au point qu’ii fait de l’ombre aux autres cadres du Rhdp, y compris le Premier ministre Robert Beugré Mambé qui est descendu d’un cran dans l’imagerie populaire des Ivoiriens.

Le décor ainsi planté, il est légitime de se demander quel dividende Thiam et le Pdci escompteraient tirer d’une éventuelle nouvelle alliance avec le Rhdp ?

Le frère de Ouattara qui a été ainsi mis sur orbite, a sa trajectoire toute tracée. À moins que de mauvaises augures ne s’y mêlent.

Dans ces conditions, où se positionne Tidjane Thiam, s’il se sent toujours un destin national ?

Il serait illusoire de croire que le Rhdp prendrait le risque de laisser dans la compétition, un concurrent aussi dangereux, alors même que pour le parti majoritaire, garder le fauteuil présidentiel est une question de vie ou de mort politique.

Faute d’avoir perçu cet enjeu primordial, Henri Konan Bédié s’était laissé prendre dans le piège d’une alliance factice. La suite est connu.

Son successeur va-t-il lui aussi saisir la main de bois ? Attendons de voir !

 

 

TS

 

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