La salle Fétigué Koulibaly de la mairie de Bondoukou a vibré d’une détermination commune ce lundi 22 juin. À l’initiative de Sonh Laurent, sous-préfet central de Bondoukou, une réunion d’envergure a rassemblé un panel représentatif de la circonscription : autorités coutumières, présidents des jeunes, opérateurs économiques de la filière mine, élus, cadres et chefs de services. L’objectif était clair et urgent : éradiquer le fléau de l’orpaillage illégal tout en traçant la voie d’une exploitation minière responsable, génératrice de développement.
Un constat alarmant et un appel à l’action

Mais l’accent a été rapidement mis sur l’ombre qui plane sur cette opportunité : « L’orpaillage illégal a des effets dévoilés sur notre vie, sur notre économie, sur l’environnement et sur la sécurité. Il pollue beaucoup d’eau, détériore nos terres, nos écoles, compromet l’avenir des enfants et engendre des problèmes de sécurité dans notre région. »
Face à ce « mal pernicieux qui décime la végétation ivoirienne », l’appel a été unanime : il faut dire « non » à cette pratique et « encourager nos jeunes à s’orienter vers la voie légale et durable ».
La réponse technique et sécuritaire de l’État
Le Directeur régional de l’Environnement et de la Transition Écologique Tanoh Kouassi Jean, a insisté sur l’importance cruciale des études d’impact environnemental et social (EIES), garantes d’une exploitation respectueuse du patrimoine naturel.
La Gendarmerie nationale, grâce au lieutenant Mel Odou, a exposé les modalités de sécurisation des sites miniers et la lutte contre l’orpaillage illégal, rappelant les sanctions encourues et le rôle des forces de l’ordre.
Cette triple intervention a fourni un cadre clair : comment exploiter légalement, comment protéger l’environnement, et comment réprimer les activités illicites.
Une mobilisation qui porte déjà ses fruits
Le sous-préfet a rappelé son action sur le terrain depuis 2021 : des campagnes de sensibilisation dans de nombreux villages (Boromba, Songori, Soko, etc.) qui ont déjà conduit à la création de plusieurs coopératives minières familiales. Des résultats tangibles sont visibles : « Actuellement sur le territoire de la sous-préfecture, l’on note quatre autorisations d’exploitation minière d’or dont trois artisanales et un semi-industriel. Une dizaine esr en instance de validation. »
L’engagement des élus et des communautés
Traoré Aboudramane, représentant l’honorable Manzan Koffi Noël, a lancé un appel à la responsabilité collective : « La lutte contre l’orpaillage clandestin ne doit pas être seulement l’affaire de l’administration ou des forces de sécurité. Elle doit mobiliser l’ensemble des acteurs. » Il a invité la population à « privilégier l’orpaillage légal encadré », seul gage de durabilité et de protection.
Du côté des chefs traditionnels, Tole Sié Kobenan, chef du village de Wolekei, a salué la séance d’information : « Nous avons été sensibilisés. Je crois que chaque chef sait ce qu’il doit faire désormais pour respecter la loi. »
Le cri du cœur de la jeunesse et des opérateurs économiques
L’appel le plus poignant est venu du monde économique. M. Brou Benoit Tano, opérateur économique, a lancé un vibrant appel à la jeunesse ivoirienne : « Je lance l’appel à toute la jeunesse ivoirienne de pouvoir s’imprégner de cette activité des mines. Aujourd’hui, par cette activité, beaucoup de jeunes ont pu se réaliser. » Il a pointé du doigt une réalité troublante : selon ses enquêtes, l’orpaillage clandestin serait souvent le fait de non-nationaux, une manne dont les Ivoiriens ne profitent pas légalement.
Une feuille de route concrète pour l’avenir
Au terme de cette rencontre riche, plusieurs résolutions ont émergé pour structurer la lutte et promouvoir la légalité :
Assouplir les conditions d’obtention d’autorisation pour les demandeurs.
Étendre la campagne de sensibilisation à tous les villages de la sous-préfecture.
Exiger des ordres de mission à tout opérateur se présentant dans les localités.
Alerter systématiquement les autorités administratives et militaires en cas de présence d’orpailleurs illégaux.
Organiser les jeunes autochtones en coopératives conformément à la loi.
Faciliter la coopération entre les sociétés minières autorisées et les coopératives locales.
Rosemonde Desouza
Correspondante régionale