Dans une récente déclaration dont nous avons reçue copie, le président du parti politique Intégrité et conscience nationale (Icon), Yves Mayobo, a livré son analyse sans concession de la situation politique ivoirienne. Il s’est exprimé sur plusieurs dossiers brûlants.
Abordant l’actualité récente, Yves Mayobo est d’abord revenu sur la crise des déguerpis à Koumassi, un quartier d’Abidjan. Si son parti a déjà pris position sur ce sujet, il a estimé que l’enquête sur les opérations de destruction devait être approfondie, afin de situer toutes les responsabilités.
Le président de ICON s’est également offusqué des récentes déclarations du maire de San-Pédro, qui affirmait détenir des places à l’INFAS. Pour lui, de telles sorties nourrissent le soupçon d’un système de faveurs, contraire à l’égalité des chances et à la bonne gouvernance tant vantée par les autorités. Il a vivement exhorté l’élue à clarifier ses propos, sans quoi la crédibilité des concours nationaux serait sérieusement entachée.
L’intervention du ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, à propos du discours de l’ancien président Laurent Gbagbo, a également été jugée excessive par Yves Mayobo. Selon lui, un membre du gouvernement, aussi militant soit-il, se doit de faire preuve de retenue, surtout lorsqu’il répond à une personnalité ayant occupé la plus haute fonction de l’État.
Yves Mayobo a estimé que le ministre Coulibaly devrait, par respect des institutions et par sens de la responsabilité, présenter des excuses à Laurent Gbagbo. Loin d’être un signe de faiblesse, cet acte démontrerait, à ses yeux, la grandeur d’esprit d’un homme d’État.
Interrogé sur la multiplication des assignations en justice du PDCI-RDA par ses propres militants, le président de Icon a qualifié cette pratique de « ridicule ». Il a rappelé que les différends internes doivent être réglés dans l’enceinte du parti, via ses structures de médiation ou en congrès. Recourir au tribunal, c’est fragiliser sa propre formation et s’exposer à des manipulations extérieures. Il a plaidé pour une meilleure éducation politique des militants, afin d’éviter que le parti ne soit affaibli et mis sous tutelle.
Face à ceux qui s’interrogent sur l’absence prolongée du président du PDCI, M. Thiam, Yves Mayobo a apporté une réponse argumentée. Il a rappelé que l’histoire politique récente offre plusieurs exemples de dirigeants en exil : le président Bédié en 1999, Alassane Ouattara en 1996, ou encore Laurent Gbagbo en 2011. Dans chaque cas, les partis concernés ont continué à fonctionner et à mener leur combat. Il a donc invité les militants du PDCI à rester mobilisés et à maintenir la barre en attendant un retour que le président Thiam, soucieux de sa sécurité, ne manque certainement pas de souhaiter.
Enfin, Yves Mayobo a conclu son intervention par un appel solennel au gouvernement : ouvrir un dialogue politique national inclusif, apaiser les tensions, permettre aux exilés de regagner leur foyer, et si possible, organiser un forum de réconciliation nationale. Un message d’espoir et de responsabilité, alors que la Côte d’Ivoire se prépare à des échéances électorales cruciales.
Faut-il le noter, Yves Mayobo est un juriste, expert en diplomatie et relations internationales, il a été élu à la tête de son parti, le 18 mai 2024 à Yamoussoukro, lors d’un congrès tenu à la fondation Félix Houphouët-Boigny.
T S
