jeudi, août 13

La société moderne, avec ses travers et ses dérives, suscite des réactions contrastées selon les cultures, les opinions et les croyances sociales. Depuis quelques décennies, plusieurs pays du continent européen ont adopté le mariage pour tous.

Autrement dit, des personnes de même sexe peuvent se marier devant un officier d’état civil, sans que cela ne heurte l’opinion publique. Pour ces sociétés, il s’agit d’une évolution conforme à leurs valeurs et à leur conception des droits individuels.

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De son côté, l’Église catholique, à travers les réformes entreprises par les différents papes qui se sont succédé de 2000 à 2025  notamment sous les pontificats de Jean-Paul II, Benoît XVI et François  réaffirme que le mariage religieux demeure l’union sacrée entre un homme et une femme.

Cette position s’appuie sur l’enseignement biblique, « Soyez féconds et multipliez-vous ».

Selon cette doctrine, la complémentarité des sexes est au fondement de la famille et de la procréation.

Les défenseurs du mariage pour tous avancent, quant à eux, l’argument de l’égalité et du droit à l’adoption. Mais pour les tenants d’une vision plus traditionnelle, une interrogation demeure, quelle éducation recevra un enfant élevé par deux parents de même sexe ?

Le débat reste profondément clivant et reflète des conceptions opposées de la famille et de la société.

Parallèlement, sur le continent africain, certains chefs d’État issus de cultures majoritairement musulmanes affichent publiquement leurs deux épouses.

La religion islamique autorisant la polygamie, cette réalité ne choque guère dans plusieurs pays concernés. Pourtant, en Occident, cette pratique suscite de vifs débats sur les plateaux de télévision internationaux, où certains journalistes la présentent comme une anomalie ou un archaïsme.

À l’inverse, lorsque des responsables politiques européens s’affichent avec leur conjoint de même sexe, une partie de l’opinion occidentale salue un progrès sociétal. Ce contraste illustre le choc des perceptions entre sociétés.

En Côte d’Ivoire, le débat a récemment pris de l’ampleur à la suite de la proposition d’une députée visant à introduire la polygamie dans le nouveau code du mariage. L’objectif serait de permettre aux futurs époux, devant l’officier d’état civil, de choisir le type d’union qu’ils souhaitent contracter. Cette proposition divise profondément l’opinion publique ivoirienne, partagée entre attachement aux traditions, considérations religieuses et aspirations à la modernité juridique.

Comme le dit l’adage, « quand le tonnerre gronde, chacun protège sa tête ».

Face aux mutations des sociétés européennes et aux débats internes aux pays africains, une question demeure : qu’est-ce qui, aux yeux de Dieu et des hommes, fonde réellement la légitimité des choix sociétaux dans le monde contemporain ?

 

Par Adou Évariste, Journaliste, Analyste politique

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