Les Institutions de la République et les organismes étatiques bénéficient de budgets publics pour mener à bien leurs missions au service des populations. Conformément à la Constitution, plusieurs d’entre eux ont l’obligation de présenter chaque année un rapport détaillé de leurs activités.
Ce rapport est d’abord remis au Président de la République, puis transmis aux Présidents des deux chambres du Parlement.
Enfin, une copie est communiquée aux médias afin d’informer les citoyens sur l’utilisation des fonds publics et les actions menées au cours de l’année.
Depuis l’avènement du Président Alassane OUATTARA, certaines Institutions de la République respectent régulièrement cette disposition constitutionnelle.
Cependant, une situation interpelle. Chaque année, lors de la remise officielle du rapport annuel d’activités au Président de la République, l’Inspecteur Général d’État, le Président de la Cour des Comptes, ainsi que le Président de la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance formulent des recommandations spécifiques. Celles-ci mettent souvent en lumière le fait que certaines personnalités politiques refusent de se conformer aux exigences des Institutions de la République, alors même qu’elles devraient donner l’exemple au regard des fonctions publiques qu’elles occupent.
Cette situation perdure depuis plusieurs années.
Il serait donc souhaitable que le Président de la République veille au respect strict des Institutions de la République.
Comme le rappelait l’ancien Président Américain Barack Obama, l’Afrique a surtout besoin d’Institutions fortes.
Ce sont en effet les Institutions publiques qui impactent significativement le quotidien des citoyens, à travers la vision politique portée par le Chef de l’Etat dont le leadership va au-delà de la simple gouvernance.
La remise officielle du rapport annuel constitue pourtant un moment crucial. Elle permet non seulement d’évaluer les actions menées, mais aussi aux Présidents d’Institutions de la République de formuler des recommandations en vue d’améliorer leurs missions.
Or, plusieurs Présidents d’Institutions de la République communiquent très peu sur leurs activités. Cette situation rend difficile, pour les populations, la compréhension du rôle réel des différentes Institutions dont dispose le pays.
Lors de l’élection présidentielle de 2025, une Institution de la République s’est toutefois illustrée positivement à savoir la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels de Côte d’Ivoire, qui a parcouru les 31 régions du pays.
Cette initiative a été saluée par le Président de la République lors d’un Conseil de Sécurité Nationale.
Face à cette faible visibilité, certains leaders politiques estiment que certaines Institutions de la République seraient « inutiles » et « budgétivores ».
Le manque d’activités visibles et de communication contribue en effet à la méconnaissance, par une grande partie de la population, du rôle et du travail de plusieurs Institutions publiques.
À titre d’information, parmi les Institutions de la République et organismes étatiques soumis à l’obligation de présenter un rapport annuel d’activités, figurent notamment,
la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance,
l’Inspection Générale d’État,
la Cour des comptes,
le Médiateur de la République,
le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH),
ainsi que d’autres structures similaires.
Adou Evariste Journaliste, Analyste Politique
