L’émotion était à son comble, les cendres encore chaudes. Au lendemain du terrible incendie qui a défiguré le grand marché, le maire Ouattara Anzoumana est descendu dans l’arène de la désolation pour porter la parole de la compassion et de l’espoir.
Lundi 13 juillet 2026. Là où la veille encore s’élevaient des étals multicolores et résonnaient les cris des marchands, il ne reste qu’un champ de ruines fumantes, une odeur âcre de fer brûlé et des commerçants en larmes, hagards, fouillant les décombres à mains nues à la recherche d’un reste de pagne épargné par les flammes.
C’est dans ce décor d’apocalypse que le premier magistrat de la commune, Ouattara Anzoumana, a fait son apparition. Accompagné de ses adjoints, de chefs de services et de plusieurs conseillers municipaux, il n’est pas venu couper un ruban, mais panser une plaie ouverte au cœur de Bondoukou.
Pendant plus d’une heure, le maire a marché dans la cendre. Il a écouté. Écouté. Des histoires brisées, des vies mises entre parenthèses.
Très ému, la voix parfois nouée, le maire a laissé parler son cœur avant l’élu :
« Ce marché est l’âme économique de Bondoukou. Ce n’est pas seulement des magasins qui ont brûlé, c’est notre fierté qui a pris un coup. Je vous le dis les yeux dans les yeux : nous partageons votre douleur et nous ne vous abandonnerons pas. Votre douleur est la nôtre. »
Une phrase, simple, directe, qui a arraché des applaudissements timides et quelques sanglots de soulagement à une foule qui n’attendait que ça : être reconnue dans sa souffrance.
Plus que des mots : une cellule de crise et des actes concrets annoncés
Ouattara Anzoumana n’est pas venu les mains vides. Face à l’urgence sociale et économique, il a fait fort :
Solidarité totale affirmée : Dans un message officiel publié juste après la visite, il a réitéré : « Suite au terrible incendie qui a ravagé le grand marché de notre commune, je me suis rendu sur les lieux afin d’apporter tout mon soutien et ma compassion aux commerçants durement touchés. Face à ce drame économique et social, la municipalité exprime sa totale solidarité avec les victimes. » Hommage aux héros de la nuit : Le maire a tenu à saluer « le courage des sapeurs-pompiers, des forces de sécurité et des populations qui ont lutté contre les flammes et qui ont contribué à circonscrire l’incendie », évitant ainsi que tout le marché ne parte en fumée. L’action immédiate : C’est l’annonce la plus attendue. « Une cellule de crise est immédiatement mise en place pour évaluer l’étendue des dégâts et coordonner les actions d’accompagnement d’urgence », a-t-il annoncé. Cette cellule sera chargée, en lien avec les autorités préfectorales et régionales, de recenser les sinistrés, d’évaluer les pertes et de proposer des mesures d’accompagnement pour une relance rapide.
Pour les commerçants, cette visite change tout. « Hier on a vu le feu, aujourd’hui on voit le maire à côté de nous dans la cendre. Ça nous donne un peu d’espoir », confie la présidente d’une coopérative de femmes, les yeux encore humides.
La compassion a été dite. Maintenant, Bondoukou attend la reconstruction. La douleur est partagée, comme l’a dit le maire. La solution devra l’être aussi.
Rosemonde Desouza
Correspondante régionale
