Bondoukou, 02 septembre 2026 – Sourires, soulagement et espoir. Ce mardi matin, la cour de la Direction régionale de la Cohésion Nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté du Gontougo a vibré au rythme de la solidarité. 60 ménages vulnérables, bénéficiaires du projet Popote Familiale, ont reçu leur kit mensuel en vivres et non-vivres des mains du Directeur Régional, Fofana Adama Sebe.
Initiée par le Ministère de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, cette opération vise à renforcer la résilience des familles les plus exposées. Pour ce mois de septembre, chaque ménage est reparti avec du riz, des pâtes alimentaires, du détergent et un appui financier.
Le témoignage bouleversant de Ouattara Mariam
Parmi les bénéficiaires, Ouattara Mariam. Ménagère, mère de quatre enfants, mari malade en soins au Ghana. Son histoire est celle de centaines de femmes du Gontougo.
« Je viens de recevoir des sacs de riz. Ce don a beaucoup aidé ma famille. On était dans de grandes difficultés pour manger. Chaque mois, on vient prendre des kits et franchement, ça nous fait du bien. Ça fait quatre mois maintenant », confie-t-elle, la voix empreinte d’émotion.
Au-delà des vivres, c’est l’appui financier qui a marqué les esprits. Pour cette deuxième édition du projet, la Ministre a ajouté une allocation mensuelle de 5 000 FCFA destinée à l’achat de protéines. Mercredi dernier, les ménages ont perçu un cumul de 15 000 FCFA pour les trois premiers mois.
« Les 15 000 francs que j’ai reçus, c’était une providence. Mon enfant était malade. J’ai dû prendre l’argent pour l’envoyer à l’hôpital. Sinon, j’aurais voulu l’investir pour augmenter mon petit commerce de savon », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, sa plus grande angoisse reste la rentrée scolaire :
« Mon mari n’est pas là, il se soigne au Ghana. Mon aîné a 15 ans et doit passer le BEPC. L’un de mes enfants est au privé parce que le lycée est loin. L’année dernière déjà, c’était difficile. Parfois je suis obligée d’aller laver des habits chez des gens pour scolariser mes enfants. Je ne veux pas qu’ils restent à la maison. »
Avant de conclure par un plaidoyer : « Je souhaite que l’État continue ce qu’il fait. Il y a beaucoup de femmes qui souffrent. Les dons qu’on nous fait nous suffisent. Qu’ils continuent de nous aider, de nous encourager. On a besoin de ça. »
Popote Familiale, bien plus qu’une assistance
Pour le Directeur Régional, Fofana Adama Sebe, Popote Familiale est loin d’être une action isolée. C’est un maillon essentiel de la stratégie nationale de protection sociale.
« Ce n’est pas un projet de trop. C’est un projet de protection sociale qui vient en complément des autres programmes existants comme les transferts monétaires, pour assister les ménages les plus vulnérables », explique-t-il.
Le dispositif est complet : distribution de kits, appui financier mensuel de 5 000 FCFA, et à la fin des six mois, une subvention de 100 000 FCFA pour chaque ménage afin de démarrer ou renforcer une Activité Génératrice de Revenus.
Mais l’ambition du ministère va plus loin que l’assistance ponctuelle. Le projet intègre un volet de renforcement des capacités sur l’inclusion économique.
« Nous avons déjà formé les ménages sur la gestion du budget familial. Aujourd’hui, pour ce quatrième mois, nous abordons le module sur les Associations de Valorisation de l’Épargne et du Crédit, les AVEC. Ce sont des groupements de 15 à 30 personnes qui cotisent, épargnent et peuvent solliciter des prêts pour entreprendre. Il y a aussi une caisse de solidarité pour les événements heureux ou malheureux », détaille Fofana Adama Sebe.
Les prochains mois seront consacrés aux techniques de gestion des AGR et au montage de business plan.
En cette veille de rentrée scolaire, où chaque franc compte, l’action de Popote Familiale résonne comme un message fort de l’État. Elle soulage, certes, mais elle interroge : combien d’autres familles, dans les villages reculés du Gontougo, attendent encore ce coup de pouce pour sortir de la précarité ?
Rosemonde Desouza correspondante régionale
