Les nombreuses réformes initiées par Madame la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, sont à saluer.
Elles témoignent d’une volonté de moderniser l’Administration publique et de l’adapter aux exigences de performance, d’équité et de justice.
Dans cette dynamique, une attention particulière devrait être accordée à la gestion des carrières et à la promotion des fonctionnaires. Les réformes engagées doivent permettre à la Fonction publique de poursuivre sa mutation, conformément à la vision du Président de la République, Chef de l’Administration Publique.
La question de l’évolution professionnelle des agents publics demeure, à cet égard, un enjeu important. Dans certains ministères et même au sein de certaines Institutions de la République, des contractuels ou des agents dont le grade est inférieur à A4 seraient nommés à des postes de direction ou à des fonctions de responsabilité, au détriment de fonctionnaires disposant du grade requis et d’une expérience professionnelle significative.
Une telle situation, lorsqu’elle est avérée et qu’elle ne repose pas sur des critères objectifs prévus par les textes, peut être perçue comme une injustice par les fonctionnaires concernés. Elle est également susceptible de créer un sentiment de frustration et de démotivation au sein de l’Administration Publique.
C’est pourquoi la ministre d’État, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration, gagnerait à examiner cette question dans le cadre des réformes en cours, afin de veiller au respect des principes d’équité, de transparence et de mérite dans la gestion des carrières publiques.
La réhabilitation et la valorisation des fonctionnaires ayant atteint le grade A4 pourraient notamment contribuer à renforcer la motivation des agents de l’Etat et à restaurer la confiance dans les mécanismes de promotion au sein de l’Administration Publique.
Il appartient également au Président de la République, en sa qualité de Chef de l’Administration Publique, de se pencher sur cette problématique afin que les règles de gestion et de promotion soient appliquées de manière équitable. L’objectif doit être d’éviter que les contractuels soient systématiquement privilégiés au détriment des fonctionnaires, notamment ceux qui remplissent les conditions requises pour accéder à des postes de responsabilité.
La modernisation de l’Administration Publique ne saurait être pleinement réussie sans une politique de gestion des ressources humaines fondée sur la compétence, le mérite, l’équité et la justice.
C’est à ce prix que les réformes engagées pourront produire tous leurs effets et contribuer à bâtir une Administration plus efficace, plus juste et davantage au service des citoyens.
Adou Evariste Journaliste et Analyste Politique
