La gouvernance du District Autonome d’Abidjan, sous la conduite du Ministre-Gouverneur Ibrahim CISSÉ Bacongo, suscite depuis quelque temps des réactions contrastées au sein de certains acteurs locaux, notamment des maires et des populations.
Au cœur des préoccupations figurent particulièrement les opérations de démolition, de déguerpissement et d’assainissement menées dans plusieurs communes du District.
Ces interventions, justifiées par les autorités par des impératifs liés à l’aménagement urbain, à la sécurité et à l’amélioration du cadre de vie, ont parfois donné lieu à des incompréhensions entre le District et certaines municipalités.
Il y a quelques années, le député-maire de Yopougon, Adama BICTOGO, avait notamment indiqué n’avoir pas été informé de certaines opérations de démolition dans la zone de Siporex, lesquelles avaient affecté plusieurs habitants.
Plus récemment, la situation à Koumassi Campement a également suscité des interrogations. Des enquêtes judiciaires ont été engagées et la justice est appelée à établir les responsabilités dans les faits dénoncés.
Dans la commune du Plateau, les relations entre la mairie et le District Autonome d’Abidjan semblent également connaître des tensions.
À l’occasion d’une récente conférence de presse, le député-maire du Plateau a annoncé son intention de saisir la justice sur certains différends. D’autres responsables municipaux ont, par le passé, exprimé des réserves concernant certaines interventions du District, notamment dans le cadre d’opérations d’aménagement et d’assainissement.
Des actions d’assainissement à saluer
Au-delà de ces divergences, il convient également de reconnaître les initiatives entreprises par le Ministre-Gouverneur Ibrahim CISSÉ Bacongo dans le domaine de l’assainissement et de l’amélioration du cadre de vie.
Avant sa nomination à la tête du District Autonome d’Abidjan, Ibrahim CISSÉ Bacongo avait exercé les fonctions de Député-Maire de Koumassi.
Durant ses mandats à la tête de cette commune, plusieurs opérations d’aménagement et d’assainissement avaient été conduites.
Son passage dans différents départements ministériels a également été marqué par des initiatives de réhabilitation et de modernisation des infrastructures administratives.
À la tête du District Autonome d’Abidjan, l’une des priorités affichées demeure l’amélioration du cadre de vie des populations.
Les opérations d’assainissement et de lutte contre certaines occupations considérées comme dangereuses ou irrégulières visent notamment à réduire les risques liés aux inondations et à l’insalubrité.
Dans plusieurs communes du District, la question des dégâts provoqués par les fortes pluies constitue en effet un enjeu récurrent.
Les actions engagées en matière d’assainissement peuvent ainsi contribuer à réduire certains risques pour les populations.
La nécessité d’une concertation entre le District et les Maires
Cependant, les divergences apparues entre le District Autonome d’Abidjan et certains conseils municipaux soulèvent la question de la coordination entre les différentes collectivités.
Les communes disposent de leurs propres élus et de leurs propres projets de développement, tandis que le Ministre-Gouverneur est chargé de missions de coordination et d’impulsion à l’échelle du District.
Cette configuration institutionnelle rend indispensable une collaboration étroite entre les différentes parties.
Il serait donc souhaitable qu’un cadre permanent de concertation réunisse le Ministre-Gouverneur et l’ensemble des Maires du District Autonome d’Abidjan.
Un tel mécanisme permettrait d’anticiper les incompréhensions, de mieux coordonner les opérations d’aménagement et d’assainissement et, surtout, d’éviter que les divergences institutionnelles ne soient exposées sur la place publique avant d’avoir été examinées dans un cadre approprié.
La saisine de la justice par certaines municipalités constitue par ailleurs une voie prévue par les Institutions lorsque des désaccords portent sur l’interprétation ou l’application des textes.
Les décisions de justice permettront, le cas échéant, de clarifier les responsabilités et les compétences de chaque partie.
Préserver la cohésion institutionnelle
Au-delà des controverses, l’enjeu principal reste le bien-être des populations abidjanaises.
Le District Autonome d’Abidjan et les communes qui le composent ont, chacun dans le cadre de leurs compétences, la responsabilité de contribuer à l’amélioration du cadre de vie.
Il importe donc de préserver la cohésion entre les différents acteurs institutionnels.
Le gouvernement, à travers les ministères concernés, pourrait également favoriser le dialogue afin de rapprocher les positions et de clarifier, lorsque cela est nécessaire, les missions et responsabilités de chacun.
L’objectif ne devrait pas être de fragiliser les Institutions locales, mais plutôt de renforcer leur complémentarité.
Une meilleure coordination entre le District Autonome d’Abidjan et les mairies permettrait de mener des actions plus cohérentes et plus efficaces au bénéfice des populations.
Dans une métropole confrontée à d’importants défis urbains, environnementaux et sociaux, le dialogue institutionnel permanent apparaît ainsi comme un levier essentiel pour concilier les impératifs d’assainissement et d’aménagement avec les préoccupations des populations et des élus locaux.
Adou Évariste Journaliste et Analyste Politique
