Les universitaires du Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) ont organisé, les 5 et 6 juin 2026, à Abidjan la deuxième édition du Colloque international du Cercle Universitaire d’Études et d’Analyses (CUEA). « Problématique du pouvoir et pratiques démocratiques en Afrique », tel est le thème central qui a meublé ces journées de réflexions. Cette rencontre scientifique de haut niveau a réuni des universitaires, chercheurs, enseignants-chercheurs et experts venus de plusieurs pays d’Afrique, mais également d’Europe et d’Amérique, autour des enjeux contemporains de la gouvernance démocratique sur le continent africain.

Le professeur Alphonse Yapi-Diahou s’est quant à lui intéressé au rôle de la CEDEAO dans les crises politiques régionales. Sa communication, intitulée « La CEDEAO, un acteur politique, ou la CEDEAO en quête de posture politique ? », a suscité de nombreux échanges sur la capacité de l’organisation sous-régionale à répondre efficacement aux défis sécuritaires et institutionnels qui secouent plusieurs États membres.
L’historien et politologue Faustin Séri Dédy a proposé une réflexion originale sur « L’idéal démocratique de l’Afrique nubienne face aux assauts de l’Occident, d’hier à aujourd’hui », remettant en perspective les racines africaines de la gouvernance et les influences extérieures ayant façonné les systèmes politiques actuels.
Pour sa part, le professeur Bertin G. Kadet a dressé un bilan de trente-cinq années de démocratie en Afrique de l’Ouest. Son analyse, couvrant la période 1990-2025, a mis en évidence les avancées institutionnelles enregistrées dans plusieurs pays, tout en soulignant les régressions autoritaires, les coups d’État et les fragilités persistantes des processus démocratiques.
Comprendre les mécanismes du pouvoir au-delà des concepts
L’une des communications les plus remarquées fut celle du professeur Hilaire Bohui, intitulée « Pouvoir et démocratie : une lecture des interactions au-delà des concepts ». Son intervention a permis d’interroger les rapports complexes entre les principes démocratiques et les réalités de l’exercice du pouvoir dans les États africains. Les chercheurs Issa Malick Coulibaly, Adama Yéo, Seydou Soro et le professeur Fatogoma Sorho ont ensuite analysé les phénomènes d’abstention électorale et de participation politique différenciée dans les démocraties pluralistes africaines. Leur étude a notamment mis en lumière les défis liés à la légitimité du pouvoir lorsque les taux de participation électorale demeurent faibles. La problématique de la tension entre démocratie procédurale et démocratie substantielle a également occupé une place importante dans les débats, illustrant les contradictions parfois observées entre le respect formel des règles démocratiques et la satisfaction réelle des aspirations populaires. Enfin, le docteur Akaffou Symphorien a consacré sa communication aux réformes de gouvernance en Afrique à travers l’exemple ivoirien. Son exposé sur « Réforme et bonne gouvernance des États africains : le cas de la Côte d’Ivoire » a nourri des échanges particulièrement riches sur les conditions d’une gouvernance efficace et inclusive. En plus de la dimension académique, ce colloque a confirmé la volonté du CUEA de faire de la recherche et de l’analyse scientifique des outils d’aide à la décision politique.
Les débats, animés par plusieurs modérateurs et rapporteurs de renom, ont permis aux participants de confronter leurs analyses sur les causes profondes des crises politiques africaines, les mécanismes de consolidation démocratique et les conditions d’une gouvernance respectueuse des aspirations populaires.
Parmi les personnalités académiques présentes figuraient notamment les professeurs Pierre Kipré, Faustin Séri Dédy, Michel Galy, Alphonse Yapi-Diahou et plusieurs autres chercheurs de référence.
Membre élu du Comité central du CUEA et maître de cérémonie du colloque, l’un des organisateurs a activement contribué à la conduite des travaux et aux échanges portant sur les lectures scientifiques des crises et des conflits, avec un accent particulier sur l’expérience ivoirienne.
A travers cette deuxième édition de son colloque international, le CUEA confirme son ambition de constituer un véritable laboratoire d’idées au service de la réflexion politique et démocratique.
Dans un contexte africain marqué par des transitions politiques parfois difficiles, la montée des contestations sociales et les interrogations sur l’avenir des institutions démocratiques, les travaux d’Abidjan apparaissent comme une contribution significative à la recherche de solutions durables.
Pendant deux jours, chercheurs, universitaires et acteurs politiques ont ainsi tenté d’apporter des réponses aux grandes questions qui traversent aujourd’hui les sociétés africaines : comment construire un pouvoir véritablement au service des citoyens ? Comment renforcer les pratiques démocratiques ? Comment réconcilier légitimité politique, participation populaire et stabilité institutionnelle ? Autant d’interrogations qui continueront d’alimenter les réflexions du CUEA et, au-delà, celles des acteurs engagés dans la construction de l’Afrique démocratique de demain.
TBT