Six cents (600) kits scolaires, marché sinistré, fête des ignames… Le PCA fait le bilan d’une année de terrain et annonce une offensive de 12 actions pour 2027.
Bondoukou, 28 septembre 2026 – C’est dans un cadre rénové, son nouveau siège social niché au cœur de Bondoukou, que Kossonou Kobénan Honoré a choisi de rompre le silence. Lundi, le Président du Conseil d’Administration de l’ONG Hope For Africa Biatogo a convoqué la presse pour un exercice de transparence : dresser le bilan d’une jeune organisation qui a su se faire une place en un an à peine.
« Notre ONG est jeune. L’année dernière, nous procédions à l’inauguration de notre ancien siège. Nous avons déménagé ici, c’est plus discret, mais une fois identifié, on ne s’y perd plus », a-t-il lancé, tout sourire.
Un ton simple, direct. À l’image des actions qu’il revendique.
Le triptyque qui change le Gontougo : Éduquer, célébrer, rassembler
Loin des discours, Honoré Kossonou a égrené les faits. Trois fronts ont été ouverts.
L’éducation, combat pour la survie
C’est le pilier sacré. Après 600 kits scolaires distribués l’an dernier dans la commune et le département de Bondoukou, l’ONG a remis le couvert à Tankesse cette semaine avec 50 kits scolaires , sur signalement de son coordinateur local.
Des fournitures ciblées, choisies par les enseignants eux-mêmes pour les élèves brillants mais démunis.
Pourquoi cet acharnement ? Le PCA l’explique sans détour :
« Nous sommes géographiquement en retard. La colonisation et l’école sont venues par la mer, à Abidjan. Nous, nous sommes très loin. Nous n’avons pas assez de générations de vieux cadres. Si nos enfants ne vont pas à l’école, nous paierons longtemps. »
Un combat qui inclut la jeune fille, victime collatérale des grossesses précoces, de la pauvreté et du phénomène des « bonnes ».
Le marché, le poumon qui s’est arrêté le 12 juillet
L’émotion était palpable lorsqu’il a évoqué sa visite du matin même chez les femmes du grand marché de Bondoukou, parti en fumée le 12 juillet où 100 kits scolaires ont été remis.
« C’est le poumon de notre économie. L’activité a baissé, les revenus ont baissé, et la rentrée scolaire est devenue impossible pour leurs enfants. Il est urgent que ce marché reprenne des couleurs. »
Pour le PCA, la reconstruction ne doit pas être une simple réfection. Ce marché, hérité de la fête tournante de 1971, a explosé. Il faut le repenser : plus grande capacité, aération, bouches d’incendie, câbles électriques sécurisés. Il tranche aussi sur le débat Sococe :
« Sococe ne doit pas être implantée à côté du grand marché. C’est un supermarché qui peut faire du gros, il peut s’installer en dehors de la ville. Laissons le marché à nos commerçants. »
culture et sport : l’âme et le muscle
Le week-end a été culturel et sportif. Samedi 26 septembre à Kiendi-Ba, l’ONG a participé à la Fête des Ignames à Kouassi N’Dawa, suivie de la grande finale de football.
Une journée de communion avec les chefs coutumiers, les cadres, et une jeunesse qui a trouvé un porte-voix en une jeune dame, fait que le président a salué : « Culturellement, accepter que les jeunes se mettent devant, cela m’a impressionné. »
Une fête parrainée par le Ministre Assahoré Konan et qui a vu le village jumelé à celui du Directeur Général de l’ENA, venu de Bouaké – preuve que « notre culture continue d’attirer la Côte d’Ivoire ».
2027 : L’année de la montée en puissance
Hope For Africa Biatogo n’est plus seulement Bondoukou. Si le nom « Biatogo » – « c’est notre affaire, c’est de chez nous » – a été ajouté pour se distinguer d’un homonyme kényan, la vocation est assumée : nationale et internationale, avec des antennes et des partenariats dans la diaspora.
Et l’ONG ne compte pas s’arrêter. Le budget 2027 est en cours de bouclage. Au programme :
« 12 actions ciblées. Les Arbres de Noël, le Carême chrétien et le jeûne musulman, la Journée de la femme, la Fête des pères, la rentrée scolaire… À chaque fois que les populations ont besoin de soutien, nous interviendrons. »
Sur les questions sensibles comme l’orpaillageillégal, le président se veut pragmatique et interpelle l’État :
« Au lieu de le bloquer, encadrons-le. Formons des coopératives, faisons-en un vrai métier pour que la Côte d’Ivoire et les communautés riveraines en profitent. Sinon, on retire les richesses mais les populations ne se développent pas. »
Avant de clore, un mot pour ceux de l’ombre :
« Je veux remercier les jeunes de l’ONG, bénévoles, toujours disponibles, qui m’ont permis de mener ces actions. » Le message est passé. Hope For Africa Biatogo a déménagé, mais surtout, elle a grandi.
Rosemonde Desouza correspondante régionale
