jeudi, août 13

La Côte d’Ivoire a célébré son 66e anniversaire d’indépendance, ce jour, vendredi 7 août 2026. À cette occasion, le président du parti Intégrité et conscience nationale (Icon), Yves MAYOBO, a rompu avec la tradition en livrant une adresse critique, empreinte d’amertume, au lendemain du discours officiel du chef de l’État. _

 

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Dans une déclaration solennelle, le juriste-politicien dresse un bilan sévère de six décennies d’existence, estimant que le pays « n’a pas bougé d’un iota » sur les chantiers essentiels de la réconciliation, du pouvoir d’achat et de la démocratie.

 

« Le chef de l’État a-t-il décidé de rester sourd durant toute sa mandature ? » s’interroge Yves Mayobo déplorant l’absence, dans l’allocution présidentielle, de réponses aux « problèmes majeurs » qui minent la nation. Selon lui, l’heure n’est plus aux festivités mais à un « regard plus compatissant et plus humain » sur la détresse des populations.

 

Sur le plan politique, Icon pointe du doigt l’absence d’avancées notables et la persistance de détentions d’opposants – Damana Pickass, Dahi Nestor, Blaise Lasme – qualifiées d’arbitraires.

 

Le parti dénonce également l’exil contraint de figures comme Tidjame Thiam, président du Pdci et Guillaume Kigbafori Soro, leader de GPS, ainsi que le traitement réservé à l’ancien président Laurent Gbagbo, qui « mérite mieux ».

« On ne peut pas prôner le vivre-ensemble et gérer depuis 2011 un pouvoir sans partage », a-t-il martelé.

 

La question sociale est tout aussi brûlante. La hausse du prix du carburant, les coûts élevés des transports et des produits de première nécessité, couplés à la rémunération dérisoire des producteurs agricoles, plongent les Ivoiriens dans une précarité croissante. Les enseignants, dont la prime se fait toujours attendre, pourraient paralyser l’année scolaire 2026-2027.

 

À tout ce qui précède s’ajoute selon le président de Icon, la persistance des détournements de deniers publics, dont les auteurs, pour certains, restent en liberté. « Comment bâtir une nation si certains Ivoiriens sont intouchables ? » s’insurge le dirigeant politique.

 

Pour Yves Mayobo, la véritable indépendance reste à conquérir. Il appelle à une double émancipation : économique – en transformant localement les matières premières et en fixant librement les prix – et politique – en choisissant un modèle de démocratie sans ingérence extérieure. « Si ces deux objectifs ne sont pas atteints, alors ne parlons pas d’indépendance », a-t-il tranché.

 

Tout en saluant l’invitation de l’opposition aux cérémonies officielles, il juge les conditions de sécurité insuffisantes pour les leaders politiques et réclame un dialogue inclusif pour réformer le système électoral. « N’ayons pas peur des débats, posons les vrais problèmes de la nation dans un esprit républicain, et les solutions viendront », a-t-il conclu, invitant le chef de l’État à sortir de « l’entre-soi » pour répondre à l’urgence sociale et politique.

 

Yves MAYOBO lance pour terminer, un appel à la dignité : « Nombreux sont ceux qui meurent en silence, nombreux sont ceux qui n’ont plus de dignité. » Il réaffirme sa foi en la République et en Dieu, tout en pressant les autorités à agir avant que le mécontentement ne dégénère.

 

TS

 

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