Un expert en désinformation membre du Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (Repprelci) a invité les populations d’Abengourou, Est de la Côte d’Ivoire, à se mobiliser pour faire barrage à la désinformation.
Inza Bamba est intervenu à l’occasion de la rentrée solennelle du bureau régional de l’Association des élèves et étudiants musulmans de Côte d’Ivoire (AEEMCI), qui s’est tenue à l’hôtel communal d’Abengourou, le 31 mai dernier. Devant un public composé d’élèves, d’étudiants, d’enseignants, de responsables administratif, politique et communautaire.
D’entrée, l’intervenant a donné la définition de l’information. Comparant cette notion au corps humain qui peut souffrir s’il est attaqué par une maladie, il a affirmé que l’information peut « être malade » si elle est entachée d’erreur, de manipulation.
De là, l’intervenant en est arrivé aux maux de l’information qu’il a expliqués, exemples à l’appui.
« Comme toute maladie, les maux de l’information ont des remèdes. Il s’agit de l’éducation aux médias et à l’information et le fact-checking. C’est ce que nous faisons actuellement. Le but est de vous donner les rudiments, d’éveiller votre esprit afin que vous puissiez prendre du recul face à une information pour en analyser la véracité », a-t-il expliqué.
- Bamba a rappelé le triste souvenir des troubles que la ville d’Abengourou a connus lors des élections de 2020. De son
avis, ces troubles surgissent souvent suite à une rumeur, une fausse information. Il a donc invité l’assistance à s’engager afin de faire barrage à la désinformation. « Tous ici, vous devez être des soldats contre la désinformation. Partagez ce que vous entendu avec vos familles, vos collègues. C’est de cette manière que nous ferons barrage aux fausses informations », a-t-il conseillé.
S’adressant spécifiquement aux politiques, l’intervenant les a invités à ne pas rester en marge d la lutte contre les fakes-news. « L’élection pour un siège ne peut se faire que dans un climat de paix. Pourtant, cette paix peut être mise à mal par une fausse information. Il est également de votre intérêt de soutenir ce combat », a-t-il ajouté.
Représentant le préfet de région, M. Kouao Anoh Jean Louis a salué les organisateurs qui ont intégré cette thématique à leur
activité. « La désinformation est plus qu’une bombe », a-t-il alerté.
Dans la même veine, l’imam Souleymane Grambouté, au nom du président du Conseil supérieur des imams, a mis l’auditoire en garde contre le relais d’informations fausses ou non vérifiées. « Dieu nous recommande, dans le coran, de vérifier une information qui nous parvient avant de la relayer. Le prophète lui-même a failli être induit en erreur par une fausse information », a enseigné le religieux.
Le premier responsable de l’Aeemci a présenté son bureau et décliné son programme d’activités sur les 2 ans que durera son mandat. Il s’agit de la promotion de l’excellence, la modernisation de la gestion basée sur la digitalisation des procédures et la numérisation des documents et le renforcement du patrimoine. Ce dernier objectif comprend notamment l’acquisition d’un terrain pour la construction du siège local de l’organisation.
Une autre sensibilisation a eu lieu, le 22 juin, à Kodjina, localité située à moins de 20 kilomètres d’Abengourou, chef-lieu de la région de l’Indénié. A l’occasion de la cérémonie de fin d’année de l’école privée Dar el Halal, les populations ont été invitées à prendre toutes les précautions pour vérifier une information avant de la relayer.
Les conseils ont également concerné les enfants. Les parents et éducateurs ont été encouragés à suivre la présence de leurs protégés sur les réseaux sociaux afin de les préserver contre les dérives qui peuvent en résulter.
Ces sensibilisations s’inscrivent dans un projet conduit par le Repprelci, et financé par l’ambassade des États-Unis. Il est exécuté dans 20 régions du pays.
B I
